CAPSULES-HAITIMONDE.COM - Les Dernières Nouvelles d’Haiti - Tout sur l’actualité haitienne - Le réseau de référence Haitimonde.com
Littérature/Musique

Pour célébrer le centenaire de naissance de Lumane Casimir

lundi 3 mars 2014 par Administrator

Il est évident que Lumane Casimir a été une figure imposante de la musique haïtienne des années 1940. Mais son destin n’est pas des plus enviables. Née en 1914 à Plaisance dans le Nord, nous sommes, si nous nous fions à cette date, au centenaire de naissance de « la première dame de la chanson d’Haïti » (Ralph Boncy). Morte dans le mépris total et dans l’indifférence, la chanteuse à la guitare fait l’objet aujourd’hui d’un livre destiné aux adolescents. Une lecture...

Par temps de pluie et d’orage, une grand-mère raconte à son petit-fils l’histoire de la merveilleuse chanteuse, martyre de la musique haïtienne, Lumane Casimir. C’est sans doute pour casser le silence qu’Evelyne Trouillot, romancière de talent qui fait de la mémoire le centre de son œuvre, décide de raconter la vie de Lumane Casimir. La démarche est d’autant plus pertinente qu’elle permet de faire revivre les années de gloire et de décadence de la fille à la guitare aux jeunes. C’est justement sous le titre bilingue « La fille à la guitare/Yon fi, yon gita, yon vwa » que le livre, paru dans les cahiers de l’Atelier Jeudi Soir, nous plonge dans la vie de Lumane. Soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie, le livre est écrit à la fois en créole et en français. Une double démarche de l’auteure de « La mémoire aux abois » : vulgariser l’histoire d’une des plus grandes voix de la musique haïtienne en offrant à la langue créole une place dans l’éducation des enfants en Haïti.

L’écriture est sèche. Et ce n’est pas un reproche puisqu’il s’agit d’un livre jeunesse. Mais ceci n’explique pas toujours cela. Les mots sont choisis avec minutie ; un vocabulaire simple qui permet aux jeunes de jouir pleinement de l’histoire racontée. De l’arrivée de Lumane Casimir, la guitare en bandoulière, à Port-au-Prince, à sa mort probable en 1953 à l’hôpital Albert Schweitzer dans l’Artibonite, le récit passe du ton enjoué au ton tragique. Le dialogue entre la grand-mère et l’enfant devient, au fil des mots, un étrange cri contre l’oubli, la bêtise humaine. Une voix qui a fait le bonheur de plus d’un, comment se fait-il qu’elle se soit tue dans le silence ?

En moins de trente-cinq pages, Evelyne Trouillot conte avec dextérité les moments forts de la vie de Lumane Casimir. Toutefois il faut signaler que le récit ressemble au théâtre, dans le sens péjoratif du terme, car le petit garçon qui pose des questions à sa grand-mère semble connaître déjà l’histoire et donne l’impression de nous la faire raconter.

C’est en vue de commémorer les soixante-dix ans et/ou plus de la disparition de Lumane Casimir et de fêter le centenaire de la naissance de la brillante interprète des chansons traditionnelles comme « Papa gede bel gason », « Panama m tonbe », « Kawolin Akao », que son histoire doit être revisitée. Cette fois-ci pour de bon. Dans les écoles et dans les familles pour que l’on ne tue point une seconde fois cette voix chère à nous, qui fait désormais partie de notre patrimoine culturel. Tous les secteurs de la société doivent s’impliquer et l’État, avec à sa tête un ancien musicien, aurait déjà dû y penser en déclarant l’année 2014, l’année Lumane Casimir, comme 2007 a été l’année Jacques Roumain.

Wébert Charles
webertcharles@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







Accueil | Plan du site | info visites 316026

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site SPORTS & CULTURE  Suivre la vie du site Arts & Culture   Politique de publication

Haitimonde Network