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La question de logements, un vrai casse-tête en Haïti

vendredi 12 octobre 2012 par Administrator

Le problème de logements reste préoccupant dans le pays. 25% des sinistrés du 12 janvier 2010 vivent encore dans des tentes de fortune. Les maisons détruites lors de la catastrophe sont encore en ruine. Alors qu’on parle de plus de 300 000 mille maisons détruites, seulement 718 ont été réparées ou reconstruites par le programme 16/6.

Environ trois ans après le séisme du 12 janvier 2010, trois cents mille de nos compatriotes vivent encore sous des bâches. La situation de ces gens ne cesse de se détériorer. Ils sont l’objet de toutes les exactions. Ils gisent encore sous des tentes, dans des camps de fortune. Victimes de tous les abus : vols, viols etc., ces victimes réclament encore un toit et un espace sain pour mieux élever leurs enfants.

Malgré les prescrits de la Constitution de 1987, en son article 22, les citoyens font encore face à des difficultés presqu’insurmontables dans la jouissance de leur droit au logement proclamé, et jusqu’ici non acquis. S’il est vrai que l’État reconnaît le droit de chaque Haïtien et de chaque Haïtienne à un logement décent, il est, de fait, incapable de garantir le respect de ce principe.

Rien n’a été entrepris pour que cet article soit respecté. La crise du logement affecte encore la majeure partie de la population. Cette situation a empiré à la faveur du séisme dévastateur. Environ 20% des abris de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ont été détruits lors de cette catastrophe, et 27% d’autres, endommagés. Très peu de ces maisons ont été reconstruites et/ou réparées. Le gouvernement semble dépassé.

Le projet 16/6 mis sur pied pour venir en aide aux sinistrés, a eu quand même des résultats, s’enorgueillissent les autorités. Elles informent que 50 camps d’hébergement ont été fermés grâce à ce projet. De plus, 1 1000 familles sont relogées et 718 maisons réparées. Conçu pour fermer six camps, réhabiliter 16 quartiers et faciliter le retour de 5000 familles dans leurs quartiers respectifs, à en croire Clément Bélizaire, le directeur de ce projet, 16/6 a dépassé les objectifs qui lui étaient assignés.

Ce projet a reçu le soutien financier de l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Bureau des Nations Unies pour les Services d’Appui aux Projets (UNOPS). Le 16/6 comprend 4 composantes dont le retour dans les quartiers, la réparation et la reconstruction des maisons.

En vue de faire le bilan de ce projet, le 9 octobre dernier, les responsables se sont rendus dans le quartier de Morne Hercule, banlieue de Pétion-Ville, le premier quartier touché par ce projet. Ils se disent satisfaits de leur réalisation et du déroulement des activités au cours de cette première année. « Les gens ont été relogés en toute dignité », ont-ils fait savoir. Il s’agit d’un projet pilote. D’ici à la fin 2013, il devrait permettre la réparation de 1 600 maisons.

Malgré ces efforts qui ne sont nullement négligeables, un an après, les problèmes liés au logement et à l’aménagement deviennent de plus en plus préoccupants. Plusieurs organisations de défense des droits humains craignent que cette situation ne s’aggrave davantage. Pourtant, les élites politiques et économiques du pays semblent y accorder très peu d’importance. Les bidonvilles pullulent. Les constructions s’érigent çà et là hors de toute norme d’urbanisation. Elles s’étalent sur presque toute la périphérie de la Capitale. Pis encore, les maisons construites ne respectent en rien les normes parasismiques.

Le président de la République se dit déterminé à adresser ce problème. Sous peu, fait-il savoir, tous les camps du pays devraient être vidés. Lors d’une rencontre avec la presse, il a promis de se pencher très rapidement sur le camp Jean-Mary Vincent. Dans ce centre d’hébergement, plusieurs milliers de gens vivent encore. Ils sont dépourvus de presque tout. Certains coins sont considérés comme zones de non-droit. C’est un danger permanent pour les riverains et les citoyens qui y vivent.

De nombreux projets de reconstruction de maisons ont été annoncés. Très peu d’entre eux ont été réalisés. S’il est vrai que 75% des sinistrés ont abandonné l’atmosphère infecte des camps, leurs conditions de vies ne se sont pas pour autant améliorées. Le projet 16/6 touche seulement trois communes de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Une grande partie des sinistrés reviennent vivre dans leurs maisons quoique endommagées. Le danger est partout et imminent.

D’après une enquête publiée par les Nations Unies, Haïti est l’un des pays les plus densément peuplés des Amériques, notamment dans les zones urbaines. La population de la Capitale s’est accrue de 115.000 personnes chaque année au cours des deux dernières décennies. Avant le tremblement de terre, la densité de la population dans les bidonvilles de la capitale atteignait le chiffre record de 25.000 habitants par kilomètre carré. D’après ONU-Habitat, l’espace vital dans les habitations permanentes de Port-au Prince serait de 1,98/m2 par personne, alors que la charte humanitaire et les standards minimums de l’intervention humanitaires (Sphere) recommandent 3,5 m2.

Jose Flécher

flecherjosew@yahoo.fr








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