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Wyclef Jean lance un appel aux Haïtiens du monde - par : Louis-Denis Ebacher, Le Droit, Publié le 10 août 2010

dimanche 15 août 2010 par William Toussaint

Le 24 juillet dernier, LeDroit rapportait que l’Haïtien le plus populaire au monde était à « quelques formalités » de se présenter à la présidence de son pays natal. Le 5 août, Wyclef Jean confirmait sa candidature à Larry King Live, à CNN. Hier, l’ancien des Fugees a donné un coup de fil dans la salle des nouvelles du Droit s’exprimant sur la diaspora, ses influences, la culture haïtienne, le tremblement de terre du 12 janvier dernier, le Canada et le Québec.

Le rappeur et candidat à la présidentielle haïtienne, Wyclef Jean, interpelle la diaspora haïtienne de partout dans le monde, dans une entrevue exclusive accordée au Droit.

Wyclef Jean s’est exprimé par téléphone, marchant dans les rues de New York, hier après-midi. Il s’apprêtait à s’envoler pour Haïti, prévoyant y atterrir aujourd’hui. Il a laissé savoir au Droit qu’il sera de passage au Canada dans le cadre de sa campagne électorale. « Oui, je vais sûrement passer par le Canada, et j’anticipe déjà y voir de deux à trois mille personnes dans les rues. Ce sera amusant ! »

Le chanteur place la diaspora dans ses priorités pour faire le plein d’appuis. Wyclef Jean s’est gardé de dire dans quelle ville et à quel moment cette visite électorale surviendra. « C’est un peu trop tôt pour en parler. J’attends encore une semaine pour m’assurer que je satisfasse aux exigences », dit-il, prudent.

Il nomme tout de même Montréal en premier, lorsqu’on lui demande quelles sont ses villes canadiennes préférées. Elle compte entre 75 000 et 100 000 de ses compatriotes. L’homme parle aussi de Toronto et de Québec, mais pas d’Ottawa.

« Quand je dis ’Haïti est ouvert pour les affaires’, rappelle le nouveau politicien, ça commence par sa diaspora, qui y envoie 2 milliards $ à chaque année. » Wyclef Jean n’a pas manqué d’évoquer les membres des communautés haïtiennes du Québec et du Canada, qui font partie de la solution « pour galvaniser et relever » le pays assommé par le tremblement de terre du 12 janvier dernier.

La langue... et l’indépendance

Ses détracteurs lui reprochent son créole « cassé » par ses nombreuses années de réfugié aux États-Unis, et sa méconnaissance de la langue française, pourtant utilisée dans les institutions et les milieux d’affaires haïtiens.

Voilà que M. Jean aborde la nécessité d’intégrer les cours d’anglais dans les écoles haïtiennes. « Je suggère fortement d’inclure davantage de cours d’anglais en Haïti. »

« Je vais gouverner en créole et en anglais, lance-t-il. C’est très important d’avoir une personne capable de voyager partout sur la planète et d’entretenir une conversation avec tout le monde. Mais je m’assurerai d’avoir mon tuteur de français avec moi. C’est très important (puisque) je ne m’exprime pas aisément en français. Vous et moi devrions pouvoir converser et parler du futur. »

Le rappeur sait qu’il devra suivre des cours de français, s’il est élu. « Le pays a parlé français pendant 200 ans. Pour l’avenir du pays, oui, la nation a besoin de parler français, créole, espagnol, anglais [...] Mais on doit d’abord se concentrer sur la création d’emplois. » L’urgence de l’éducation, « avec 52 % d’analphabètes », dit-il, va de pair avec la nécessité de redresser l’agriculture, « et cesser de tout importer pour être capable d’exporter ».

La question de l’indépendance d’Haïti, dont les institutions et l’économie sont à genoux, a surgi au moment où le candidat a affirmé que « l’indépendance d’Haïti commencera avec le retour de la diaspora à la maison, et lorsqu’elle y reprendra les affaires ».

Wyclef Jean s’est présenté au NASDAQ, le 23 juillet dernier, pour sonner la cloche de l’ouverture des marchés boursiers. LeDroit rapportait le lendemain que sa mise en candidature n’était plus qu’une « question de formalités », ce qui a été confirmé la semaine dernière, lors de son passage à Port-au-Prince.

Gangs de rue

La violence dans les rues de la capitale haïtienne inquiète le candidat, qui aborde au passage la situation des jeunes désoeuvrés de la diaspora au Canada et aux États-Unis, en péril dans des gangs criminalisés. « Quand je pense à l’immigration, et à combien d’Haïtiens font partie de ces communautés, mon coeur se met à battre très fort. Tellement de communautés ont mal tourné. Certains de ses enfants vont en prison, d’autres sont tués et d’autres se retrouvent devant les cours de justice. »

En Haïti, explique Wyclef Jean, les jeunes doivent avoir accès à des programmes et à l’éducation pour éviter de sombrer dans l’école du crime.

« Quand les gens ont mis dehors Jean-Bertrand Aristide, une éruption de violence est survenue. Si on peut trouver des alternatives et des programmes pour que ces jeunes de la communauté sentent qu’ils font partie de la famille, je pense qu’ils vont choisir une autre voie. »

Wyclef Jean répète à toutes les foules que l’éducation est la voie à privilégier pour sortir son pays du marasme. « Rebâtir la capitale, c’est important, mais reconstruire les esprits l’est aussi. Le plan pour l’école, c’est comment tu achemines les dons aux familles pour leurs jeunes. Si la jeunesse ne peut pas lire, elle ne peut pas naviguer dans le 21e siècle. »








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