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Wilson Laleau court de gros risques

samedi 28 septembre 2013 par Administrator

En voulant mettre à exécution le budget 2013-2014 malgré le vote négatif de mardi soir des sénateurs, Wilson Laleau court de gros risques. Il met en jeu sa fonction de ministre. Steven Benoit, intervenant vendredi sur les ondes de Radio Magik 9, menace d’interpeller tout le gouvernement de Laurent Salvador Lamothe au cas où le grand argentier de la République passe de la parole aux actes.

« Je prendrai avec moi quatre autres sénateurs courageux pour interpeller le gouvernement dans sa totalité si le ministre de l’Economie et des Finances passe de la parole aux actes en publiant dans le journal officiel le Moniteur le texte du budget pour l’exercice fiscal 2013-2014 », a tempêté Steven Benoit qui a une fois de plus estimé que ce projet de loi de finances ne correspond pas à la réalité haïtienne.

Bien qu’il ait été voté différemment par les deux chambres l’année dernière, le budget 2012-2013 a pu être quand même mis à exécution à la suite d’une entente entre la ministre de l’époque Marie Carmelle Jean-Marie et les membres du bureau des deux corps, sauf Steven Benoit pour le Sénat. Le parlementaire croit que Wilson Laleau aura difficilement cette chance cette année.

« Quand les membres du corps législatif rejettent un projet de budget, fait remarquer le sénateur de l’Ouest, le gouvernement n’a pas d’autres choix que d’y apporter les modifications et l’envoyer de nouveau au Parlement ou reconduire le précédent quand ils n’ont pas suffisamment de temps, comme c’est le cas aujourd’hui. »

Moins de vingt-quatre heure après avoir exprimé son refus de reconduire le budget 2012-2013, Wilson Laleau, lors d’une conférence de presse donnée jeudi à la Primature, a rebondi en brandissant un décret de 2005 pour justifier son choix de mettre à exécution le budget 2013-2014 à partir du 1er octobre prochain. Cette décision devra être entérinée lors du prochain Conseil des ministres.

« Tout était bien planifié au niveau du palais national pour en arriver là. Le rapport de la commission Economie et Finances était prêt depuis environ un mois. Mais à chaque fois qu’il devait y avoir séance, la majorité présidentielle a toujours infirmé le quorum », a déclaré Steven Benoit. Il a par ailleurs dénoncé le décret du 16 février 2005 qui, selon lui, serait anticonstitutionnel. « Une résolution en vue d’amender ce décret a été préparée depuis des mois par ses collègues de la commission Economie et Finances. Mais on n’arrive toujours pas à l’adopter à cause de certains sénateurs qui sont toujours absents », dit-il sans ménagement.

Qui va défendre le ministre ?

Ce n’est en tout cas l’économiste Kesner Pharel qui établit toujours un lien entre la stabilité politique et le développement économique qui va défendre le ministre contre la menace d’interpellation du sénateur Steven Benoit. Dans certains pays comme la Canada, un ministre dont la loi de finances est rejetée au parlement perd automatiquement son poste, a-t-il lancé également sur Magik 9. Comparant le budget à une évaluation, Kesner Pharel pense que le ministre de l’Economie et des Finances n’a pas été jugé performant.

Il ne partage nullement la position de l’ex-recteur aux affaires académiques de l’UEH qui, comme pour chercher une excuse, a déclaré que le gouvernement a fait sa part du boulot. « Le ministre de l’Economie et des Finances n’est pas là uniquement pour préparer le budget. Il doit s’assurer que le document ait le vote favorable des parlementaires », juge-t-il. Le P.D.G. du Group Croissance a par ailleurs dénoncé la passivité des autres membres du gouvernement qui ont laissé Wilson Laleau seul dans la bataille.

« Le budget n’est pas l’affaire exclusive du ministre de l’Economie et des Finances. Il engage tout le gouvernement », a indiqué M. Pharel, qui croit que les autres ministres seraient un peu plus agressifs s’ils savaient qu’ils seraient tous renvoyés.

Kesner Pharel s’en est également pris aux sénateurs, qui, selon lui, auraient pris sur eux une très grande responsabilité. « Ils devaient faire une contre-proposition en rejetant le budget », dit-il avec beaucoup de regrets. C’est dommage, selon lui, qu’il n’y ait aucune pénalisation pour ces parlementaires opposants.

Non seulement il ne comprend pas pourquoi les sénateurs ont mis plus d’une vingtaine de jours à voter le rapport du travail de la commission Economie et Finances sur le budget, mais aussi à voter en ce sens bien que leurs remarques aient été prises en compte par le ministre.

« Déjà tres mal placée dans le classement international sur la compétitivité, Haïti va perdre encore des points », croit dur comme fer l’animateur de l’émission télévisée « Le Rendez-vous économique » sur Télé Métropole. Il ne voit aucune possibilité de reconduire le budget de 2012-2013 ou encore celui de 2011-2012.

Danio Darius








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