CAPSULES-HAITIMONDE.COM - Les Dernières Nouvelles d’Haiti - Tout sur l’actualité haitienne - Le réseau de référence Haitimonde.com

Washington : bilan de la deuxième journée

samedi 8 février 2014 par Administrator

« La plus grande satisfaction que nous avons jusqu’ici à date est la confirmation à tous les niveaux par les autorités américaines que le gouvernement américain va supporter l’administration Martelly/Lamothe », a dit Michel Martelly au deuxième jour de sa visite aux USA.

Le président Michel Martelly a poursuivi, jeudi 6 février, sa visite officielle aux Etat-Unis. A sa sortie d’une rencontre avec la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, le président haïtien a fait le point sur sa journée pour la presse haïtienne qui le suit dans sa tournée.

Michel Martelly n’a pas caché sa satisfaction de sa rencontre à la Maison-Blanche avec le président Barack Obama.
« La plus grande satisfaction que nous avons jusqu’ici est la confirmation à tous les niveaux par les autorités américaines que le gouvernement américain va supporter l’administration Martelly / Lamothe. » Telle est la phrase du président Martelly quelques minutes après sa rencontre avec des membres de la Commission des Affaires étrangères du Sénat américain.

Cette position de l’exécutif américain, selon Martelly, tient du fait que son équipe au pouvoir en Haïti a envoyé des signaux clairs quant à ses ambitions de bâtir un Etat fort démocratiquement.
Au moment du bilan de sa deuxième journée de rencontre dans le hall du Capitole Hill, le président a fait le résumé de sa rencontre avec l’homme le plus puissant du monde, le président américain, Barack Obama.
Au cours de cette rencontre, explique le président Martelly, son homologue américain a réaffirmé sa volonté d’accompagner Haïti sur la voie du développement durable. Plusieurs points importants ont été abordés entre les deux chefs d’Etat. Les progrès réalisés par l’équipe au pouvoir en Haïti à travers son programme d’éducation primaire gratuite, le relogement des sans-abri du 12 janvier 2010, le déblayage des débris des rues, n’ont pas échappé au numéro un américain.

Cette marque d’attention du locataire de la Maison-Blanche n’a pas laissé indifférent Michel Martelly qui a fait remarquer, à ce sujet, que « souvent on a tendance à mettre en relief les échecs, les choses qui ne marchent pas. Mais le président américain a compris que quand on a mille choses à faire, on ne peut pas toutes les réussir », a lâché le président haïtien, qui souligne que c’était un grand moment pour lui quand Obama lui a annoncé qu’il va passer des instructions au niveau de son administration pour qu’on accompagne Haïti dans ses besoins.
Après le bureau ovale, la série de visites de Michel Martelly l’a conduit ensuite au Parlement américain pour rencontrer la Commission des Affaires étrangères de la Chambre haute.

A ce niveau, la question était de savoir comment évolue la question de l’aide à environ six ans de l’échéance de la loi Hope (HELMS) qui garantit l’exportation aux Etats-Unis des produits de l’industrie textile haïtienne sans payer de droits de douane.Tous les investissements consentis dans le textile ces dernières années et qui génèrent des emplois comme au Parc industriel de Caracol sont dus à cette loi américaine.

Tenant compte des avantages qu’offre cette loi pour l’industrie et l’emploi en Haïti, le président Martelly a demandé aux membres de la Commission de commencer à se pencher sur les possibilités de renouvellement de la loi Hope dont les avantages expirent en 2020 et qui constituent une incitation à l’investissement en Haïti.

Une nouvelle loi correspond exactement aux objectifs et priorités du gouvernement de Martelly qui se propose de substituer au fur et à mesure l’aide ou les dons étrangers par des investissements générateurs d’emplois durables.
« L’Haïti que nous présentons désormais aux partenaires d’Haïti est une Haïti qui veut se distancer des dons et de la charité internationale pour s’orienter vers l’investissement et la création d’emplois », a fait valoir le président Michel Martelly. Toutefois, le pays projette à l’étranger une image peu attrayante pour l’investissement par rapport au climat d’insécurité, l’instabilité politique récurrente, le problème foncier, etc. Ces questions ont été agitées par la Commission au moment de la rencontre avec la délégation haïtienne, a admis le président Martelly.

Face à ces remarques, le chef de l’Etat haïtien a, dans un premier temps, acquiescé en reconnaissant que, dans un passé assez récent, Haïti était ingérable. Ce qui a expliqué la présence des soldats de la Mission des Nations unies sur le sol du pays. « Mais aujourd’hui, la situation s’est beaucoup améliorée », s’est défendu Martelly, qui a mis en évidence la baisse prodigieuse enregistrée dans le domaine du Kidnapping où, depuis dix mois quasiment, aucun cas de kidnapping n’a été enregistré.

Par rapport à la redoutable question des élections, Martelly, lors de son point de presse de jeudi, s’est inscrit comme l’acteur ayant le plus contribué à déblayer la route des élections depuis son accession à la magistrature suprême.

A ce sujet, le président a cité en exemple la création du Conseil électoral permanent en vue de consolider le processus électoral. A écouter le président, il ne partage pas l’idée de ceux qui pensent que le CT-CEP, issu d’un consensus, doit être revu pour donner naissance à un nouveau CEP de consensus.
« A ce rythme-là, on va passer de consensus à consensus sans répit. Il faut commencer à respecter les institutions. Il faut construire celles qui n’existent pas encore tout en renforçant celles déjà existantes », indique Martelly, qui confie à la presse que, sur son invitation, le président Obama dit réfléchir sur les possibilités de visiter Haïti.

Des manifestants devant la Maison-Blanche

La visite annoncée de la délégation présidentielle à Barack Obama a été l’occasion pour un groupe composé d’une quarantaine de ressortissants haïtiens d’exprimer leur point de vue par rapport à la présence du président Martelly à la Maison-Blanche. Les pancartes exhibées par ces protestataires affichaient des messages acides à l’endroit de Barack Obama, d’Hillary Clinton, de la Minustah et de son invité du jour.

Selon le porte-parole des manifestants, Orlando Opont, ce mouvement est justifié par la politique injuste appliquée par Washington vis-à-vis d’Haïti depuis que les Etats-Unis se sont adjugés la coordination de l’aide après le séisme et aussi par le fait, selon lui, que l’administration Obama se complaît à supporter un président qui ne respecte pas la Constitution de son pays.

Les journalistes de la délégation opinent

Appelés à donner leur point de vue concernant les deux journées de rencontres à Washington, des journalistes faisant partie de la délégation accompagnant le président sont unanimes à admettre que la tournée s’est révélée positive pour Michel Martelly.

Point de vue des journalistes

Rothshild Francois Junior, qui a une longue expérience en matière de rencontre d’exécutifs américains et d’exécutifs haïtiens, d’officiels haïtiens et d’officiels américains pense que le président Martelly a reçu un accueil très chaleureux.
« Tout le monde pouvait le constater, les images parleront d’elles-mêmes. Le président Obama lui-même a salué les efforts entrepris par l’administration Martelly/Lamothe dans la reconstruction d’Haïti. Il a aussi mentionné la question des élections qui, selon lui, sont nécessaires au déblocage de la crise politique qui mine le pays. Il souhaite le maintien de la lutte contre la corruption », selon Rothshild Francois Junior.

« Globalement, on peut lire dans le discours d’Obama qu’il est sensibilisé aux efforts réalisés par l’actuelle administration haïtienne. Fort de cela, le président américain a réitéré le support des Etats-Unis à la République d’Haïti. Et, de son côté, le président Martelly, à travers sa brève déclaration, a pris l’engagement de faire d’Haïti un Etat démocratique fort tout en promettant de contribuer à la sécurité de la région et dans la lutte contre le trafic de la drogue. En un mot, on peut dire que la partie protocolaire de la rencontre entre deux chefs d’Etat s’est bien déroulée », a ajouté Rothshild Francois Junior.

A la question " quel est l’enjeu principal pour le président Martelly ? ", Enock Arismat de Vision 2000 a dit au Nouvelliste : « Depuis son arrivée, le principal message du président Michel Martelly aux autorités américaines est que Haïti a besoin d’investissements et d’emplois. Beaucoup d’efforts ont été déployés en ce sens, mais les emplois se font toujours attendre.C’est la preuve qu’il y a un problème quelque part. En ce sens, les Etats-Unis, qui sont un allié clé, peuvent aider à trouver une solution à ce problème. »

« Cette rencontre est très importante pour Haïti, car les deux présidents ont eu une séance de travail qui aura des retombées pour Haïti », croit Tom Dumont.

« Qu’il s’agisse du secrétaire d’Etat John Kerry ou du président Obama, les deux ont estimé que Haïti a fait des bonds en avant dans des secteurs prioritaires pour le gouvernement haïtien, à savoir l’éducation, la sécurité et les élections. Ce sont des signes assez intéressants dans la mesure où les Etats-Unis, le géant de la région et du monde, ont exprimé leur volonté d’aider Haïti. Espérons que ces paroles prendront dans les jours à venir des formes concrètes », préfère croire le vétéran Marcus Garcia.

Pour lui cependant, « il faut d’abord voir dans la visite un succès pour le président Michel Martelly car il est venu à la Maison-Blanche avec tous ses indicateurs au vert », a dit Marcus Garcia.

Plus loin, le patron de Mélodie FM et de l’hebdomadaire Haïti en Marche a poursuivi : « Le président Obama l’a félicité pour les bons chiffres qui parlent en sa faveur dans le domaine de l’économie, pour la baisse de l’insécurité, et surtout pour ses efforts consentis au niveau de l’éducation. Le président américain a aussi mentionné le sens du leadership dont a fait preuve jusqu’à présent l’exécutif haïtien. Un élément très important pour un pays comme Haïti, surtout dans les jours ayant suivi le séisme du 12 janvier 2010. »

« De son côté, le président Martelly, en abordant la question de la sécurité, a dit travailler sur les moyens de garantir la sécurité à tous les citoyens d’Haïti. Cette déclaration doit être vue comme un clin d’œil en direction des potentiels investisseurs intéressés par Haïti. Parlant d’investissement, on peut dire que c’est le maître mot de la tournée de Martelly à Washington. Il a même suggéré un ralentissement de l’aide et un accroissement des investissements étrangers en Haïti. En un mot, pour Martelly, la tournée est positive et, pour Haïti, il faudra encore attendre les retombées de la visite », estime Marcus.

Interrogé sur la facon dont la question des élections a été abordée Marcus Garcia a ajouté : « Les élections vont se tenir. John Kerry l’a dit pendant la première journée. C’est pas seulement les élections, mais aussi la question de la réconciliation qui commence à prendre corps surtout parmi les politiciens qui commencent à s’entendre en Haïti. Ce sont des signes très encourageants pour l’actuel gouvernement. Je pense donc que la visite est arrivée au bon moment. »

A la question de Frantz Duval : Deux options s’ouvrent généralement aux présidents haïtiens après une visite aux États-Unis : ou bien ils s’affaiblissent, ou bien ils surestiment leur force et se cassent les reins. Très rarement, ils arrivent à faire le juste choix faute de pouvoir décoder les signaux envoyés par le grand voisin. Qu’est-ce que vous pensez de cet aspect ?

Marcus a répondu : « C’est un aspect historique, j’espère qu’il ne va pas se renouveler. De ce que vous venez de dire, c’est l’aspect négatif qui en résulte toujours. Il y a de ces dirigeants haïtiens qui, une fois revenus d’un voyage aux Etats-Unis auréolés de leur succès, tiennent souvent des attitudes ou des propos du genre : « Le bal prend fin » ; ou mieux « Le train va changer de direction ». Je ne crois pas que pareille chose va arriver à Michel Martelly. Vous voyez, je ne dis pas président, je dis Martelly. Il y a un mot que j’utilise beaucoup ces jours-ci : « Comme le Beaujolais nouveau, c’est le Martelly nouveau ». C’est quelqu’un qui fait violence sur lui-même pour afficher un autre visage », a expliqué Marcus Garcia.

« Du Martelly galopin, on a aujourd’hui un Martelly qui veut plaire à tout le monde. Il affiche un visage de bon enfant. Évidemment, il ne faut pas être un enfant non plus pour diriger un pays comme Haïti. Mais c’est le Martelly nouveau. Je ne crois pas qu’il veuille jouer le rôle du mauvais garçon. Le visage charmant lui va mieux. Ça lui fait gagner des points », a conclu Marcus Garcia.
Gary Cyprien
Réagir à cet articleHaut de la page

Voir en ligne : Le Nouvelliste







Accueil | Plan du site | info visites 411733

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site GOUVERNANCE & POLITIQUE  Suivre la vie du site Politique   Politique de publication

Haitimonde Network