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Vers la reconstruction des bâtiments publics

jeudi 20 décembre 2012 par Administrator

L’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP) veut être rassurante en déclarant que près d’une cinquantaine de bâtiments publics détruits lors du tremblement de terre du 12 janvier 2012 seront reconstruits comme prévu. La plupart vont garnir la cité administrative, une aire du centre historique de Port-au-Prince, qui abritera la grande majorité des bâtiments de l’administration publique.

Certains seront construits plus vite que d’autres, pour diverses raisons, dont le foncier. Les plans de la cité administrative ne vont pas moisir dans les tiroirs, a promis le coordonnateur de cette institution qui compte un an à peine.

Un passage dans les locaux de l’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP) ne laissera aucun visiteur indifférent. A Bourdon, loin des bruits du centre-ville, s’installent les quelques employés de cette jeune institution créée à la faveur de l’arrivée de Michel Joseph Martelly au pouvoir et les nécessités de la reconstruction post-séisme. Dans les bureaux du coordonnateur de l’UCLBP, l’ingénieur Harry Adam, les maquettes des ministères du Commerce et de l’Industrie, de l’Intérieur et des Collectivités territoriales et du parc industriel-qui sera construit non loin du morne à Cabris - sautent naturellement aux yeux. L’emplacement y est pour quelque chose : juste en face de la porte d’entrée.


Sans langue de bois, le responsable de l’UCLBP a vite laissé entendre que les travaux de construction de la cité administrative continuent lentement et prendont leur vitesse de croisière dans les prochains mois. Harry Adam confirme que les délais d’achèvement seront respectés dans le cas des ministères de l’Intérieur, du Commerce et des Affaires étrangères. Le responsable de l’UCLBP assure que ces trois bâtiments, les plus avancés actuellement, seront livrés clés en main, avant la fin de l’année 2013. D’autres bâtiments doivent sortir de terre, au fil des mois, le long de la rue du Champ de Mars qui abritera le corridor administratif avec une route de quatre voies (2 X 2 voies), soit près de 30 mètres d’emprise.

Les bâtiments prioritaires

Parmi les bâtiments dont les projets sont en cours, nous pouvons citer : le palais législatif pour un coût de 33 millions de dollars américains, la Cour de cassation (10 millions), la reconstruction de la Villa d’accueil (2.5 millions), la réhabilitation du ciné-théâtre Triomphe (5 millions de dollars). Le coordonnateur de l’UCLBP paraît n’avoir aucune inquiétude en ce qui a trait aux sources de financement de ces projets. Il faut le voir s’exprimer sur la question pour comprendre.

« Le problème de ressources ne se pose pas sur le plan conceptuel », a-t-il expliqué au Nouvelliste. Les fonds proviennent de sources locales, des avantages du fonds Petro Caribe (90 millions), de l’allègement de la dette (230 millions de dollars). Des fonds additionnels seront disponibles, grâce à des négociations avec des institutions financières qui sont menées par les autorités, avons-nous appris.

A la question de savoir pourquoi le plus grand symbole du pouvoir ne fait pas partie des priorités, Harry Adam, spécialiste en génie civil et en gestion d’entreprise, s’est exprimé avec un demi-sourire : « Le palais national n’est pas sur la liste des priorités. C’est une volonté du président de la République qui ne veut pas être bien logé tant que des gens croupissent encore sous des tentes. Et de plus, le chef de l’Etat haïtien veut accorder la priorité aux autres pouvoirs et institutions, avant de résoudre ses propres problèmes de logement. Aussi a-t-il évoqué la reconstruction de la Cour de cassation, du palais législatif et de la maison de l’avocat.

M. Adam, qui a déjà roulé sa bosse un peu partout dans l’administration, dont six années au Fonds d’assistance économique et sociale (FAES), espère que la première pierre du palais législatif sera posée le 27 décembre 2012. Il a avoué que des contraintes techniques ont poussé les responsables à avancer avec certains travaux, plutôt qu’avec d’autres. « Mais aucun projet ne sera abandonné dans le cadre de cette indispensable reconstruction des édifices de l’Etat.

Cette reconstruction des bâtiments de l’Etat ne se concrétisera pas sans difficulté. Certains projets traînent encore, à cause de certains problèmes cadastraux ou fonciers. Des titres de propriété doivent être vérifiés par une commission mise sur pied par les autorités, suite à la révocation de l’arrêté Préval, en dépit de la délimitation d’une aire plus petite que les 200 hectares de l’ancienne administration.

Peut-on oublier de si vite la grogne causée par l’octroi, à une compagnie, de contrats d’une valeur de 350 millions de dollars américains ? L’ex-Premier ministre Garry Conille avait même réclamé une enquête avant sa démission dans le cadre des passations de marchés publics. Le coordonnateur de l’UCLBP, à ce titre, explique que le rapport de la commission chargée de faire la lumière sur cette affaire avait tranché. L’entreprise a gardé 150 millions des contrats. Et même le FMI s’était mis d’accord avec les conclusions du rapport d’alors. Donc, pour l’ex-directeur du FAES devenu coordonnateur de l’UCLBP, en novembre 2011, les marchés ont été attribués suivant les lois de la fonction publique.

Qui a conçu les plans ?

Les plans de masse de l’UCLBP tiennent compte de trois autres plans existants : celui de la Fondation Prince Charles, du ministère de la Planification et de la Coopération externe et du Centre haïtien de recherche en aménagement et en développement (CHRAD). « Nous avons pris ce qui est commun aux différents plans, tout en tenant compte de l’aménagement du territoire », a fait savoir Harry Adam, en confiant que ce travail de conception de plan de masse a été confié au groupe canadien IBI/DAA, déjà sous contrat avec l’Etat haïtien.

« Les ministères seront regroupés suivant leur caractère économique, social ou politique. Ce choix permet de dégager une synergie de fonctionnement entre les ministères », a informé le coordonnateur de l’UCLBP, déclarant que le « lakou » a été pris en compte dans les plans d’urbanisme de la Cité administrative. Le projet qui n’envisage pas proprement dit l’aménagement du territoire, tient compte de ce paramètre.

Les limites de la cité administrative incluent plusieurs propriétés du domaine privé de l’État, notamment aux abords de la Présidence et de la Primature, de même que les espaces ayant fait l’objet de l’arrêté d’utilité publique de juin 2012. La superficie totale brute de la zone de l’arrêté est d’environ 30 hectares. La construction de la Cité administrative devra tenir compte de trois autres arrêtés adoptés en Juin dernier : celui délimitant le centre historique, celui délimitant la zone réservée du littoral (bord de mer) et celui délimitant la zone du Champ de Mars (jardin historique et patrimonial), selon un document produit par l’UCLBP en août 2012.

En raison des multiples contraintes qui touchent cette partie de la capitale et des objectifs de développement de l’État haïtien, l’UCLBP souhaite que les édifices construits dans la Cité administrative respectent certaines lignes directrices d’aménagement afin d’assurer qu’ils s’intègrent harmonieusement entre eux et dans l’environnement du centre-ville.

Encore une fois, le foncier se mêle de la partie. Et ce n’est pas le seul obstacle à surmonter. Sinon nombre de projets seraient déjà en phase avancée aussi bien dans le secteur public que dans le privé à en croire des personnes concernées par le sujet. L’Etat et le secteur financier joueront-ils leur partition en mettant à la disposition des propriétaires régulièrement identifiés un crédit destiné à la reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince ?

Dieudonné Joachim

djoachim@lenouvelliste.com








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