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Une lueur d’espoir pour Haïti - Publié dans LA PRESSE (Montréal) du 28 février 2009 à 14h32

lundi 2 mars 2009 par William Toussaint

Une lueur d’espoir pour Haïti

Jocelyn Coulon : La Presse

Publié dans LA PRESSE (Montréal) du 28 février 2009 à 14h32

Mis à jour le 28 février 2009 à 14h34

S’il y a une chose que les États-Unis et le Canada partagent, c’est bien leur préoccupation envers Haïti. Le président Obama et la gouverneure générale Michaëlle Jean en ont même discuté ensemble la semaine dernière.

Le premier ministre Stephen Harper était à l’ONU lundi pour rencontrer le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, afin d’aborder, entre autres choses, la situation dans ce pays. Notre ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, était à Washington mardi pour faire la même chose avec son homologue Hillary Clinton.

Eh bien ! ils auraient intérêt à lire, si cela n’est déjà fait, le rapport confidentiel sur Haïti commandé par l’ONU au célèbre économiste Paul Collier et qui fait l’objet d’un débat au bureau du secrétaire général. Son contenu est une lueur d’espoir pour les Haïtiens.

Depuis 20 ans, l’ONU et les membres du groupe des amis d’Haïti, en particulier les États-Unis, le Canada, la France et le Venezuela, cherchent une façon de remettre ce pays des Caraïbes sur les rails.

Tout semble avoir été tenté : sept interventions internationales ; des programmes de formation pour la police ; quelques milliards de dollars d’aide économique ; des législations commerciales favorables aux exportations haïtiennes.

Au début de l’an dernier, le pays relevait la tête. Puis, de nouveaux malheurs se sont abattus : la hausse brutale du coût des denrées alimentaires a provoqué la chute du gouvernement, et quatre cyclones ont dévasté champs, infrastructures et maisons.

Et ce n’est pas terminé, puisque la récession mondiale devrait entraîner une diminution des envois de fonds de la diaspora haïtienne.

Malgré ce tableau déprimant, l’économiste Paul Collier ne se laisse pas abattre. Dans un rapport d’une vingtaine de pages, il estime que la situation d’Haïti est loin d’être désespérée si on la compare à celle d’autres États fragiles. Il propose de mettre en oeuvre une stratégie réaliste pour établir une sécurité économique rapide.

Pour l’auteur du célèbre best-seller The Bottom Billion, le pays a des atouts qui le placent en bien meilleure position que les autres États fragiles dans le monde. En effet, Haïti n’est pas divisé sur le plan ethnique et n’abrite pas un mouvement insurrectionnel appuyé de l’extérieur. Il est situé dans une zone stable et riche, jouxte un pays (République dominicaine) démocratique et prospère, bénéficie des envois de fonds d’une des plus nombreuses diasporas au monde et jouit d’une importante aide au développement.

Enfin, grâce à une législation sur le commerce des produits de l’industrie de l’habillement adoptée récemment par le Congrès, le pays jouit de la garantie d’accès au marché américain, hors taxe et sans contrainte de quotas pour les neuf prochaines années.

Tous ces paramètres créent une occasion extraordinaire afin d’agir rapidement, écrit Collier. Le plan de l’économiste s’articule autour de quatre idées fortes : créer des emplois par la reconstruction de certaines infrastructures et la multiplication des zones franches pour y développer l’industrie de l’habillement et l’exportation de mangues ; assurer les services de base en associant l’État, le secteur privé, les ONG et la diaspora au sein d’un office de prestation de services indépendant ; garantir la sécurité alimentaire en investissant dans la productivité agricole des régions à fort potentiel de production vivrière et en développant les infrastructures routières ; enfin, protéger l’environnement en favorisant le reboisement, en établissant clairement les droits de propriété et en remplaçant le charbon de bois par des bouteilles de gaz.

Selon Collier, un tel plan peut donner des résultats tangibles et visibles dans deux ou trois ans si les bailleurs de fonds se mettent d’accord rapidement entre eux et avec le gouvernement haïtien sur les grandes lignes d’une stratégie. Une telle occasion pourrait se présenter lors d’une rencontre qui va se tenir à Ottawa les 2 et 3 mars.

Paul Collier n’a rien inventé et ce n’est pas la première fois qu’un plan est proposé pour assurer le développement d’Haïti. Son grand mérite est de fixer des objectifs modestes et atteignables. Haïti, écrit-il, « offre aux États-Unis et au Canada une occasion rare de démontrer que leur aide peut permettre à une société de s’affranchir définitivement de la fragilité ». Voilà une chance à saisir.

L’auteur (j.coulon@cerium.ca) est directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix affilié au CERIUM de l’Université de Montréal.








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