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Un voyage qui tombe mal

mardi 6 novembre 2012 par Administrator

Le président Michel Joseph Martelly n’était pas au pays pendant la Toussaint. Ce « voyage privé », en plein état d’urgence après le passage de la tempête Sandy, a fait des gorges chaudes. Sur la Toile, même s’il était difficile de confirmer si son jumeau Laurent Lamothe assurait ou non l’intérim, on a sauté aux conclusions : Haïti est sur pilotage automatique.

En pleine crise, ce ou (peut-être) ces voyages tombent mal. Très mal. Le pays, en proie à des difficultés, mérite d’être dirigé. Est-ce qu’il faut être présent, sur le terrain, pour diriger ? Oui, si l’on aspire à obtenir des résultats.

Cependant, en Haïti aussi, être là, des fois, n’avance à rien. La preuve ? La série de rencontres entre le président Martelly et des sénateurs. Depuis plus d’un mois, ces chefs, se sont emmurés jusque tard la nuit dans la suite VIP du Karibe pour discuter sans parvenir à un accord sur le CEP. L’institution électorale sera-t-elle permanente, comme le veut le président, ou provisoire, compte tenu de l’impossibilité du Sénat de participer au processus de désignation des représentants du Parlement ? Niet. Aucune réponse. C’est un dialogue de sourds.

Déjà, des irréductibles –au maigre bilan-, dont le sénateur Annick Joseph, affichent une fin de non-recevoir à l’invitation du président Michel Joseph Martelly à poursuivre le dialogue ce lundi 5 novembre 2012. La comédie va-t-elle continuer ? Est-ce que des leaders de l’opposition vont radicaliser leur position après que le président Martelly eut confié sur France 24 avoir trouvé un bouclier anticoup d’Etat en la Minustah ? Est-ce que l’opposition peut faire un putsch contre Martelly, comme le dit ce dernier ? On ne le sait pas. Entre-temps, dans cette bataille sans victoire, on compte des pseudo- avantages. Le chef de l’Etat a le support du « Blanc ». Ses opposants jouent sur le temps. Celui qui chagrine tant il charrie des problèmes. Et, ici où le président de la République est responsable de tout, même de la crevaison des pneus d’un tap-tap, Martelly file un mauvais coton.

En face, l’alternative proposée au pays est tout sauf claire. C’est la « politik ravèt », du sabotage pacifique. Comme des otages, le reste du pays assiste à cette saga. Cette fois, sans pop-corn au regard des dégâts de Sandy et de ce qui nous pend au nez avec la crise alimentaire et sanitaire redoutée. Entre-temps, avec des chiffres sur les pertes enregistrées ou non à l’épreuve de la véracité, la grande machine humanitaire se met en marche. Dans les journaux télévisés de France 24 par exemple, dimanche, Haïti est le deuxième titre après la couverture de la dernière ligne droite des élections américaines. Comme toujours, des Haïtiens, le « Blanc » dira la même chose : C’est une bande d’irresponsables. Pour eux, on devra planifier des opérations humanitaires. Au nom du droit d’ingérence. Difficile dans ces conditions de sortir de cette spirale, de casser l’étreinte de l’assistanat avec des dirigeants aussi inefficaces. Qu’ils soient au pays ou en vacances…

Roberson Alphonse

roberson_alphonse@yahoo.com








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