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Thèmes de l’Emission de la semaine - Par : Robert Benodin

samedi 24 juillet 2010 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 23 juillet, 2010

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Dans ce cadre de fin de règne, où Préval et sa caste refusent d’admettre qu’ils sont à la troisième phase de la vie politique, la gestion de la perte du pouvoir. Quelles sont les hallucinations grandioses et les craintes morbides de Préval ? Malgré ses multiples tentatives et manœuvres pour retenir le pouvoir personnel, les chances de se succéder devenues totalement impossibles, craignant à la fois la mort, la prison et l’exil, Préval n’est plus à la recherche d’une formule, mais d’une personne en qui il peut avoir confiance pour lui permettre d’exécuter son coup de théâtre. Il aimerait pouvoir faire un tour rocambolesque, à la Vladimir Putin de Russie, qui lui garantirait l’immunité contre ses phobies, par le biais de la primature. Se trouver un successeur qui acceptera que Préval devienne premier ministre. Voilà ce que l’imaginaire de Préval a conçu comme solution ! Voilà ce que convoite Préval !

Ceci dit, on peut comprendre clairement l’importance que revêtent les élections pour Préval avec son CEP et ses autorités locales comme force de coercition. Tout devra s’exécuté à la lettre, sous contrôle stricte et sans faille de gens en qui il a confiance, pour garantir toutes les chances de réussite de ce coup de théâtre. Dans le cadre de ce scénario, il ne s’agit pas seulement de la présidence, mais aussi et surtout du parlement. Il en a besoin à la fois pour sa confirmation, mais surtout pour manipuler, contrôler et se protéger contre, le pouvoir présidentiel, au cas où le nouveau président aurait des prétentions de s’affirmer. Dans cette conjoncture, ceci peut vous paraître puéril. Il faut toujours se rappeler que Jupiter rend fou, ce qu’il veut perdre, particulièrement dans un cadre de fin de règne ! Préval n’est ni le premier, et ne sera pas le dernier qui en instance de perte du pouvoir, fomente dans son imaginaire des solutions fantasques pour retenir le pouvoir.

Comme on l’a constaté, l’Internationale jusqu’au 12 janvier 2010, n’avait pas versé un sou pour le financement des élections qui auraient dû avoir lieu le 28 février 2010, n’était-ce le tremblement de terre. Vu ce que nous sommes en train de constater aujourd’hui comme réticence absolue envers Préval et son gouvernement de la part des bailleurs pour le financement des projets de reconstruction. Même quand ceux sont les gouvernements étrangers et non les bailleurs de fonds, qui financent les élections. Compte tenu du dossier électoral de Préval, il est difficile de trouver un intérêt politique quelconque qui porterait les gouvernements étrangers à garantir le financement des élections de la fin d’année 2010 gérées par Préval.

Bien que les élections soient un passage obligé pour le changement de régime et la stabilité politique que nous convoitons tous. Le scandale spectaculaire offert par Préval aux dernières élections de 2009, qui ont coûté pas moins de 16 millions de dollars US, paraît être jusqu’à présent un handicape sévère, un élément de blocage au financement des prochaines élections gérées par Préval, son CEP et ses autorités locales, d’une part. D’autre part, qu’est-ce que Préval peut offrir comme successeur, qui peut être perçu par les gouvernements étrangers comme une amélioration, comparé à ce que l’on a maintenant, au point de pouvoir attirer leur attention, les intéresser, et les porter à consentir au financement des prochaines élections ? Voilà le hic !

Cette solution, qui de fait exclura les partis d’opposition de la compétition électorale, en faveur de la continuité et dans les intérêts de la caste multi-classiste, si les gouvernements étrangers acquiescent, contribuera-t-elle à la stabilité politique qui est un des pré-requis indispensables pour la relance de l’économie et la gestion des projets de reconstruction ? Cette solution sera indubitablement contestée. Le besoin de rompre pour repartir résolument, vers une ère nouvelle, vers cette renaissance, que nous espérons tous, devient absolument impossible ! Pire, ce nouveau chef d’état sera non-seulement originaire de cette caste, mais le prisonnier de Préval.

Considérant le fait que Préval tient mordicus jusqu’à présent à son CEP et qu’il est en train de vouloir noyer le poisson, en inscrivant autant que faire se peut des partis politiques bidons au CEP. Si les gouvernements étrangers jugent, que la gestion des élections par Préval, son CEP et ses autorités locales, soit incapable de ramener l’atmosphère de confiance pouvant résorber les appréhensions de l’électorat et des partis d’opposition. Que le financement de ce genre d’élections, fera plus de tort que de bien à une nation à bout de souffle et aux abois qui vient d’être frappé mortellement par un cataclysme. Ces gouvernements étrangers, pour leurs intérêts sécuritaires, incapables de se laver les mains, d’ignorer ce problème et de tourner le dos pour sortir de cette impasse, ne se trouveront-ils pas face à ce dilemme, d’une part de refuser le financement et d’attendre jusqu’au 7 février 2011, la fin du mandat constitutionnel de Préval. Et d’autre part, de forcer la note, de prendre le taureau par les cornes et de gérer les élections eux-mêmes ou par proxy ?

La seconde option, bien que la plus efficace aux yeux des gouvernements étrangers, parce qu’elle leur permet de prendre contrôle de la situation et de gérer eux-mêmes honnêtement une fonction qu’ils financent, a des conséquences politiques qu’ils voudront éviter, la perception d’illégitimité du nouveau gouvernement élu, face aux sentiments nationalistes.

L’autorité civile de la Minustah dans sa mission d’accompagnement du gouvernement, annonce avec enthousiasme et certitude l’arrivée d’une mission d’observation OEA-CARICOM. Peut-on vraiment croire que cette mission d’observation pourra garantir la qualité des élections, après ce que nous avons vécu aux élections du 21 mai 2000, gérées par le gouvernement Préval/Alexis ?

A ces élections financées par l’Internationale, les urnes ont été saisies, arme au poing. Puis pour empêcher la vérification du décompte des voix, toutes les urnes et tous les bulletins de vote ont été jetés dans les rues. Le président de la mission d’observation OEA-CARICOM, Orlando Marville, a non-seulement dénoncé les fraudes et irrégularités, mais a publié deux articles pour documenter ces dénonciations. Le gouvernement Préval/Alexis a tenté d’assassiné le président du CEP qui a refusé d’endosser ces résultats électoraux. Ensuite, Préval et Alexis ont formé eux-mêmes un CEP sans consultation qui a géré les élections du 26 novembre 2000. Malgré tout ces scandales, l’Internationale ne consentant pas à faire une perte sèche en annulant ces élections, les résultats des élections du 21 mai 2000 ont été imposés par Préval et Alexis, et entérinés par l’Internationale.

Face à ce que l’on a fait comme expérience au cours des ans et ce que nous venons de constater récemment aux élections de 2009, le consentement au préalable du financement des élections par l’Internationale, constitue par défaut une garantie formelle d’acquiescement des résultats peut importe leur qualité. En d’autres termes, n’étant pas disposée à perdre ses investissements, qui ne sont pas des moindres, l’Internationale ne va pas elle-même se causer une perte qu’elle devra renflouer pour refaire des élections qu’elle aura annulées. C’est aussi simple que ça ! Ceci se résume plutôt à une affaire d’argent que de principe ! En réalité, il n’y a eu que les résultats des élections d’avril 1997 à avoir été annulés. Dans un premier temps le gouvernement de Bill Clinton avait accepté les résultats des élections d’avril 1997 tels qu’annoncés par le gouvernement de Préval/Smarth. Ce n’est qu’après que l’ONU et l’OEA les aient officiellement annulés, que dans un deuxième temps, le gouvernement de Bill Clinton finalement ait accepté à emboîter le pas à la décision des instances internationale et régionale. Voilà la réalité dans toute sa crudité !

Si les gouvernements étrangers sont intéressé en vérité à rompre avec la corruption populiste, il est évident qu’ils ne peuvent pas accepter à financer des élections gérées par Préval, son CEP et ses autorités locales comme force de coercition. Si les gouvernements étrangers veulent aider le peuple haïtien à sortir de l’ornière dans laquelle il patauge depuis 53 ans, il ne faut pas qu’ils consentent à financer les élections de la fin d’année avec Préval. Si les gouvernements étrangers veulent permettre aux haïtiens de rattraper la chance de rupture qu’ils ont ratée en 2004 pour retourner au statu quo ante en 2006, les gouvernements étrangers ne peuvent pas supporter les manœuvres de la continuité. Dans l’état de débilité et de dépendance totale où se trouve le pays, la décision entre la rupture et la continuité ne tient qu’à un fil, le timing du financement des élections !








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