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Thèmes de l’Emission de la semaine - Par : Robert Benodin

samedi 26 juin 2010 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 25 juin, 2010

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Bien que Préval, selon ce que l’on perçoit, soit déterminé à s’accrocher jusqu’au bout à son CEP. Cependant, les déclarations des deux sénateurs, leaders du comité des affaires étrangères, John Kerry et Richard Lugar, respectivement Démocrate et Républicain, donnent du fil à retordre à Préval. Cela se perçoit, du fait qu’il hésite et tarde à promulguer le décret électoral. Ayant capitulé, en abandonnant toutes ses prétentions, sauf une. Aura-t-il le courage de maintenir jusqu’au bout, la clef de voûte de sa stratégie, son CEP ? Si non, qu’il mette fin à cette mascarade ! Car d’ici le 28 novembre 2010, date à laquelle, selon le calendrier constitutionnel, on devra faire à la fois des élections pour, la présidence, un tiers du Sénat, la totalité de la chambre des députés et celle des autorités locales. N’y a-t-il pas là, dans ce lapse de temps, une fenêtre d’opportunité qui se fermera rapidement et sûrement entre août et septembre 2010 sur la possibilité d’avoir ces élections à temps, avec un nouveau CEP ? Attention, il faudra d’une campagne électorale très vigoureuse pour inciter à la participation, un électorat préoccupé que par la survie, affaissé, désespéré et dévasté par des pertes énormes et récentes de vies et de biens. Il ne faut pas laisser faire et se faire piéger ! Une faible participation aux élections sert uniquement les intérêts électoraux du pouvoir. Ceci est connu et admis universellement. Nous venons juste d’en faire l’expérience aux élections d’avril et de juin 2009, dont la participation n’a été que de 3 à 5%. Les résultats sont là et suffisamment manifestes pour nous convaincre. Il vaut mieux ne pas avoir d’élections, que de les avoir avec une faible participation, sous Préval !

Ayant déjà à son service un Sénat qui lui est soumis. Il suffit à Préval de se procurer d’une 49e législature vassalisée, pour faire adopter rapidement les amendements mettant fin à la limite des deux mandats non-consécutifs de la présidence. Préval aspire à un 3e mandat après avoir sélectionné son successeur. C’est de fait ce qui sous-tend sa motivation !

Attention, de ces 197 millions de dollars US fournis par le Petrocaribe, sous Michèle Pierre-Louis en 2008, après le passage des ouragans Fay, Gustave, Hanna et Ike, De ces 163 millions de dollars US débloqués sous Jean-Max Bellerive, pour venir en aide aux sinistrés du 12 janvier. And last but not least, les 59 millions de la vente de la Teleco à une entreprise gouvernementale vietnamienne. Préval s’est amassé un magot substantiel pour financer la candidature de ses poulains à tous les postes électifs aux prochaines élections. Préval escompte que les élections de la fin d’année seront une copie conforme de celles qu’il a géré de 1997 à 2009. Avec la nuance qu’il aura comme aubaine, une très faible participation. Envoûté par l’appât du pouvoir, il voudra risquer le tout pour le tout, pensant qu’à cette croisée de chemin, où le changement est irréfutablement un impératif, il lui sera encore possible une fois de trop, de faire des élections frauduleuses, pour imposer la continuité. La nation haïtienne et l’Internationale seront-elles disposées à entériner de telles élections cette fois-ci ? Est-ce que Préval se soucie assez pour comprendre que la fraude électorale est un acte de corruption qui viole l’expression de la volonté politique de toute une nation ? Absolument pas ! Mais il est absolument certain et convaincu du fait que ce soit le moyen le plus pratique et le plus efficace pour contrôler l’accès, la conquête et l’octroi du pouvoir ! Quel parti politique, dans le pays le plus pauvre de l’hémisphère, pourra entrer en compétition contre le magot de Préval ? Faire des élections sous Préval est un acte suicidaire ! Faire des élections dans ces conditions sous Préval, qui manifestement jouit de cette capacité financière mal acquise, équivaudra plutôt à la tolérance et à la consécration manifeste de l’efficacité de la corruption dans l’arène politique haïtienne ?

Les conditions exécrables où vivotent plus d’un million et demi de nos compatriotes, sous des tentes. L’état psychologique d’une nation survivant dans des conditions abjectes après ce cataclysme. Le besoin de faire de vrai recensement, dont le dernier date de presque 30 ans, 1982. Le retracé des circonscriptions pour garantir une représentativité équitable tant pour la population haïtienne que pour ses députés. Le besoin après cette hécatombe de faire une nouvelle inscription pour rétablir la précision d’un nouveau Registre électoral, en lieu et place d’une mise à jour impossible, faute d’identification de victimes enterrées en masse dans des charniers. Le besoin d’établir des bureaux de vote de proximité basés sur le recensement, pour aider les analphabètes et augmenter leur participation. And last but not least, la priorité des priorités, un nouveau CEP dont les 9 membres seront désignés selon les prescrits de la constitution, énoncés dans l’article 289.

Qu’il s’agisse des Etats-Unis, de l’Union européenne, du Canada, de la France, de l’Angleterre, de l’Allemagne ou de l’Espagne, la réticence de leurs bailleurs de fonds, à permettre à la CIRH de démarrer effectivement les projets de reconstruction, est absolument ostensible et sans équivoque. Quand ces bailleurs sont venus réitérer leurs engagements à Punta Cana envers Haïti, sans désigner leurs délégués à la CIRH, est-ce que Préval a alors compris le message ? Que sa présence et celle de son équipe au pouvoir, constituent un handicape sévère au démarrage de ces projets de reconstruction. Le patrimoine légué après 20 ans de pouvoir de son régime, est un fardeau difficilement contournable et très peu incitant à la confiance. Il n’y a pas que la nation haïtienne, à ne pas leur faire confiance. Le reste du monde refuse catégoriquement à s’engager avec cette équipe au pouvoir. C’est-ce qu’a démontré ostensiblement et sans équivoque la réunion à Punta Cana.

Ceci dit, nous sommes dans un dilemme, où il nous faut éviter de confondre vitesse et précipitation. La justesse du timing étant fondamentale en politique, il nous faut bien peser les éléments du dilemme. Il nous faut dans cette croisée de chemins, pour repartir du bon pied, d’une part, des élections démocratiques, libres, honnêtes et crédibles, dont les résultats seront en vérité le reflet fidèle de l’expression de la volonté générale, en offrant clairement la possibilité d’alternance démocratique, pour garantir la stabilité politique, dans le cadre de la reconstruction, de l’introduction de la modernité et de la réflexion sur la refondation de l’Etat. D’autre part nous voulons aussi respecter la date de la fin du mandat présidentiel, le 7 février 2011, pour fermer sans fracas le chapitre de la corruption et de l’incompétence. Pouvons-nous accomplir ce que nous jugeons être dans l’intérêt national, en prenant d’une part le risque de faire des élections à la fin de cette année sous Préval pour s’assurer de son départ et celui de son équipe le 7 février 2011 ? D’autre part, ne serait-il pas mieux d’éviter le risque de faire des élections sous Préval et son équipe, pour garantir l’accomplissement de ce que nous jugeons être dans l’intérêt national en évitant la contestation électorale qui amènera inéluctablement au chambardement ?

Il est important de comprendre, que dans cette atmosphère de fin de règne, nos gouvernants envoûtés par l’appât du pouvoir et le refus de le perdre, sont disponibles et prédisposés à faire n’importe quoi et à commettre même des exactions. Alors que les gouvernés incapables de prévenir ou même d’empêcher leurs actes insensés, seront forcés de réagir après coup, victimes de leurs exactions. Dans cette conjoncture de dévastation physique et morale après ce cataclysme et dans le cadre de la reconstruction, qui a intérêt dans un chambardement ? Dans le cadre de cette tutelle, que l’Internationale refuse d’appeler par son nom, qui a les moyens d’imposer quoi que ce soit à nos gouvernants et de solutionner ce dilemme, sans casse ? C’est une question qui est à la fois morale et politique. Est-il de l’intérêt de l’Internationale, si elle a vraiment à cœur les intérêts de la région, de perdre cette opportunité d’agir vigoureusement dans l’intérêt de la stabilité politique en Haïti ?








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