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Thèmes de l’Emission de la semaine - Par : Robert Benodin

dimanche 13 juin 2010 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 11 juin, 2010

Actualités Politiques : Grandes Lignes

La conférence en République Dominicaine réunissant les donateurs internationaux pour la reconstruction d’Haïti, a-t-elle résolu ou mis en exergue une situation beaucoup plus grave ? Certes, on a désigné et installé les Haïtiens membres de la CIRH. Alors que des donateurs internationaux sont venus pour réitérer leurs engagements, mais n’ont ni désigné, ni installé ceux qui devront représenter leurs intérêts. Qui détient les courroies de la bourse ? Peut-on dire que la CIRH est fonctionnelle, comme elle a été conçue et qu’elle devrait fonctionner ? Est-elle capable aujourd’hui de se réunir pour prendre des décisions ?

L’absence de confiance de la part des donateurs internationaux envers le gouvernement de Préval, ne date pas d’hier. Tout au début de son second mandat, à la première conférence des bailleurs de fonds le 26 juillet 2006, 750 millions de dollars US avaient été promis. Qu’a-t-on versé ? Le Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et pour la Réduction de la Pauvreté n’était-elle pas accompagné d’une requête de 4 milliards de dollars US ? Qu’a-t-on reçu ? Cependant l’offre qui a failli se matérialiser, date du gouvernement intérimaire. Malheureusement, nos braves technocrates ont admis ne pas pouvoir créer de projets pouvant absorber les 1.3 milliards de dollars US offerts par la Banque Mondiale. Si l’offre à un gouvernement intérimaire, ne s’est pas matérialisée, faute de capacité d’absorbation admise par le gouvernement lui-même. Qu’en est-il des promesses faites à un gouvernement constitutionnel, qui n’a jamais fait de tels aveux d’incapacité, mais cependant n’a rien reçu ? A-t-on besoin d’être grand clerc pour interpréter ce fait ? Il est évident que la réticence ne soit pas envers le type de gouvernement, mais envers le régime ! Entre un gouvernement intérimaire et un gouvernement constitutionnel, lequel des deux est sensé avoir plus de légitimité politique, offrant plus de garantie ? Il faut aussi se rappeler qu’en février 2006 ceux sont les Sud-américains qui ont forcé le retour au statu quo ante, avec Préval !

Alors que Préval quémandait des fonds pour combler le déficit budgétaire, Leonel Fernandez lui a fait savoir, que mis à part une certaine sympathie venant des pays sud-américains, les autres pays donneurs d’aide, ont une absence totale de confiance envers lui. C’est ce qui explique le fait que l’on soit venu réitérer les engagements, sans installer les représentants des intérêts étrangers à la conférence. Ce qui est sous-entendu, mais qui est fondamentalement la cause de l’absence de confiance, c’est la corruption.

Cela va de soit. Tranparency International, qui dresse la liste des pays les plus corrompus du monde, puise ses informations à partir des données que lui fournisse la Banque Mondiale. La Banque Mondiale n’est-elle pas en charge de la gestion des finances pour la reconstruction d’Haïti ? Ce serait absolument illogique que la Banque Mondiale, qui fournit ces informations à Transparency International, n’ait pas foi dans la liste qui émane de ses propres données. Pourrait-elle de bonne foi recommander que ses clients aient confiance en Préval ? Quand Préval est venu dernièrement aux Etats-Unis, l’un des plus importants organes de presse de la capitale des Etats-Unis, le Washington Post, n’a-t-il pas accusé publiquement son gouvernement d’être parmi les plus corrompus du monde, en sa présence ?

Si les donateurs internationaux montrent ostensiblement et sans équivoque autant de réticence envers le gouvernement de Préval, au point de ne pas vouloir désigner leurs représentants au sein du CIRH. Cette absence totale de confiance, ne constitue-t-elle pas, dans cette conjoncture, un empêchement sévère à la matérialisation des projets de reconstruction ?

Il n’y a pas que les donneurs d’aide à se formaliser. Le peuple haïtien, après ce que Préval a offert comme scandales, fraudes et irrégularités aux élections d’avril 1997 à juin 2009, a perdu absolument toute confiance dans sa capacité de faire des élections démocratiques, libres, honnêtes et crédibles offrant les possibilités d’alternance démocratique. De plus, Préval a commis une ignominie impardonnable en introduisant des criminels notoires au sein du Sénat. Pire dans cette atmosphère de fin de règne et de fraude électorales, Préval, en un tour de main, a fait décréter l’état d’urgence pour 18 mois, s’est octroyé les pleins pouvoirs et prolongé son mandat présidentiel au-delà du 7 février 2011. Est-il insensé de craindre, que si le 14 mai 2011, il n’y a pas d’élection, que Préval puisse être tenté de prolonger son mandat pour la balance des 18 mois de l’état d’urgence ? Autant de possibilité qui n’inspire aucune confiance, ni au peuple haïtien, ni à la Banque Mondiale, ni aux donateurs internationaux. Jupiter rend fou ce qu’il veut perdre !

Se basant sur le calendrier constitutionnel, Edmond Mulet a annoncé, avant le CEP et Préval lui-même, des élections pour le 28 novembre 2010. Alors que l’internationale prend toutes sortes de précautions pour éviter toutes apparences qu’Haïti soit sous un régime de tutelle, Edmond Mulet s’y adonne à cœur joie. Ex-parlementaire du Guatemala, ne pensez-vous pas qu’il sait, que la déclaration d’élection, soit un acte de souveraineté ? Dans cette cacophonie, quelle est donc sa partition, la continuité ou la rupture ? Compte tenu de la réticence manifeste des donneurs internationaux envers Préval, est-ce qu’Edmond Mulet, officier de haut rang des Nations-Unies, peut jouer à contre-courant, en faveur de la continuité que préconise Préval et son équipe ? Voilà le hic !

Mis à part la question de confiance qui est néanmoins cruciale tant pour le peuple haïtien que pour les donateurs internationaux. Au lendemain du 12 janvier, Préval et son équipe, en tant que gouvernants, n’ont-ils pas donné à la face du monde une preuve monumentale et spectaculaire d’absence totale de sens de responsabilité envers un pays et une nation en détresse ? Les journalistes de la CNN n’ont pas cessé de réitérer la question : « Où sont les gouvernants ? Où sont les responsables en Haïti ? » Quand finalement Préval a été surpris à l’aéroport par le Dr. Sanjay Gupta de la CNN, il n’a débité que des lamentations, voulant convaincre les Haïtiens et le reste du monde, qu’il soit lui-même un sinistré. Qu’il ait perdu son palais et sa maison. Pas un mot pour montrer qu’il soit prêt, dans ces circonstances désastreuses, à prendre, comme il se doit, le pays en charge en tant que chef d’état responsable. Préval et son équipe ne se sont-ils pas abstenus de participer à la distribution d’aides humanitaires ? Mais quand arrivent les grosses sommes, pour la reconstruction, ils sont tous prêts à s’imposer, à réclamer, à faire valoir leur sens de responsabilité envers les intérêts haïtiens, pour exiger un partenariat égal au sein de la CIRH. Et même obtenir la coprésidence et le droit de veto. Avant le 12 janvier, cette équipe n’a, à aucun moment au cours de son mandat, tenté de résoudre aucune des crises qui ont frappé la nation haïtienne. Son laxisme est proverbial. La possession, l’exercice et le maintien du pouvoir voilà ce qui manifestement intéressent et préoccupent Préval et son équipe.

Si dans les faits la présence de Préval et de son équipe constitue un élément de blocage qui empêche au peuple haïtien d’exprimer sa volonté politique aux élections, faute de confiance. Si les donateurs internationaux réitèrent leurs engagements, mais refusent, faute de confiance, d’envoyer leurs représentants à la CIRH. Si la participation des citoyens aux élections est cruciale pour la stabilité politique du pays. Si la participation des donateurs à la CIRH est cruciale pour la matérialisation des projets de reconstruction. Peut-on permettre à Préval et à son équipe de continuer à tenir un pays et une nation en détresse en otage ? Si, dans le cas de destruction totale et de détresse extrême, on ne peut pas exiger aux donateurs internationaux d’investir leur argent sous un régime à cause de sa corruption. Peut-on réciproquement exiger à un peuple qui pendant 12 ans a été constamment victime de fraudes électorales perpétrées continuellement par un chef d’état, de participer à des élections sous la houlette de ce même chef d’état ? Believe or not, la fraude électorale est aussi de la corruption !








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