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Thèmes de l’Emission de la semaine

dimanche 7 mars 2010 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 5 mars, 2010

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Les secousses sismiques au Chili du 27 février 2010 à 3 heures du matin, ont atteint une magnitude de 8.8. Elles ont causé des dégâts matériels substantiels, mais moins de 800 morts. Alors que celles d’Haïti du 12 janvier 2010 à 5 heures de l’après-midi, était d’une magnitude de 7.7. On a eu plus de dégâts matériels, 222.500 morts, 300.000 blessés et 1.2 million de sans-abri. Vous vous imaginez que si celles d’Haïti avaient eu lieu, comme au Chili, à 3 heures du matin. On aurait certes les mêmes dégâts matériels. Mais le nombre de morts et de blessés aurait quintuplé sous les décombres.

Il n’y a pas que cela comme critère de comparaison. Après la catastrophe au Chili, le comportement des gouvernants chiliens, met en exergue leur réflexe de femmes et d’hommes d’état. Ils ont immédiatement assumé leurs responsabilités. Le chef d’état chilien, Michelle Bachelet, a inventorié les dégâts et fait, le même jour, des déclarations à la nation chilienne pour la rassurer. Les institutions de défenses civiles et militaires ont assumé immédiatement leurs responsabilités. Alors qu’en Haïti, les journalistes de la CNN et des autres chaînes de télévision n’ont pas cessé de réitérer pendant plus de 8 jours la même question : « Où sont les dirigeants de ce pays ? » N’étions-nous pas en doit d’espérer mieux de nos gouvernants, même dans le cas d’Etat en faillite ?

A l’occasion d’une rencontre entre Préval, Bellerive et le chef d’état-major interarmées des Etats-Unis, l’amiral Mike Mullen, ils ont discuté des défis auxquels est exposé le gouvernement haïtien et de la situation des familles sinistrées. Au moment de la rencontre avec les journalistes, Préval s’est formalisé des accusations de corruption portées contre son gouvernement. Préval a interrompu son entretien avec l’amiral Mike Mullen pour s’en prendre aux journalistes américains. Enervé et visiblement blessé, il leur aurait fait savoir, sans mâcher ses mots, que leurs accusations de corruption ne sont pas fondées. Et a déduit : « Si le gouvernement parle ouvertement de la corruption, c’est parce que nous avons un sens élevé de la moralité » (sic). La vérité seule blesse, dit-on ?

Mis à part les accusations des journalistes dont se plaint Préval, demandez donc aux Haïtiens leur opinion du gouvernement Préval/Bellerive. Et aussi de ce qu’ils pensent de l’argument offert par Préval. Vous verrez que l’opinion des Haïtiens, ira au-delà de la corruption, pour faire état d’une absence totale de confiance, d’un constat d’incapacité sans précédent, d’insouciance hors-pair et d’incompétence intolérable. L’état exécrable du pays avant le cataclysme, était déjà une catastrophe. Il est devenu le plus pauvre de l’hémisphère et classé parmi les 4 pays les plus corrompus du monde. Haïti perle des Antilles, se trouve maintenant dans le quart-monde. Elle est le seul pays de cet hémisphère réduit au niveau des PMA, avant le cataclysme ! Ce cataclysme est venu empirer une situation déjà très précaire.

Trois jours après la visite de Lula en Haïti, le quotidien O Estado de Sao Paulo dans son numéro du dimanche rapporte les frustrations et les critiques des hauts gradés de l’armée brésilienne face à l’indécision de l’administration Préval. Le gouvernement haïtien est en train de faire du dilatoire à-propos de la construction d’une centrale hydro-électrique que le Brésil s’est engagé à financer par le biais d’un crédit obtenu de la Banque nationale de développement économique et social (BNDES). Préval est en train de faire semblant de vaciller entre, construire la centrale hydro-électrique ou faire l’acquisition de génératrices thermoélectriques. Alors que pour Préval, la question n’est tout simplement qu’une affaire d’intérêt personnel et non d’Etat.

Selon le général José Rosalvo Leitao, responsable de l’institut d’ingénierie des Forces armées brésiliennes : « Le silence de Préval est en train de coûter cher au Brésil qui maintient des équipes mobilisées en fonction de la réalisation de ce projet ». Pour faire semblant d’être pris entre deux feux. Lors du passage de Lula en Haïti, Préval a pris pour prétexte l’hostilité des paysans au projet dont le site sera établi dans la zone de Mirebalais. Alors que c’est lui qui les incite à la protestation. Lula a beaucoup insisté sur l’importance pour la relance de l’économie nationale d’un projet appelé à générer 30 mégawatts capables de répondre aux besoins de 600.000 habitants et à faciliter l’irrigation d’une superficie de plus de 300 hectares.

Alors, de quoi s’agit-il ? Est-il question de décisions qui concernent réellement les intérêts nationaux ? Ou s’agit-il d’intérêts personnels ?

- L’aide sud-américaine est de $300 millions USD.

- Le coût du barrage hydroélectrique étant de $200 millions plus les $100 millions d’aide budgétaire, équivalent au total de l’aide sud-américaine.

- L’exécution du projet sera confié exclusivement à des firmes brésiliennes.

- Les appels d’offre se feront au Brésil.

- Pas de manipulation d’appel d’offre pour Préval.

- Pas de sinécure, ni de contrat juteux pour le couple Préval et ses acolytes.

- L’aide sud-américain, n’offre au couple Préval aucun bénéfice.

- L’achat de génératrices thermoélectriques au contraire garantit certainement des commissions mielleux au couple Préval.

- L’achat de génératrices thermoélectriques sert aussi les intérêts d’un partenaire du couple Préval, Jean-Marie Vorbe.

- Considérant le coût de la construction du barrage hydroélectrique, de son fonctionnement, de son entretien et sa longévité, versus le coût de l’achat des génératrices thermoélectriques de même capacité, de leur fonctionnement, de leur entretien et leur longévité, quelle sera la décision la moins coûteuse pour Haïti ?

Voilà où se situe le conflit d’intérêt pour Préval ! Voilà ce qui sous-tend son indécision ! Voilà la cause de la frustration de Lula et des militaires brésiliens !

D’une part, l’incident avec ces journalistes étrangers, l’ayant pris de plein fouet, l’a mis brusquement face à l’opinion que se fait l’internationale de son gouvernement. D’autre part, le Brésil, le pays leader de la Minustah, manifestant publiquement la frustration de Lula et celle de ses militaires, fait sentir à Préval, la précarité de sa situation. Ces deux faits peuvent expliquer l’empressement, l’anxiété et le besoin insatiable d’argent qui pousse Préval à vouloir faire désespérément flèche de tout bois. Il n’est pas seulement hanté par le besoin de financer ses candidats à la députation et au Sénat. S’il ne reçoit pas le financement international, ce dont il n’est plus certain, il sera obligé de financer l’organisation des élections lui-même. S’il n’arrive pas à le faire, ses carottes seront cuites. La tenue des élections étant sa dernière chance, sa seule planche de salut pour retenir le pouvoir. Quant à la prorogation de son mandat et de ceux des législateurs, utilisant le cataclysme comme prétexte, cet argument ne tient pas debout, ni dans l’opinion publique, ni dans l’opinion internationale.

Des législateurs et particulièrement le président du Sénat, agitent déjà l’idée d’un gouvernement intérimaire pour remplacer Préval après le 7 février 20011. N’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter sérieusement quand ce sont ceux qui sont au pouvoir qui manifestent des velléités de gestion de la transition entre leur pouvoir et le prochain pouvoir ? En d’autres termes, il n’y aura pas de transition. Ils ne veulent en réalité qu’une gestion de la continuité prévalienne. Ils se préparent à vous donnez l’illusion du changement à laquelle vous aspirez.

Ce n’est pas par hasard que Jean-Max Bellerive paraît récupérer le cénacle de Montréal. Est-il invité à la réunion de Montréal ? Ou est-il avant tout un organisateur de cette réunion ? Jean-Max Bellerive, n’est-il pas l’auteur du (DSNCRP) présenté sous Jacques Edouard Alexis ? Ce noyau montréalais est au service de quoi et supporte qui ? Jean-Max Bellerive, capable de rédiger un plan de sauvetage national, comprend en tant que premier ministre d’un gouvernement qui souffre d’un grave problème de crédibilité, la nécessité d’évité une solution « intra-muros ». Conscient du besoin de rupture et de changement, nécessité conjoncturelle ; il lui faut à tout prix donner l’illusion d’être en train de tirer le vin nouveau de la nouvelle treille.

Les prévaliens ne sont-ils pas tentés de faire main mise sur la gestion de la transition, pour de fait gérer le maintien du pouvoir ? Quiconque gère cette transition, gère à la fois :

- Les élections d’où sortira le nouveau pouvoir.

- Le cénacle de réflexion sur la refondation de l’Etat.

- La promulgation de la nouvelle constitution articulant ce qui émanera des ces réflexions sur la refondation de l’Etat.

- L’implantation du nouveau régime qui, à ce carrefour, décidera du maintien du statu quo ou de la renaissance d’Haïti.

La capacité du gouvernement de transition d’influencer la nature et l’aiguillage du prochain régime qui gouvernera le pays est incommensurable ! Pour servir l’intérêt national, ce gouvernement de transition doit être totalement indépendant du pouvoir en place.

L’intervention du représentant du secrétaire général des Nations-Unies en Haïti, d’Edmond Mulet, qui réclame le respect du calendrier constitutionnel est louable et digne d’un ex-législateur qui réclame le maintien du respect sacro-saint de toute constitution. D’ailleurs la violation du calendrier constitutionnel n’a-t-elle pas toujours été la manœuvre préférentielle de Préval, pour brouiller les cartes et créer la confusion ? Cependant nous sommes à un carrefour, où choqué par le cataclysme du 12 janvier, la nation haïtienne veut interpréter ce phénomène naturel, aussi douloureux qu’il puisse être, comme une ponctuation spectaculaire qui doit lui permettre de rompre avec l’archaïsme du passé, sans rancune ou rancœur, pour relancer son pays vers la modernité. Il lui faut se ressaisir. Elle ressent le besoin de réflexion avec ses meilleures filles et ses meilleurs fils pour la refondation de son Etat. On ne peut pas, après ce qu’on a vécu avec Préval d’avril 1997 à juin 2009, se lancer naïvement à refaire les cartes à travers des élections frauduleuses, utilisant le même jeu de carte avec les mêmes joueurs, autour de la même table. Il nous faut des hommes neufs, pour forger ce monde nouveau dont nous rêvons tous.

La gestion de la catastrophe du 12 janvier 2010 par les responsables politiques du pays suscitant, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, de grandes interrogations quant à la capacité du gouvernement Préval/Bellerive à faire face aux défis de la conjoncture. Certes, les quatre pays tuteurs d’Haïti, les Etats-Unis, le Canada, la France, et le Brésil, ont déjà atteint leur seuil de tolérance envers ce gouvernement. Cependant, n’y a-t-il pas parmi ces pays qui, pour satisfaire des besoins de rivalité de tendance politique, mise précisément sur cette tendance, pour qu’elle continue à maintenir le pouvoir qu’elle détient depuis 1991, 20 ans ? Allons-nous leur permettre de réussir ? Allons-nous accepter à avaler cette couleuvre comme nous l’avions fait le 7 février 2006 ? Voilà le hic !

L’insistance de VIETTEL à vouloir s’acheter une TELECO en lambeau, crée des suspicions. Ce qui les renforce. C’est le fait que la compagnie vietnamienne de téléphone, VIETTEL, une compagnie gouvernementale vietnamienne, soit encore intéressée à acheter la TELECO dans cet état de délabrement. Attention, le Vietnam n’a-t-il pas été une ancienne colonie de la France ? Cette décision ne paraît-elle pas être une décision plutôt politique que d’affaire ? La reconstruction de l’infrastructure en Haïti étant jusqu’à présent aléatoire. Aucune évaluation technique de l’envergure des dommages subits par ses circuits n’ayant pas eu lieu. Ou bien le gouvernement vietnamien veut s’acheter la TELECO à un prix dérisoire qui lui permettra d’attendre patiemment l’inévitable. Ou il veut offrir des moyens à Préval pour sa gestion du maintien du pouvoir. Dans le dernier cas le Vietnam mise politiquement sur la tendance préférentielle de son ancien colon.








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