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Thèmes de l’Emission de la semaine

dimanche 28 février 2010 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 26 février, 2010

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Préval, dès le début de son second et dernier mandat présidentiel, obsédé par l’appas du pouvoir, préoccupé par les restrictions constitutionnelles, la gestion du maintien du pouvoir est devenu pour lui une fixation. Il s’attaque à la Constitution qui entrave ses ambitions. Il préconise son remplacement. La réaction au remplacement, l’oblige, à son corps défendant, à opter pour l’amendement. Il reprend du poile de la bête. Confisque les élections d’avril et de juin 2009. Introduit des criminels au Sénat. Se garantit une majorité de 2/3. Au milieu d’une confusion totale, au lieu d’une liste d’amendements commune, deux versions distinctes de liste d’amendements sont déclarées séparément par les deux chambres, le 14 septembre 2009. Selon les rumeurs il y a une troisième liste qui sera remise à la 49e législature pour adoption. Pour l’adoption certaine des amendements qu’il convoite, dans la même veine il prépare des élections législatives pour février et mars 2010. Le 2 janvier, il annonce les couleurs. Il fait un discours aux Gonaïves sur la continuité. Dix jours plus tard, c’est la catastrophe, les tremblements de terre du 12 janvier 2010. Adieu veau, vache, cochon, couvée ! Tout s’est effondré ! Le gouvernement aussi, avec tous ceux qui symbolisaient sa présence et son pouvoir.

Aujourd’hui, Préval veut-il nous convaincre du fait, qu’il ait acquis brusquement une nouvelle conscience. Qu’il se soucie soudainement du bien public et des intérêts nationaux ? Préval se plaint de l’effet négatif de l’abondance de l’aide humanitaire sur la production et le commerce haïtien. Alors qu’un grand nombre de sinistrés à Port-au-Prince et dans les villes de province affectés par le cataclysme, se plaignent de n’avoir presque rien reçu. Il impose des droits de douane sur l’aide humanitaire. Il les confisque, si on n’obtempère pas. Le gouvernement Préval/Bellerive par esprit de revanche contre le fait qu’on l’ait évité dans le processus de la distribution, il a recours à l’abus de pouvoir pour faire valoir sa pertinence. On n’a pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que, classifié parmi les 4 pays les plus corrompus du monde, que la communauté internationale n’allait pas prendre le risque de confier la distribution de l’aide humanitaire au gouvernement Préval/Bellerive. De fait, pendant un temps assez long, le gouvernement était resté dans un état léthargique, absolument inexistant.

Abasourdi désorienté et désarçonné par la violence des tremblements de terre du 12 janvier, ce gouvernement qui littéralement s’est effondré, a gardé le mutisme, a sombré dans l’inaction, est resté pendant longtemps dans une léthargie inquiétante. Au point où, par optimisme, la population avait cru que, vu l’énormité du désastre, la faiblesse et l’incapacité du gouvernement de faire face à l’ampleur de la tache à assumer, il allait naturellement se dissoudre et disparaître de l’avant-scène politique. La décence n’étant pas une de leurs vertus, Préval et Bellerive se sont accrochés au pouvoir, « Nous laide, min nous là ! »

N’ayant pas assumé le rôle qu’ils auraient dû en tant que gouvernants, au lendemain du cataclysme. Ils n’ont pas par décence indiquer, pour le bien-être et la protection de leurs concitoyens, les endroits où l’aide humanitaire aurait pu être équitablement distribuée. Le gouvernement a préféré bouder la distribution de l’aide humanitaire, parce qu’on ne lui en avait pas remis le contrôle. Cependant il continue obstinément à convoiter l’aide de la reconstruction parce que plus substantielle et plus monnayée.

Il était évident qu’au départ, la logistique pour la distribution de l’aide humanitaire qu’aurait dû offrir le gouvernement en mobilisant les moyens de transport, n’ait pas eu lieu. La distribution de l’aide par hélicoptère au beau milieu de Port-au-Prince en est la preuve. Cette distribution anarchique, inéquitable, a atteint naturellement la saturation dans certaines zones et la pénurie dans d’autres. Le taux de chaumage ayant dépassé les 70% avant le cataclysme. L’informel étant devenu la norme, un marché s’est naturellement développé entre ceux qui détiennent le surplus et ceux qui n’en ont pas.

La question est de savoir pourquoi Préval, qui a boudé la distribution de l’aide humanitaire dès le départ, prend maintenant la mouche et s’en plaint amèrement ? Le marché des comestibles en Haïti est dominé par qui ? D’où proviennent la majorité des produits comestibles que l’on consume en Haïti ? Il y a belle lurette depuis que la production agricole haïtienne s’est atrophiée sous la pression des produits importés et particulièrement ceux de la Dominicanie qui dominent le marché. Les plaintes et les lamentations de Préval, sont-elles en faveur de la production agricole haïtienne ou de celle de la Dominicanie ? Ses supporteurs, les importateurs de produits comestibles, et Leonel Fernandez sont-ils en train de lui tirer les oreilles ? Il est absolument évident que la présence de l’aide humanitaire affect en premier lieu l’importation des produits comestibles et la production dominicaine qui ne peut plus exporter à satiété vers Haïti. Dans le rapport publié par EMMA sur le commerce du riz, il s’agit d’une baisse substantielle de l’importation de ce produit. Préval prête-t-il trop l’oreille aux plaintes des importateurs de riz et de Leonel Fernandez et pas assez aux complaintes d’une population qui crève de faim et qui est à bout de souffle et aux abois ?

Si Préval et Bellerive croient au discours de Sarkozy qui préconise, « la gestion de la reconstruction d’Haïti revient aux Haïtiens. » Ne devraient-ils pas se demander, pourquoi Sarkozy ne leur a pas remis en main les 70 millions d’euros qu’il a promis de rembourser à Leonel Fernandez pour ses dépenses en faveur d’Haïti ? N’y a-t-il pas là une différence entre le dire et le faire (la démagogie) ? Le dévouement et l’enthousiasme qui transpirent dans les réactions émotionnelles de Lula, ne peuvent pas être interpréter pour de la naïveté. Les Etats-Unis, le Canada, la France et le Brésil, qui ont distribué l’aide humanitaire aux sinistrés lors des 4 cyclones d’automne 2008, ne sont-ils pas venus chacun avec leurs navires et ont distribué l’aide eux-mêmes ? Personne n’est dupe. On sait à qui on a affaire. La solidarité altermondialiste n’est pas aveugle. Certes, le Brésil pays leader de la Minustah qui convoite un siège permanent au conseil de sécurité des Nations-Unies, a intérêt à venir en aide à Haïti. Cependant, depuis mardi dernier, à la réunion de Cancun Mexique, on a proposé, la formation d’un nouveau bloc régional comme alternative à l’OEA qui exclut les Etats-Unis et le Canada. Préval à cette réunion a demandé que la contribution sud-américaine passe par son gouvernement. D’une part, il y a-t-il pour le Brésil un intérêt et un besoin politique immédiat assez substantiel qui le forcent à remettre au gouvernement Préval/Bellerive, l’aide offerte par ce nouveau bloc en gestation ? D’autre part, le Brésil, vu ses ambitions politiques onusiennes, se conformera-t-il au projet de gestion d’aide à Haïti par Bill Clinton ? Ou préférera-t-il gérer directement sur le territoire d’Haïti l’aide des Sud-américains, parallèlement aux fonds onusiens ? Il est important de remarquer que le coût du barrage hydroélectrique que des techniciens brésiliens viendront construire sur l’Artibonite, correspond exactement au montant de l’offre sud-américain ! Le stigmate de la corruption affecte le gouvernement Préval/Bellerive, beaucoup plus qu’il ne le pense, même dans les milieux qui auraient dû lui être favorable !

D’ailleurs, pour un projet de reconstruction qui requière la stabilité et dont la durée est estimée en termes de décades, a-t-on intérêt à s’engager sérieusement avec un gouvernement anarchopopuliste impopulaire, maintenu artificiellement au pouvoir par la Minustah, en train de battre de l’aile, et dont le mandat constitutionnel se termine en moins d’un an, le 7 février 2011 ? Ce gouvernement peut-il offrir quelque chose de solide sur quoi construire l’avenir ? La stratégie de Préval qui est de donner à l’étranger tout ce qu’il demande, ne revêt plus aujourd’hui aucun cachet spécial, unique. On a déjà reçu de Préval tous ce qu’il pouvait offrir. On n’a pas besoin d’être grand devin pour savoir, qu’au lendemain de ce cataclysme qui a tout détruit, la collaboration devenant un passage obligé pour tout gouvernement peu importe sa tendance ; Il y aura-t-il un gouvernement qui voudra, ou pourra jouer au « hard to get » ?

Alors que Préval ait non-seulement admis, mais déclaré publiquement, qu’il soit impossible de faire des élections cette année, vu l’état des lieux après le désastre. Il s’est cependant empressé subrepticement de se trouver un local à Pétion-ville et a déjà invité tous les secteurs de la société à venir s’asseoir avec son CEP pour établir un calendrier électoral. La question est de savoir, à quand ces élections ? Si de fait il est admis par tous, inclus Préval, qu’il soit impossibles, vu l’état des lieux après ce cataclysme, d’organiser des élections en 2010, Préval pense-t-il pouvoir retenir le pouvoir au-delà de la fin de son mandat présidentiel, le 7 février 2011 ? Escompte-t-il une prorogation de son mandat présidentiel ? Qui va la lui accorder ? Va-t-il se l’octroyer, lui-même ? Malgré le constat de l’impossibilité des élections cette année, Préval est obstinément en train de se préparer avec son CEP à forcer avant la fin de cette année des élections bidons du type qu’il a imposé à la nation haïtienne d’avril 1997 à juin 2009 ?

L’unique levier politique utilisé par Préval depuis avril 1997 jusqu’à juin 2009 pour gérer le maintien du pouvoir, n’a été que la fraude électorale. La communauté internationale acceptera-t-elle à le laisser faire une fois de plus, au seuil de la mise en branle simultanée de projets aussi importants que les réflexions sur la refondation de l’Etat, la reconstruction physique de la capitale et la relance économique d’Haïti ? Qu’est-ce que ce gouvernement impopulaire, avec un stigmate de corrupteur et de corrompu, qui à la fin d’un mandat exécrable, a perdu totalement la confiance et le respect du peuple haïtien et de l’internationale, que peut-il offrir de mieux, qu’un gouvernement neuf, fraîchement élu avec une légitimité politique établie et un dossier impeccable ? Attention, persister à se complaire dans le traditionnel « the devil I know » ne sera-t-il pas une erreur capitale dans cette conjoncture où la réinvention d’une nouvelle Haïti est un impératif ?

Ayant obtenu des législateurs une prolongation de l’état d’urgence, Préval est en train d’amasser une fortune colossale, en plus du support pécuniaire des narcotrafiquants, pour le financement de la campagne électorale des candidats de son cartel, Unité. Il y a-t-il une combine de larron en foire qui se fomente entre le parlement et la présidence pour une prorogation générale des mandats de tous les postes électifs, eu égard à l’état d’urgence qu’ils viennent de prolonger ? La prorogation des mandats est absolument inconstitutionnelle, voire les articles 111.8 et 134.3 de la Constitution ! S’il y a un chemin qui amènera inéluctablement à l’éclatement, ce sera bien celui-là ! Attention, la constitution n’offre pas non-plus à un président la prérogative de se désigner une ou un successeur, soit par décret ou par élections frauduleuses !








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