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Thèmes de l’Emission de la semaine

samedi 16 janvier 2010 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 15 janvier, 2010

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Au seuil de cette année électorale, où la nation haïtienne craignait une catastrophe, l’amendement de la constitution de 1987, son rempart contre le retour au pouvoir à vie. Elle s’est trouvée malheureusement en proie à une nouvelle calamité. Vu le poids énorme des pertes de vies et de biens, on est obligé de se demander, qu’est-ce que ce peuple, à bout de souffle et aux abois, éreinté par la faim et la misère absolue, pourra encore endurer avant de sortir de ses gonds ? Ou peut-on, eu égard à l’énormité des dégâts, sans vouloir abonder dans l’animisme, dire à partir des faits patents, que l’on est enfin en face d’un signe des temps, où les forces de la nature ont ponctué avec fracas, la fin d’un passé lourd de conséquence qui a trop duré et le commencement d’une ère nouvelle que l’on a trop longtemps espéré ? Les dommages subis par les édifices publics qui abritent les 3 pouvoirs et nos institutions, sont irréparables. Leur reconstruction est devenue un impératif. Il en est de même pour les institutions elles-mêmes qu’ils abritent. Elles doivent être rétablies sur de nouvelles bases et consolidées sous un nouveau régime. En d’autres termes, on ne peut plus refaire ce même jeu de cartes. On l’a fait pendant plus d’un demi-siècle. Et on est sorti constamment bredouille de ce jeu de dupe, avec 4 As en main, François, Jean-Claude, Aristide et Préval. On doit mettre fin à ce jeu de dupe, et se lever résolument de cette maudite table. Il nous faut étancher notre soif de progrès et de liberté à de nouvelles sources. Tirer le vin nouveau de la nouvelle treille. Amener le pays dans une nouvelle direction. Emanciper le pays du populisme. Rejeter la démagogie, l’incompétence et la corruption.

Ce spectacle épouvantable, incommensurable de pertes sans précédant de vies et de biens, causées par cette calamité, nous oblige à prendre une pause et à entrer en nous-mêmes à la recherche de compréhension, de réponses et d’interprétations :

- Est-ce seulement la coïncidence d’un phénomène cyclique naturel ?

- Pourquoi est-elle arrivée maintenant à cette croisée de chemin ?

- Est-ce un signe des temps ?

- Ne coïncide-t-il pas ponctuellement avec un moment historique de fin de règne, géré comme un retour au statu quo ante, le pouvoir à vie ?

- Cette coïncidence est-elle pour prévenir ou pour faire prévaloir ce retour ?

- Doit-on la perçoir, comme le signe de la fin d’une époque ou de sa continuité comme le prétend Préval ?

Autant de questions auxquelles il nous faudra individuellement réfléchir !

Considérant l’état des lieux, il est évident que le coût de la reconstruction des infrastructures et des édifices publics, dépasse de mille coudées les capacités du trésor public. Pour une question d’efficience, il est aussi plus qu’évident qu’il soit de l’intérêt de la communauté internationale d’assumer collectivement le coût et la gestion des travaux de reconstruction.

Jusqu’à présent, on n’a pas encore un comité haïtien de crise. Ce sont les journalistes qui coordonnent par la voie des ondes. L’absence du gouvernement est manifeste. Le gouvernement a perdu le contrôle des événements. Il n’y a aucune consigne, aucune tentative de prise en charge de la part du gouvernement. Les gouvernants sont-ils conscients de leur responsabilité et du tort qu’ils causent par leur absence ?

N’ayant pas gouverné, mais gérant seulement que le maintien du pouvoir au cours de son deuxième et dernier mandat, qu’en est-il des fixations de Préval, après cette catastrophe ? La nature ayant horreur du vide, dans l’absence d’une prise en charge par le gouvernement, qui va assumer la gouvernance ? Pour le moment ce qui apparaît, c’est la communauté internationale qui distribue l’aide et fait le sauvetage, qui aura par défaut le contrôle de la gestion de la crise. Déjà les Etats-Unis après avoir délivré dans l’immédiat plus de 50 millions de dollars d’aide, constatant le chaos causé par le vide gouvernemental, se voient obliger de dépêcher 10.000 hommes de troupes en Haïti, pour une prise en charge de la situation. L’armée américaine a le contrôle de l’aéroport depuis vendredi après-midi. Et dans le cadre de cette prise en charge, enfin le président Barak Obama accorde le TPS (Temporary Protected Status) aux immigrants haïtiens. Pour rabattre le caquet aux critiques de la droite, Obama demande à l’ex-président Bush de rejoindre l’ex-président Clinton dans l’opération de sauvetage d’Haïti.

Indubitablement face à cette calamité, Préval le grand calculateur politique, a perdu les pédales. S’il a un comité de crise, que fait-il depuis mardi ? Que coordonne-t-il ? L’impatience devient de plus en plus manifeste. Ne pouvant plus résister à la faim et à la soif, il y a eu des tentatives, sans manipulation aucune, de pillage spontané de dépôts de nourriture. Le Pénitencier National s’étant effondré, des criminels se sont échappés. Cette période de confusion et d’absence d’autorité de l’état, fait leurs affaires. Peu soucieux du déboire national et prenant avantage de la vulnérabilité collective, ils vont s’adonner à cœur joie. Que font la police et la Minustah qui ont leurs dossiers, pas pour résoudre, mais au moins atténuer ce danger ?

Cette calamité aussi douloureuse qu’elle puisse être, c’est d’elle que viendra forcément la renaissance d’une Haïti nouvelle. Voilà de fait la dialectique du moment ! Elle ne pourra renaître de ses cendres, que si elle en émerge et en sorte pour de bon. Elle doit accepter et comprendre que ce processus douloureux de renaissance qu’elle est en train d’endurer, l’oblige, si elle veut reprendre sa place dans la grande famille des nations en voie de développement, de faire peau neuve. Se moderniser, la condition sine qua non. Dans cette situation manichéenne, elle ne peut pas à la fois maintenir le statu quo et aller de l’avant. Elle doit abandonner tous ceux qui ont ostensiblement et sans équivoque contribué la déliquescence institutionnelle, la faillite de l’Etat et la perte de son autonomie. En d’autres termes, elle doit faire elle-même l’effort d’émancipation de l’envoûtement de la démagogie creuse du populisme. Elle doit apprendre à distinguer et à séparer le bon grain de l’ivraie. Elle doit enfin, après un demi-siècle de tâtonnement, se rendre compte que le populisme n’est autre que le cannibalisme de la Démocratie. Elle doit comprendre que les populistes ont intérêt à maintenir son ignorance pour l’exploiter ! Le populisme ne fait qu’articuler les revendications, sans vouloir les résoudre, craignant de perdre sa clientèle ! Le populisme exploite les ressentiments, précisément pour maintenir la mobilisation constante ! Le populisme est contre le système méritoire, parce qu’il veut faire croire que le népotisme de la médiocrité, est l’équivalent de l’égalité de chance ! Le populisme veut que l’on vie et fonctionne au niveau du plus petit commun dénominateur, parce qu’il veut imposer le nivellement par le bas !

La nation haïtienne doit se rendre à l’évidence, qu’il ne s’agit pas de réparer les dégâts, mais de profiter du désastre pour reconstruire un autre pays, avec la nuance, qu’il faut des hommes neufs pour forger un monde nouveau !








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