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Thèmes de l’Emission de la semaine

dimanche 7 décembre 2008 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine - Par : Robert Benodin,

Orlando le 5 décembre, 2008

Actualités Politiques : Grandes Lignes

A condition que l’on suit à la lettre les prescrits de la Constitution de 1987, les prochaines élections présidentielles devront avoir lieu en novembre 2010. Et la passation de pouvoir le 7 février 2011, selon les articles 134.1, 134.2 et 134.3, qui se lit comme suit.

ARTICLE 134.1 :

La durée du mandat présidentiel est de cinq (5) ans. Cette période commence et se terminera le 7 février suivant la date des élections.

ARTICLE 134.2 :

Les élections présidentielles ont lieu le dernier dimanche de novembre de la cinquième année du mandat présidentiel.

ARTICLE 134.3 :

Le Président de la République ne peut bénéficier de prolongation de mandat. Il ne peut assumer un nouveau mandat, qu’après un intervalle de cinq (5) ans. En aucun cas, il ne peut briguer un troisième mandat.

Il reste donc à Préval deux longues années ! Une éternité pour ceux qui agonisent sous le poids de la faim, de la misère et de la pauvreté ! Une perspective très peu prometteuse pour une nation menacée par la famine, dans un Etat en faillite. Au cours de ces deux longues années, que peut-on vraiment espérer de Préval ? A la fin de son second et dernier mandat, on peut difficilement croire, à partir de ce que l’on constate dans les faits, qu’il soit conscient de ses obligations de chef d’état et qu’il soit capable d’assumer les taches que lui incombe ce rôle. Il fait des aveux publics d’incapacité. Fait paradoxalement du chantage pour solliciter de l’aide de la communauté internationale. Cherche à se disculper de ses responsabilités en lâchant : « Je ne peux pas faire de miracle ! » Qu’est-ce que le pays et la nation ont-ils à gagner à voir Préval végéter au pouvoir ?

Ce nouveau premier ministre qui pour certains, est une femme de tête, une lueur d’espoir, est en train de perdre rapidement de son lustre. Bientôt, elle aura bouclé ses cent premiers jours. Sa présence à la primature n’a eu jusqu’à présent aucun impact. Comme Préval, elle n’offre que des discours de lamentation, en lieu et place de solutions d’urgence qu’attend impatiemment le peuple. On a vraiment usé de patience à son endroit ! « Where is the beef ? » Depuis son avènement à la primature, 197 millions de dollars US empruntés du Petrocaribe, ont été dépensés dans le cadre de la crise post-cyclonique. Où sont les rapports énumérant, spécifiant et justifiant ces dépenses ? La loi sur l’état d’urgence, garantit-elle l’opacité de la gestion des deniers publics ? Les achats de matériels lourds, sans appel d’offre, générant des commissions gigantesques, se chiffrant dans l’ordre de plusieurs millions de dollars US, qui est en train de les gober ? Préval est-il en train de renflouer ses coffres pour les prochaines élections ? Ces 197 millions de dollars US du Petrocaribe constituent un prêt à intérêt pour 15 ans que la nation haïtienne devra payer. Ce n’est pas un don.

Les feuilles de route remises à chaque ministère, dans le cadre de la politique générale du premier ministre, ne pourront-elle pas servir de document d’évaluation de l’action gouvernementale ? Pourquoi ont-elles été présentées à huis clos au Parlement ? La nation haïtienne n’a-t-elle pas autant de droit de regard sur la façon dont ses deniers sont gérés, que ses représentants au parlement ? Est-ce un arrangement entre petits copains, pour un « casser feuille couvri ça » aux sons des cloches de bois ?

Nonobstant le laxisme, l’incompétence, le manque de sens de responsabilité, les aveux publics d’incapacité, les discours de lamentation en lieu et place de solutions d’urgence, toutes ces lacunes désastreuses et impitoyables, Préval s’est engagé avec un certain entêtement dans une gestion morbide du maintien du pouvoir, prêt à balayer tout ce qui est perçu comme obstacle à l’accomplissement de son troisième mandat. C’est une lubie. C’est une obsession, C’est de la déraison. Il est obsédé par l’omnipotence et la pérennisation de son pouvoir. N’ayant pas froid à l’œil, il est prêt à utiliser toutes sortes de manœuvres possibles et imaginables pour s’en assurer.

Les deux chefs d’état lavalassien ayant eu chacun, deux mandats non consécutifs, ont épuisé totalement ce que l’article 134.3 de la Constitution leur a permis collectivement, 20 ans de pouvoir lavalassien (1991 à 2011). A deux ans de la fin de son second et dernier mandat, Préval doit faire un choix. Est-il plus concerné par le maintien du pouvoir personnel, que par le maintien du régime au pouvoir ? En d’autres termes, préfère-t-il se succéder ou nommer un successeur ?

- Dans le cas de la succession, il s’agit pour lui de confisquer les élections pour garantir la victoire de son successeur.

- Si le choix est personnel, prolonger son option de pouvoir au-delà des restrictions de l’article 134.3, quelles sont les options ?

- Tenant compte de l’article 284.2 de la Constitution de 1987 qui s’énonce comme suit :

ARTICLE 284.2 :

L’amendement obtenu ne peut entrer en vigueur qu’après l’installation du prochain Président élu. En aucun cas, le Président sous le gouvernement de qui l’amendement a eu lieu ne peut bénéficier des avantages qui en découlent.

- Si au pouvoir, il fait amender l’article 134.3, dans l’immédiat ce sera à l’avantage d’Aristide, qui indubitablement sera tenter de garder la présidence à vie.

- Faisant face au même obstacle, Aristide et Préval vont-il faire cause commune pour le remplacement de la constitution ? S’ils réussissent, celui qui le premier exerce le troisième mandat, inévitablement, grade la présidence à vie.

Aristide n’étant pas au pouvoir, il peut être tenter de courir le risque du partenariat. Mais Préval qui est au pouvoir doit comprendre que ce partenariat devra se terminer inévitablement au profit de celui qui aura la plus grande capacité de violence. Préval peut-il courir ce risque ?

Conscients de cette interdiction de l’article 134.3, les aspirants leaders lavalassiens qui sont en train de naître à la réalité d’une vraie opportunité présidentielle, veulent saisir la possibilité d’alternance que leur offre la Constitution. Ils n’ont aucun intérêt ni dans l’amendement, ni dans le remplacement de la Constitution qui est leur seule planche de salut, leur seule option de pouvoir. Voilà comment se profile la topographie du terrain politique intra-lavalas.

Mais il est aussi à remarquer, que ce leadership lavalassien n’est ni univoque, ni monolithique. Certes, ces leaders lavalassiens sont les plus actifs politiquement sur le terrain. Ils sont en train de se mouvoir et de ce positionner, partout sur le territoire. En réalité, chacun est en train de tirer le drap de son coté, cherchant paradoxalement à obtenir la consécration d’Aristide au lieu de celle de Préval qui détient et exerce le pouvoir. Ayant failli dans tous ses efforts de récupération de la base lavalassienne, Préval n’a pas pu consolider son pouvoir au point d’être capable de forcer seul le remplacement de la Constitution de 1987. Face à l’impossibilité du remplacement de la constitution, se résignera-t-il à penser à un successeur ? Il n’est pas encore à ce stade. Alexis, venant juste de perdre la primature, où il a fait son beurre largement. Il est le plus riche et le plus puissant des aspirants à la présidence. Il garde encore dans ce gouvernement plus de ministres que l’actuel premier ministre. Le CPP, le bloc parlementaire à la chambre basse, est sous son contrôle.

Les OP armées qui se sont enrichies par le biais du kidnapping, de l’extorsion et surtout dans leurs relations étroites avec les barons de la drogue, ne dépendent plus du pouvoir politique exclusivement pour la main tendue, mais maintiennent toujours cette relation de mercenariat avec le pouvoir pour se garantir l’impunité. Les chefs d’OP fréquentent régulièrement les couloirs du palais. Grâce à Alix Fils-Aimé, Samba Boukman et Asad Volcy ont leurs bureaux au palais national. En tant que mercenaires, ces chefs d’OP, dans la course au pouvoir, vont faire valoir leur capacité de violence, pour maintenir leur pertinence politique, avec la nuance qu’ils seront prêts à s’offrir au plus offrant et dernier enchérisseur. Il ne faut pas sous-estimer, comme pour les dernières présidentielles, l’influence que l’argent de la drogue aura dans cette course.

Que fera la Minustah, face à cette prise en otage manifeste du processus qui octroie le pouvoir par les OP armées et les narcotrafiquants, pour empêcher la possibilité d’alternance démocratique, ce qui de fait est un handicap sévère à la stabilité et au développement du pays. ? Quel sera le comportement de la Minustah face à des élections frauduleuses organisées par le CEP sous la direction de l’Exécutif et sous la pression des ONG ? Est-ce que pour sauver l’image des Nations Unis, la Minustah continuera à endosser toutes les bévues du gouvernement de Prévale, jouer à la garde prétorienne, risquant de s’aliéner, toute la classe politique haïtienne, l’intelligentsia haïtien, plus important encore, le peuple haïtien profondément déçu de la gestion anarchique des affaires du pays et dont il paie les misérables conséquences ?

On a gaspillé plus d’un demi-siècle à patauger dans ce bourbier de violence populiste. On ne peut pas dans cette atmosphère de coupe-gorge, espérer des investissements de capitaux. Qui prendra ce risque ? Personne n’est dupe ! Cette violence est la cause primordiale de la pauvreté, de la corruption et du sous-développement. Tant que ces genres de régime continuent à confisquer le pouvoir, on ne sortira pas de l’auberge.

Sous le régime anarchopopuliste lavalasien on est passé du tiers-monde, au quart-monde, de pays en voie de développement, au pays moins avancé. Le 7 février 2009 lavalas aura bouclé 18 ans au pouvoir. Malgré le fait, que sous Clinton d’octobre 1994 à décembre 2000 le pays ait reçu 2 milliards 390 millions de dollars US ; je lance le défi à quiconque, peut trouver ou découvrir, aussi minime qu’elle puisse être, une période de prospérité lavalassienne. On a passé 18 ans à manger de la vache enragée. Avec une telle performance, que peut-on espérer des lavalassiens ? Pour des raisons à lui seul connu, Gérard Latortue qui avait l’opportunité de rompre avec ce régime anarchopopuliste, au lendemain du 29 février 2004, avait refusé de le faire. Cette fois-ci, il nous faut avoir le courage de rompre et de se battre du bec et des ongles pour sortir du bourbier.








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