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Thèmes de l’Emission de la semaine

dimanche 6 décembre 2009 par Robert Benodin

Orlando le 4 décembre, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Dans cette conjoncture de fin de règne, où l’opportunité devrait s’offrir par le biais d’élections démocratiques, libres, honnêtes et crédibles, offrant vraiment la possibilité d’alternance démocratique, qui pourrait permettre la rupture avec le populisme rétrograde, l’implantation d’un nouveau régime, l’instauration d’une nouvelle ère, de progrès social, de développement économique, de stabilité politique, de sécurité, prospérité et de bien-être réel. Réciproquement, on constate cependant avec stupéfaction, une ruée des organisations, des partis politiques et des candidats vers la plateforme de Préval, Unité, qui n’offre qu’un patrimoine exécrable de corruption, de fraude et d’incompétence. Une plateforme qui n’offre ni programme, ni vision, et qui par défaut ne préconise que le maintien du statu quo. Cette ruée, dans une atmosphère de fin de règne, n’est rien d’autre qu’un vrai paradoxe. Le binôme corruption-omnipotence présidentielle, dans un cadre de pauvreté absolue, constitue l’élément fondamental qui conditionne et explique le paradoxe de la formation de cette nouvelle plateforme autour de Préval comme pôle d’attraction.

Nonobstant ces explications, on est bien obligé de se poser des questions :

- Ces organisations, ces partis politiques et ces candidats sont-ils vraiment plus enclin à opter pour la certitude d’une sélection, qu’au risque du verdict des élections démocratiques, libres, honnêtes et crédibles ?

- Sont-ils vraiment plus enclin à la compromission avec un pouvoir, même dans un cadre de fin de règne, que de contempler d’autres horizons, d’autres voies, d’autres perspectives d’avenir ?

- Si théoriquement, le parlement représente collectivement l’ensemble de la mosaïque des intérêts majoritaires d’une nation ; Ce parlement issu de la sélection organisée par Préval et le Conseil Electoral Prévalien, quels intérêts représentera-t-il collectivement ?

- L’égocentrisme viscéral qui porte ces candidats à se ruer vers la plateforme prévalienne, plus soucieux de prérogatives personnelles que de représentation d’intérêts de leurs mandants ; L’absence totale de diversité au sein du parlement, contribuera-t-elle à la stabilité ou à la volatilité de la situation politique ?

- Ces candidats, ont-ils réfléchi aux conséquences néfastes du parlement monolithique duvaliérien de 1957 ?

Comment se fait-il que ce soit Leonel Fernandez, président de la Dominicanie, qui soit le proxy pour défendre les intérêts d’Haïti auprès du gouvernement français ? Préval est-il trop occupé, préoccupé, ou mieux obsédé à gérer des tâches beaucoup plus sérieuse, beaucoup plus importante, que les destinés de la nation haïtienne ? Est-il devenu finalement conscient de ses lacunes et de ses handicaps à pouvoir communiquer de manière cohérente et intelligente avec ses homologues ?

Pourquoi Leonel Fernandez ne se mêle-t-il pas seulement de ses oignons ? Si Préval peut soucieux des intérêts nationaux, autorise Leonel Fernandez à devenir son proxy auprès du gouvernement français ; La faute est à Préval qui a permis à Fernandez de commettre de telles incartades pour s’immiscer dans nos affaires, d’opiner publiquement sur le temps qu’Haïti devra rester sous la férule des 9 mille paires de bottes de la Minustah et sur la façon dont la Constitution devra être amendée. Il est d’ailleurs dans l’intérêt de Fernandez en temps que chef d’état de la Dominicanie, qu’Haïti ait comme dirigeants des incompétents du calibre de Préval, pour que notre pays devienne de plus en plus et le plus rapidement que possible un appendice de l’économie de son pays. Mais pire, Leonel Fernandez s’autorise de se prononcer et de faire des suggestions sur le type de régime politique qui doit gouverner Haïti !

Face aux déclarations de Leonel Fernandez, qui sont en train de prendre la nation haïtienne à rebrousse-poil, inquiété et perplexe, on se sent forcer de poser cette question : Préval placé en Haïti comme satrape de la Minustah depuis février 2006, n’est-il pas devenu aussi le satrape de Leonel Fernandez, gérant pour le compte de ce dernier, une province pauvre subordonnée à la Dominicanie ? L’ensemble des déclarations de Leonel Fernandez placé et interprété dans le contexte d’un suivi à une rencontre avec le président français, où Fernandez lui-même a été désigné comme proxy défendant les intérêts d’Haïti, en lieu et place de Préval, ne confirme-t-il pas le fait de cette relation de satrapie de manière incontestable ? Ce qui amplifie la perplexité de ces déclarations, est qu’il est impossible de déceler le bénéfice réel que Leonel Fernandez tire à les faire publiquement ! A moins qu’il veuille rendre public la transcendance dont il jouit sur Préval dans le cadre d’une éventuelle unification de l’île !

Après avoir vécu et souffert dans le désespoir le plus absolu, 30 ans d’expérience désastreuse d’un régime rétrograde, répressif et violent de présidence à vie, le peuple haïtien est-il prêt à laisser Préval satisfaire son obsession, de singer l’exemple de ses compadres latinos, Hugo Chavez, Evo Morales et Daniel Ortega, pour faire revivre au peuple haïtien ce cauchemar malgré lui ? Qu’est-ce que ces trois latinos offrent comme exemple de valeur qui vaille la peine d’être imité ?

- Malgré toute la fortune amassée par l’Etat Vénézuélien, dans les exploitations minières, pétrole et autres, faute de maintien et d’investissement dans le domaine de l’infrastructure, Hugo Chavez est forcé aujourd’hui d’imposer au peuple vénézuélien des mesures de rationnement en eau et en électricité !

- La découverte d’énormes gisements de lithium en Bolivie, au moment où la tendance mondiale est de diversifier les sources d’énergie dans différents domaines. Le lithium, à cause de son poids, est le produit par excellence dans la construction des batteries de grande capacité. Certes, ceci aurait dû être une opportunité extraordinaire pour le développement de l’économie Bolivie. Cependant, la nationalisation radicale des industries minières, a eu pour conséquence catastrophique, une absence totale de capitaux disponibles pour l’exploitation du lithium bolivien !

- Quant au Nicaragua de Daniel Ortega, il est aujourd’hui en compétition avec Haïti pour la classification de pays le plus pauvre de l’hémisphère !

La caractéristique commune à ces trois chefs d’état, Chavez, Morales et Ortega, est qu’ils donnent manifestement la prépondérance à la pérennisation de leur pouvoir au détriment du bien-être de leur nation ! Ils ne sont pas différents de Préval sur ce point. Ils se valent !

Préval et son Conseil Electoral Prévalien se préparent ouvertement à confisquer les prochaines élections pour se doter d’un parlement monolithique et adopter les amendements qui lui conviennent. Entre temps la communauté internationale accepte, en connaissance de cause et malgré tous les scandales, à investir une fois de plus 25 millions de dollars US pour financer les prochaines élections que Préval se propose ouvertement de confisquer. La Minustah, pour protéger l’investissement de la communauté internationale, va-t-elle se trouver une nouvelle fois dans la situation embarrassante où elle sera obligée de légitimer l’inacceptable, contre la volonté du peuple haïtien, comme elle vient de le faire en avril et en juin 2009, même après les dénonciations publiques du vice-président du Conseil Electoral Provisoire ?

L’état de délabrement et de faillite où se trouve Haïti jusqu’à présent, qui a justifié pendant 5 ans la présence de la Minustah, ces deux hommes, Préval et Aristide veulent ostensiblement le perpétuer. Avec la politique d’accompagnement de la Minustah, on a dégringolé au point où, c’est le président du pays voisin qui maintenant se mêle de nos affaires. Réciproquement, n’est-il pas absolument illogique que ceux qui ont causé et aggravé cette situation de faillite de l’état haïtien, soient ceux que la communauté internationale ait placé et maintenu au pouvoir pour gérer la récupération d’Haïti de cette faillite ? Si aveuglé à l’époque, par des intérêts altermondialistes, Koffi Annan et Juan Gabriel Valdés, jouant aux proconsuls en Haïti, allant à la recherche d’hommes et de solutions, ont imposé comme décision, le retour au statu quo ante, utilisant spécifiquement l’un des deux chefs d’état qui ont contribué indubitablement à cette faillite, Préval. Pourquoi face à cette décision manifestement erronée de la Minustah, la communauté internationale a-t-elle accepté sans aucune hésitation à compromettre les destinés de la nation haïtienne ? Le besoin de se doter d’un satrape, était-ce la seule priorité du moment ? Quelles sont donc la logique et les raisons qui justifient l’acquiescent à cette décision sordide de la Minustah ? Maintenant, qui paye les conséquences et qui en jouit ?








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