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Thèmes de l’Emission de la semaine

samedi 28 novembre 2009 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 27 novembre, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Obsédé par le maintien du pouvoir, Préval se lance tout azimut dans l’exécution d’une stratégie antinomique pour se doter d’une nouvelle plateforme politique pluraliste et autant que possible d’exclure par le biais de mesures draconiennes la compétition. Préval comme un éléphant dans un jeu de quille, fait des interventions musclées, utilisant la corruption et l’intimidation. Sans se soucier de leurs appartenances politiques, Préval veut enrégimenter individuellement tous les acteurs de l’appareil étatique, les autorités territoriales et les parlementaires. Il veut faire un recrutement à travers les partis politiques pour la formation de sa plateforme. Ceux qui résistent à ses avances sont soumis automatiquement à des manœuvres de démantèlement.

Le refus du Conseil National des Partis Politiques Haïtiens de désigner des représentants pour la formation inconstitutionnelle du CEP, a été circonvenu par l’acte crapuleux d’Osner Févri qui, à l’insu de ce Conseil dont il est le vice-président, a donné à Préval les deux noms qu’il désirait. La communauté internationale, malgré l’éclat de ce scandale, a jugé bon de légitimer ce CEP en entrant immédiatement dans un accord de 25 millions de dollars pour le financement des premières élections de 2010.

Face à la précipitation des petits partis pour se faire inscrire, la légitimation immédiate de ce CEP par la communauté internationale, pris de court par la traîtrise d’Osner Févri, ne pouvant plus résister à la formation inconstitutionnelle de ce CEP et craignant de perdre leur pertinence politique, les partis de renom ont dû emboîter le pas pour se faire inscrire. C’est effectivement le cadre dans lequel ces 69 organisations politiques se sont inscrites.

Pris de court par la déloyauté d’Osner Févri, les partis politiques ne cachent pas leur frustration, leur crainte, leur suspicion et leur intention de provoquer un chambardement, si Préval confisque à nouveau ces élections. On n’a pas besoin d’être grand clerc pour se rendre à l’évidence que ces partis politiques ayant le dos au mur, sont en train de jouer leurs dernières cartes. Ayant accepté à s’inscrire malgré eux pour aller aux élections avec ce CEP, ils vont miser le tout pour le tout dans un jeu dans lequel ils n’ont, aucune confiance, aucun contrôle, aucune garantie, mais seulement une option, la possibilité de se regrouper pour provoquer un chambardement au cas où Préval aurait, comme d’habitude, confisqué les élections. Préval, ne l’a-t-il pas répété pendant 12 ans sans interruption et encore pire récemment en présence et avec l’aide de la Minustah ?

Ce chambardement pour qu’il soit possible et efficace, il faut qu’il soit omniprésent et substantiel. Il faudra que ce chambardement atteigne une masse critique qui le rend irréversible. Si c’est après les élections que les partis se proposent de se regrouper pour réagir, Préval aura le encore le haut du pavé, soudoyant quelques leaders de parti pour leur faire rabattre le caquet. Cela va de soit que pour les partis, il est obligatoire que cet accord soit pré-électoral. Et qu’ils comprennent surtout, qu’il y va de leur pertinence et de leur existence !

En tant que Démocrate, je m’en voudrais de me réjouir, comme Jean Bertrand Aristide l’avait fait publiquement lors de l’exclusion du RDNP par Herta Pascal Trouillot évoquant la raison d’état. Je dirais pour commencer « Jupiter rend fou ceux qu’il veut perdre ! »

Le CEP a publié une liste de 53 organisations politiques autorisées à prendre part aux élections de février et mars 2010, rejetant ainsi 16 autres, dont les plus notoires, Fanmi Lavalas, PARASOL, LESPWA, PDCH, Union, Escanp et Konba. Selon les déclarations des membres du CEP ce rejet est sans appel, mais sans élucider les motifs. Pour le parti lafanmi lavalas on laisse croire que le motif serait l’authenticité du mandat. On est en train de se demander si ce motif ne serait pas plutôt un prétexte pour forcer Aristide à abandonner le leadership de son parti ? La désapprobation de la communauté internationale au sujet du rejet de lafanmi lavalas sera ignorée comme pour le cas de la destitution récente du premier ministre.

Clairement conscients et convaincus de la distinction entre, le discours de lamentation, l’acte et l’action politique et surtout de la différence de leur efficacité ; Que doivent faire les partis exclus pour revendiquer efficacement leur droit de participation ? Voilà le hic ! Mais attention, les partis exclus doivent comprendre que s’ils veulent s’engager résolument dans cette lutte ; Ils ne peuvent pas non plus se permettre de se présenter à ce combat de coqs avec un canard sous les bras !
Il faut aussi reconnaître que Préval n’a pas, comme c’est le cas pour les partis politiques, qu’une seule corde à son arc, qu’une seule option. Il peut, usant les résultats électoraux, répartir stratégiquement des postes électifs à certains partis capables d’être les instigateurs du chambardement, pour affaiblir et diviser la coalition, résorber la crise électorale, obtenir sans coup férir la majorité qu’il convoite dans les deux chambres et enfin adopter les amendements qui lui conviennent.

Il ne faut pas s’illusionner non plus, que Préval ne soit pas le seul à avoir intérêt à amender la Constitution. Aristide qui vient de mandater son parti, dont l’inscription a été rejetée sans appel, se retrouve définitivement dans ce projet d’amendement de la Constitution de 1987 qui a été autant pour lui que pour Préval, un carcan contre la confiscation à vie du pouvoir. Pour les duvalieriens n’en parlons pas.

Force est de constater et surtout de comprendre que, les clans populistes de tous poils, de droite et de gauche se retrouvent aisément dans cette logique d’amendement, sans aucune réserve. D’ailleurs, il y a des hommes politiques qui maintenant veulent se forger un leadership à partir du fusionnement de ces deux clans populistes. Certes, n’ayant ni idéologie, ni doctrine, et la différence entre eux se retrouvant exclusivement qu’au niveau du verbe, théoriquement ils devraient pouvoir se fusionner. Cependant leur propension à la violence et à la xénophobie, créant et entretenant des sentiments de haine et de méfiance mutuels, les possibilités de rapprochement et encore moins de fusionnement, semblent être difficilement réalisable.

Un autre point crucial, certes très litigieux, qui sans aucun doute n’est pas des moindres, mais qui réveille et pousse au paroxysme, la haine, l’envie, la méfiance et la suspicion chez les populistes de tous poils, est le fait que, les amendements abolissant la limite des deux mandats non consécutifs, portera celui qui le premier assume la présidence au lendemain de la mise en application de ces amendements à confisquer automatiquement le pouvoir à vie ! Ne sont-ce pas là peut-être, les vraies raisons, de l’inscription par Aristide maintenant et ensuite en réaction les vrais motifs du rejet par Préval de lafanmi lavalas ? « Chat kônin, rat kônin ! »

Les partis politiques veulent croire que la menace de chambardement à elle seule suffira pour contraindre Préval à faire des élections démocratiques, libres, honnêtes et crédibles. Alors que le monopole de la force de coercitions ne réside de fait et uniquement que dans les 9 mille paires de bottes de la Minustah ! Or jusqu’à présent la Minustah a collaboré et même devenu complice de fraude électorale en faveur de Préval qu’elle a replacé au pouvoir par le biais d’une violation constitutionnelle flagrante aux élections du 7 février 2006. De plus pour les dernières élections sénatoriales partielles, la Minustah n’a-t-elle pas réagi que par un acquiescement permissif et un satisfecit ? Peu importe l’angle sous lequel on veut percevoir, comprendre et situer Préval politiquement, il reste et demeure avant tout un produit incontestable de la Minustah, son satrape.

Quand la complicité de la Minustah dans la stratégie antinomique de Préval est plus que manifeste. Quelle garantie supposez-vous que l’intégration de la communauté internationale dans ce CEP, offre aux partis politiques et au peuple haïtien ? La présence de la communauté internationale au CEP, dans ce contexte, peut être plus encline à la légitimation des résultats frauduleux des élections qu’à la garantie de la qualité des élections et de leurs résultats. La communauté internationale consentira-t-elle à annuler ces élections et perdre ses 25 millions de dollars pour seulement faire valoir le respect de certains principes démocratiques en Haïti ? Pourquoi en juin de cette année, la Minustah n’a-telle pas forcé une annulation partielle du scrutin, comme l’ONU l’a fait en Afghanistan, après les dénonciations du vice-président du CEP ? Pourquoi n’a-t-elle pas accepté à financer le second tour en février 2006 et respecter les prescris constitutionnels ? Comment une pratique électorale belge a-t-elle pu supplanter les prescris de la loi-mère haïtienne ?

Certes, il y a des gens de bien et de bonne foi qui éprouvent une certaine quiétude d’esprit sachant que la communauté internationale n’acceptera pas un troisième mandat pour Préval. La question maintenant est de savoir, est-ce qu’on a un problème de personne ou de régime ? Il y a d’autres satrapes comme Préval, tapis dans l’ombre prêt à prendre la relève. On est en train de patauger dans le bourbier du populisme depuis 52 ans. On est devenu le pays le plus pauvre de l’hémisphère, à cause de cela ! Le peuple haïtien affamé est à bout de souffle et aux abois ! On est de plus classifié parmi les pays les plus corrompus du monde, pour la même raison ! L’enjeu ne peut être aujourd’hui que de rompre définitivement avec le populisme anachronique, pour embrasser la modernité et le développement durable. C’est ce besoin de rupture que Gérard Latortue n’a pas compris, n’a pas su assumer ou n’a pas voulu faire, de 2004 à 2006 ! Ayant choisi et accepté délibérément de jouer la partition que Juan Gabriel Valdés de la Minustah lui a assigné, il s’est attelé à remplir à la lettre et sans aucune réserve son rôle de 1er satrape. N’est-il pas maintenant réintégré après sa retraite, copieusement récompensé pour ses efforts et sa loyauté, avec des garanties de missions onusiennes prestigieuses ?

Vous conviendrez avec moi qu’à ce stade, que nous ne pouvons plus consentir à vivre dans les condition de dégradation de la réalité humiliante et inhumaine de la satrapie, exclus par la volonté du présent satrape du droit de participation aux élections, perdant ainsi tous droit et tout contrôle sur notre destin de peuple. Le malaise et la frustration qui s’emparent de la majorité des haïtiens, viennent du fait qu’ils se rendent compte que le gouvernement de Préval supporté par la Minustah uniquement concernée que par la stabilité militaire, ne se soucie guère de leur bien-être. Que l’opportunité d’alternance démocratique que les prochaines élections auraient dû leur offrir, pour changer de régime et améliorer leur sort, est déjà compromise par cette complicité manifeste entre le gouvernement de Préval et les occupants, qui veulent à tout prix imposer le maintien du statu quo. Que la permutation au pouvoir des satrapes de tous poils, ne saurait constituer une alternance démocratique, mais est effectivement une duperie pour le maintien délibéré du statu quo. Mise le dos au mur, laissée pour compte, appauvrie par le chômage, rongée par la misère, éreintée par l’analphabétisme, la maladie, la soif et la faim, sans aucun espoir d’un mieux-être, la nation haïtienne est obligée de se trouver par tous les moyens, un exutoire ! Alea jacta est !








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