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Thèmes de l’Emission de la semaine

samedi 21 novembre 2009 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 20 novembre, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Il est important de bien observer ce qui de manière contradictoire, est en train de se développer et d’émerger au fur et à mesure à l’avant-scène politique. Il faut autant que faire se peut, pouvoir discerner ce qu’il y a de concret et de distinguer dans les fait les apparences et la réalité. Il est évident que Préval n’y va pas de main morte. En violation flagrante de l’article 289 de la Constitution de 1987, Préval vient de se doter à nouveau d’un CEP servile, peut être aussi corrompu et veule que le précédent. D’ailleurs le dossier électoral de Préval de 1997 à nos jours, n’a offert aucun signe d’amélioration.

Le PNUD vient de signer un accord de 25 millions de dollars avec les dirigeants de ce CEP pour le financement des prochaines élections. C’est une consécration tacite de la légitimité d’un CEP formé en violation de l’article 289 de la Constitution. De plus la communauté internationale par le biais de l’OEA a fait savoir son intention d’intégrer ce CEP. Est-ce pour améliorer la qualité des élections ou pour seulement les légitimer ? Préval s’engage obstinément dans une campagne de corruption pour soudoyer sans exception le leadership de tous les secteurs de la société civile, et pour démanteler et fragmenter les partis et instruments politiques. Il exploite l’omnipotence de l’institution présidentielle comme pôle d’attraction, pour d’une part se rallier les acteurs de l’appareille étatique (autorités locales et parlementaires) sans égard pour leur appartenance politique et d’autre part s’allier des fragments de différents regroupements de la nébuleuse lavalassienne, particulièrement ceux des partis politiques des tendances dites socio-démocrates.

Après deux mandats présidentiels n’ayant jamais pu se doter d’un instrument, ni d’une base politique qui lui soient propres, Préval est astreint à se forger de toute pièce une plateforme politique hétéroclite et hétérogène pour gérer une stratégie antinomique de maintien du pouvoir dans un cadre de fin de règne, la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel. La réalité est que Préval chef d’état a pu s’attirer naturellement des collabos et des profiteurs, mais en tant qu’homme politique, il n’a jamais pu se faire des adeptes. Est-ce parce qu’il n’en a jamais voulu, ou parce qu’il n’en est pas capable ? Comment maintenant expliquer le fait que Préval ait pu accéder au pouvoir en deux fois et terminer ses deux mandats ? La traditionnelle politique de doublure ! Le fait est qu’il a toujours bénéficié de l’aide et de la protection d’autrui. Pour son premier mandat, ça a été l’aide et la protection d’Aristide qui tenait à le succéder. Pour son second mandat, celles de la Minustah, gérée par Juan Gabriel Valdès, qui voulait à tout prix retourner en 2006 le populisme au pouvoir en Haïti. Cette fois-ci dans le cas de cette gestion antinomique du traditionnel « après nous c’est nous », la communauté international face aux résultats manifestement désastreux de son dernier mandat et le dossier électoral scandaleux de Préval, aura-t-elle l’audace dont elle a fait preuve en février 2006, de devenir ostensiblement son complice pour une seconde fois dans l’exécution d’une telle stratégie contre les intérêts du peuple haïtien et la stabilisation du pays ?

Si témoin, ainsi que la nation haïtienne, du scandale des dernières élections dénoncé par le vice-président du CEP, la communauté internationale conclut qu’elle doit intégrer l’institution électorale, soit pour améliorer les apparences ou légitimer les résultats ; Comment se fait-il que les différents secteurs de la société civile et les partis politiques qui sont les premiers concernés, n’exigent-ils pas que la formation du CEP soit faite selon les prescrits de l’article 289 de la Constitution ?

L’enjeu, c’est l’amendement de la constitution, la tache initiale de la 49e législature. C’est précisément par le biais d’une législature monolithique que Préval se propose de gérer le maintien du pouvoir. La Constitution de 1987, qui a été pendant 22 ans notre rempart contre la confiscation à vie du pouvoir, sera jetée en pâture à la 49e législature et démantelée.

Un haut cadre de la Minustah à qui un ami inquiété par les récentes manœuvres de Préval, avait posé la question : Vous avez dénoncé et rejeté les fraudes d’Amid Karzaï en Afghanistan, allez-vous accepter ceux de Préval en Haïti ? Le haut cadre a répondu avec candeur : « C’est vrai :

- Que Préval est totalement corrompu et corrupteur ;

- Qu’il est incompétent, incapable de gouverner ;

- Qu’il n’est intéresser ni à comprendre, ni à résoudre l’ensemble des problèmes que confronte le pays ;

- Qu’il n’est ni soucieux, ni concerner par la menace d’un éclatement social ;

- Qu’il n’est concerné uniquement que par le maintien du pouvoir ;
- Cependant, il nous laisse les coudées franches et nous ne demandons pas mieux.

- Il renoue ponctuellement sans hésitation, ni exigence, notre mandat.
- Que pouvons-nous espérer de mieux ?

Dans la dynamique de cette relation entre la Minustah et Préval, la question est d’abord de savoir et surtout de comprendre vers quel type de régime a-t-on évolué ? Le pays est en train d’être géré par quoi ?

- Préval ne peut être ni un dictateur, ni un totalitaire, ni un sultaniste, même s’il le désir.

- Il est de fait le chef d’état d’un pays occupé.

- Il ne pas être responsable de son pouvoir.

- Il ne l’a pas conquis lui-même.

- Il a été placé au pouvoir par la volonté des autorités militaires de la force d’occupation.

- Il est maintenu au pouvoir, malgré toutes ses lacunes, les risques qu’il prend et les erreurs qu’il commet, par cette force d’occupation.

- Il n’a aucun intérêt dans la récupération de la souveraineté nationale.
- Il garantit indéfiniment la présence de cette force d’occupation.

- Il refuse obstinément de rétablir la composition constitutionnelle de la force publique.

Après les aveux candides de ce haut cadre de la Minustah, ce que nous constatons dans la réalité de la gouvernance prévalienne et cette politique d’accompagnement que préconise la Minustah depuis 5 ans, le pays, de manière imperceptible, a sombré pour se transformer graduellement en une satrapie. Il n’y a pas d’autre terme qui puisse décrire et établir avec précision la relation entre la Minustah et Préval, le rôle de chacun d’eux et la partition qu’ils jouent ensemble. Il ne faut pas avoir peur des mots. Il faut que nous nous rendions à l’évidence que Préval soit de fait un satrape. Il dirige pour le compte d’un pouvoir étranger un état souverain qui est transformé malgré lui en une satrapie. Voilà ce à quoi Haïti est réduite sous Préval ! Voilà à qui on a affaire ! Consentez-vous à vivre et demeurer les habitants d’une satrapie ou à assumer la responsabilité et la dignité de citoyens d’un pays souverain ?

C’est précisément ce que les élections qui viennent vont décider ! La 49e législature aura pour tache d’amender la Constitution de 1987 pour consolider cette satrapie et la pérennisée. Préval n’est pas seul à vouloir maintenir et pérenniser cette condition imposée de satrapie. Believe it or not. Devinez qui se trouve à longueur de journée au palais national en train de planifier le maintien de cette condition de satrapie avec Préval ? C’est bien Jacques Edouard Alexis et Max Bellerive ! Le régime prévalien et la Minustah se sont dotés de plus d’un satrape pour assumer la relève !

Quand les résultats des élections refléteront en vérité l’expression de la volonté générale, alors et alors seulement que les élections seront un acte de souveraineté. Autrement elles sont une vulgaire duperie ! Eviter le vide institutionnel est important. Cependant avoir des élections gérées par un CEP indépendant du pouvoir exécutif est fondamental. Les différents secteurs de la société civile et les partis politiques doivent exiger la mise en application de l’article 289 de la Constitution de 1987 qui se lit comme suit :

ARTICLE 289 :
En attendant l’établissement du Conseil Electoral Permanent prévu dans la Présente Constitution, le Conseil Electoral Provisoire de neuf (9) Membres, chargé de l’exécution et de l’élaboration de la Loi Electorale devant régir les prochaines élections et désigné de la façon suivante :

1) Un par l’Exécutif, non-fonctionnaire ;

2) Un par la Conférence Episcopale ;

3) *Un par le Conseil Consultatif ;
5) Un par les organismes de Défense des Droits Humains ne participant
pas aux compétitions électorales ;

6) Un par le Conseil de l’Université ;

7) Un par l’Association des Journalistes ;

8) Un par les Cultes Réformés ;

9) Un par le Conseil National des Coopératives.

*Le Conseil Consultatif n’existant plus, on peut le remplacer avantageusement par un représentant du Vodou, la religion la plus populaire, celle des masses.

Faire des élections démocratiques, libres, honnêtes et crédibles est fondamental à la stabilisation durable du pays et à la récupération durable de sa souveraineté.








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