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Thèmes de l’Emission de la semaine

dimanche 15 novembre 2009 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 13 novembre, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Du 7 février 1991 au 7 février 2011 on aura bientôt 20 ans de présence constante lavalassienne à l’avant-scène politique et aux plus hauts sommets de l’Etat. Les points communs qui caractérisent ces 2 présidents des quatre gouvernements du régime anarchopopuliste lavalassien sont :

- Une opposition farouche à la notion d’exécutif bicéphale ;

- Une imposition obstinée de l’omnipotence du pouvoir présidentiel traditionnel ;

- Une fixation obsessionnelle sur la confiscation permanente du pouvoir politique ;

- Un refus absolu d’établir un CEP permanent ;

- Une propension viscérale pour la fraude et la falsification des résultats électoraux ;

- Une absence totale de programme de gouvernement cohérent ;

- Un déclin constant de la croissance économique ;

- Un taux de chômage dépassant constamment les 70% ;

- Une augmentation constante de la misère ;

- Une négligence manifeste de la production nationale ;

- Une assuétude totale envers l’aide étrangère ;

- Une réticence acharnée contre la décentralisation ;

- Un abandon total de l’infrastructure ;

- Une imposition forcenée de l’internalisation de la peur ;

- Une imposition perverse du népotisme de la médiocrité comme l’équivalant de l’égalité de chance ;

- Une exploitation cynique de la pauvreté et de l’ignorance des masses ;

- Une contrainte délibérée du nivellement par le bas,

- Une obligation de vivre et fonctionner au niveau du plus petit commun dénominateur ;

- Une imposition délibérée de l’archaïsme contre la modernité ;

- Le pillage et le gaspillage sans restriction de la caisse publique ;

- L’utilisation et la normalisation de la corruption comme modus operandi.

Voilà la liste non-exhaustive des points communs qui caractérisent ces deux leaders lavalassiens qui se sont alternés au pouvoir pendant prés de 20 ans. Ce n’est pas par hasard qu’Haïti soit devenu le pays le plus pauvre de l’hémisphère et le plus corrompu du monde. Il y a eu un effort délibéré de leur part à vouloir nous plonger dans ce gouffre et de nous y retenir !

Etait-il vraiment question d’inefficacité ou d’incompétence pour justifier la destitution du premier ministre ? S’il en était ainsi, pourquoi a-t-on reconduit ses 11 ministres ? Le problème est d’abord une obsession féroce de l’omnipotence du pouvoir présidentiel traditionnel. Et est ensuite une absence totale de programme de gouvernement cohérent. Malheureusement, Préval n’y croit pas. Il l’a déclaré lui-même publiquement à New York à un journaliste qui lui avait posé la question suivante au lendemain de sa victoire électorale en février 2006 :

« Quel est votre programme de gouvernement monsieur le président ? »

Préval de répondre sans ambages, ni hésitation : « Tous les candidats qui ont offert des programmes de gouvernement aux dernières élections, n’ont-ils pas perdu ? »

Il ne faut pas naïvement croire non plus que le conflit autour de la budgétisation des 197 millions, soit l’unique cause ou la raison majeure de cette destitution. Alors que les élections de 2010, l’axe principal de la stratégie de la gestion du maintien du pouvoir, soient devenues une obsession pour Préval. Tout se résume et s’explique en relation avec ce point focal. Pour qu’une mesure aussi radicale que la destitution d’un premier ministre puisse être exécutée avec une telle rapidité et une telle désinvolture, il faut croire que sa présence à la primature soit devenue un problème majeur et que le timing de sa destitution soit crucial. Préval ayant besoin dans l’immédiat de la garantie formelle d’une main mise sans difficulté, sans résistance et sans restriction sur la caisse publique, pour financer ses poulains dans les compétitions électorales de 2010, il lui était obligatoire de se trouver rapidement un partenaire pour épouser sa cause, et lui facilité les choses. Compte tenu de l’importance des élections, dans le cadre des priorités prévaliennes, l’affaire d’Amaral Duclona, une distraction dangereuse et la destitution du premier ministre, un impératif immédiat pour le financement des campagnes électorales, ont été pour Préval plutôt des accidents de parcours, qu’il fallait rapidement résoudre et liquider peut importe les conséquences.

La vraie identité d’Amaral Duclona que les dominicains ne pouvaient pas établir, à cause du passeport délivré officiellement par le gouvernement de Préval à Amaral Duclona, sous le nom de Berthony Jolicoeur, faisait obstacle au processus d’extradition du prévenu vers la France. Ce bras de fer faisant traîner le processus d’extradition, amplifiait inutilement le scandale de cette liaison dangereuse existant entre Préval un chef d’état et Duclona un caïd de bidonville, un tueur à gage. Pour obvier à l’amplification de ce scandale et accélérer le processus d’extradition, Préval a abandonné la stratégie du conflit d’identité. Il demande à l’avocat de la défense de Duclona qui exploitait à fond ce conflit, de s’absenter pour cause de maladie. Puis il invite le procureur dominicain à venir chercher lui-même les vraies pièces d’identité d’Amaral Duclona, les empreintes digitales et son dossier criminel qu’il lui a remis de la main à la main. Voilà comment Préval, qui veut en tout faire valoir l’omnipotence de son pouvoir, sans souci de protocole, s’est débarrassé en un clin d’œil de son complice et de ce dossier embarrassant.

Est-ce que ce dossier peut, comme un boumerang, retourner à Préval ? Cela dépendra de la façon dont la France se propose d’introduire et de poursuivre ce procès. Ce dossier dont il a cru se débarrassé rapidement du revers de la main, en livrant son complice à la justice française, a le potentiel de devenir une épée de Damoclès pour Préval, si Amaral Duclona se remet à chanter, comme il l’a déjà fait en République dominicaine. A moins que le gouvernement dominicain veuille patauger dans la complicité, l’interrogatoire complet inclus les aveux enregistrés d’Amaral Duclona en République dominicaine doivent faire partie de son dossier.

Le fait que le premier ministre ait ordonné l’audite des comptes gérés par la primature, risquait de faire rebondir le scandale des 197 millions de dollars de la Petrocaribe, et prolonger inutilement le processus d’interpellation. Avant qu’il ait pu recevoir l’audite, il fallait prendre le premier ministre de cours, engager et accélérer le processus de destitution, pour fermer ce dossier rapidement. La stratégie du dilatoire évoquant l’article 107 de la Constitution a été de nul effet. Le processus de destitution du premier ministre a été expédié par cette nouvelle majorité prévalienne au Sénat. Vous venez de faire sur le vif l’expérience du dégât dont un parlement monolithique est capable légalement sur un individu ou une nation sans défense.

Ce qui nous permet de lire entre les lignes et de comprendre l’intention réelle de cette manœuvre, ceux sont les déclarations post-mortem du président du Sénat, Kelly C. Bastien, disculpant officiellement le premier ministre de toutes responsabilités dans la gestion des 197 millions de dollars de la Petrocaribe, alors que c’était de fait le motif initial de l’interpellation. D’une part, pourquoi le premier ministre aurait-il ordonné 3 audites, s’il s’agissait uniquement de performance ou d’inefficacité de sa gouvernance ? D’autre part s’il s’agissait vraiment de performance et d’inefficacité, pourquoi a-t-on retenu 11 de ses ministres ?

Faites en l’interprétation qui vous paraît approprié. N’a-t-on pas publié la liste complète des ministres dans Le Moniteur, le journal officiel du l’Etat haïtien, avant que le nouveau premier ministre soit confirmé par les deux chambres du parlement ? Ce n’est ni une erreur, ni un faux-pas. C’est la satisfaction d’un besoin insatiable de prouver l’omnipotence du pouvoir présidentiel. Ce fait suffit amplement pour faire comprendre aussi comment Préval se sent à l’aise avec son nouvel équipier pour gérer sa stratégie électorale.

Certes le milieu international et l’opinion publique n’ont pas les mêmes perceptions que Préval de ces deux dossiers. Ils ne leur accordent ni le même poids, ni les mêmes priorités. Néanmoins, appuyé par sa garde prétorienne, Préval ne s’est-il pas permis de prendre, en toute quiétude et sans aucune hésitation, ces risques, en imposant le fait accompli. C’est précisément ce qu’il vient de démontrer pour la énième fois. Face à ce fait accompli quelles ont été les réactions immédiates dans ces deux milieux qui auraient pu inquiéter Préval ?

Pris sous un autre angle, force est aussi de constater et de comprendre qu’ayant seulement 7 millions de dollars, alors qu’il lui en faut 27 pour faire ces élections, le milieu international aurait intérêt à lui tenir la dragée haute et soutirer le contrôle des prochaines élections des serres de Préval. Cependant, rien ne prouve que ce soit l’attitude du milieu international envers lui. Dans le cadre de la relance économique d’Haïti l’un des capitalistes philanthropes George Soros lié depuis plus d’une décade au premier ministre destitué, était prêt à investir 45 millions à la Cité Soleil. Sera-t-il ainsi que ces amis toujours disposé à le faire ?

La question maintenant est de savoir d’une part, est-ce que le milieu international est conscient que la qualité des élections et la nature du régime qui en émergera, si elles sont contrôlées par Préval, auront un effet négatif incalculable sur la stabilité du pays et surtout sur la gestion et l’avenir des projets économiques qu’il veut entreprendre en Haïti ? Et d’autre part est-ce que la nation haïtienne face au danger du retour au régime de présidence à vie, soit prête à faire ce recule d’un quart de siècle, que Préval veut lui imposer ?

En fin de compte, il nous faut nous rendre à l’évidence que c’est à l’Haïtien de défendre ses propres intérêts, s’il refuse vraiment de faire ce recul d’un quart de siècle. Il nous faut manifester ostensiblement et sans équivoque de toutes nos forces, la volonté inébranlable du refus, pour que le milieu international puisse recevoir clairement ce message et être convaincu de notre détermination. Car dans ce jeu, dans ce débat et dans ce combat où nous nous sommes engagés ; C’est un jeu dans lequel il nous faut gagner. C’est un débat dans lequel il nous faut convaincre. Et enfin c’est un combat dans lequel il nous faut vaincre, pour ne pas en périr.

On ne peut plus rester dans l’ambivalence du doute, ni de l’acte politique des déclarations. Alors que Préval se soit engagé à fond dans l’action politique concrète. Il s’organise manifestement pour forcer le pays à faire ce recul d’un quart de siècle. Préval a déjà franchi les premières étapes de cette stratégie infernale, en confisquant les sénatoriales partielles, en faisant la déclaration d’amendement, usant ostensiblement toutes sortes de fraudes, d’irrégularités électorales, de tractations, de vices de forme et de vice de procédure dans les deux chambres. La confiscation par Préval des premières élections de 2010, lui donnera, ce que la nation doit craindre, un parlement totalement prévalien. Nous avons déjà fait cette expérience, il y a plus de 50 ans, avec un parlement monolithique duvalierien en 1957.

C’est avec la complicité de ce parlement monolithique de 1957 que François Duvalier a forgé de toute pièce, ce régime féroce de la présidence à vie ! Sous ce régime de férocité bestiale, la nation a vécu dans sa chaire et dans son sang une agonie douloureuse, de répression, de torture, de meurtre, d’assassinat, de viol, de vol, d’angoisse, de peur, de harcèlement, et d’humiliation, qu’elle ne veut plus revivre. La nation haïtienne a gravi à genou ce calvaire pendant prés de 30 ans. Pour enfin, le vendredi 7 février 1986, il y a de cela seulement 23 ans, par des efforts et des sacrifices surhumains, renaître de ses cendres. Ayant vécu cette agonie atroce de la présidence à vie, nous ne pouvons, ni contribuer, ni consentir à ce que la nation gravisse à nouveau ce maudit calvaire, par la volonté de Préval ! Volenti non fit injuria. On ne fait pas tort à celui qui consent. Consentez-vous à faire ce recul ?








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