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Thèmes de l’Emission de la semaine

lundi 2 novembre 2009 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 30 octobre, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Faut-il questionner l’importance de l’année 2010, une année électorale décisionnelle et cruciale pour l’avenir de la nation et de l’Etat haïtien ? N’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter qu’au début de l’année 2010, la totalité de la chambre des députés, la totalité des assemblées territoriales et un autre tiers du Sénat, seront renouvelés simultanément ? Qu’entre temps notre constitution sera jetée en pâture à un parlement prévalien issus d’élections frauduleuses ? Qu’à la fin de l’année 2010 les présidentielles décideront du leadership et de la nature du régime qui prendront en charge les destinés de la nation ? N’y a-t-il pas lieu d’agir rapidement avec détermination et concertation pour parer à la catastrophe.

L’année 2010 sera-t-elle enfin, l’année de la rupture avec le populisme, ce qu’espère la majorité des Haïtiens après un demi-siècle, d’incompétence, d’ignorance, de désillusion, de duperie, d’abus, de violence et de misère ? Ou au contraire sera-t-elle, celle du retour au statu quo ante, le cannibalisme de la Démocratie, le pouvoir à vie, ce que Préval et sa cohorte de fossoyeurs nous préparent ? Il ne s’agit pas seulement d’organiser et de mimer le rituel électoral. Il faut qu’en vérité les résultats de ces élections reflètent fidèlement l’expression de la volonté générale. Il y a des règles, des principes et des critères mondialement reconnus, adoptés et appliqués qui permettent de distinguer l’élection démocratique, libre, honnête et crédible, des farces électorales rocambolesques que nous a offertes Préval pendant 12 ans d’avril 1997 à juin 2009.

Perplexe, je me pose la question. Pourquoi en Afghanistan, l’ISAF a-t-elle forcé Amid Karzaï à admettre que 14% de fraudes et d’irrégularités aux élections d’août 2009, soient inacceptables ? Alors qu’en Haïti face à des problèmes électoraux identiques, mais avec un taux de fraudes et d’irrégularités beaucoup plus élevés, il n’y a eu qu’un acquiescement permissif de la part de la Minustah et un satisfecit ? Est-ce une question de différence de culture des occupants, ou de race des occupés ?

L’obsession de Préval pour le pouvoir, liée à la cupidité d’une faune multisectorielle, veulent contraindre de gré ou de force le peuple haïtien à faire un recul d’un quart de siècle, vers la confiscation à vie du pouvoir. Le rempart qui nous a protégés pendant 22 ans contre le retour à la présidence à vie, la constitution de 1987, est sur le point d’être battue en brèche par le biais de la confiscation des élections de 2010 par Préval, pour adopter et imposer des amendements qui serviront uniquement ses ambitions et ses intérêts politiques, à l’encontre de ceux de la nation et de l’Etat haïtien.

Clinton et Soros n’ont pas rendu service à Pierre-Louis au sommet des Nations Unies. Clinton a fait savoir à Préval que Pierre-Louis a besoin d’avoir les coudées franches pour qu’elle puisse gouverner. Soros a fait savoir à Préval qu’il investira des millions à Cité Soleil pour aider le gouvernement de Pierre-Louis. Ça a suffit pour que Préval jaloux de l’omnipotence de son pouvoir en prenne ombrage.

L’interpellation musclée du premier ministre par le Sénat, aussitôt que Préval ait pu obtenir la majorité, vous donne déjà un avant-goût de ce que le prochain parlement nous réserve. Ce sera François Duvalier revu et corrigé, avec un parlement pratiquement monolithique, comme en 1957 ! Si quelques exécuteurs de basses œuvres de Préval siègent maintenant au Sénat ! Qu’en sera-t-il après les élections de 2010 au parlement ?

Après que le vice-président du CEP ait dénoncé publiquement les fraudes et irrégularités commises aux sénatoriales partielles du 21 juin 2009 et qu’il les ait imputé au président du CEP. Les partis politiques auraient dû saisir l’opportunité pour remettre les pendules à l’heure, en exigeant le retour aux prescrits de la Constitution en ce qui a trait à la formation du CEP provisoire. Cette formule est clairement définie sans ambiguïté dans l’article 289 de la Constitution de 1987 qui se lit comme suit :

ARTICLE 289 :

En attendant l’établissement du Conseil Electoral Permanent prévu dans la Présente Constitution, le Conseil Electoral Provisoire de neuf (9) Membres, chargé de l’exécution et de l’élaboration de la Loi Electorale devant régir les prochaines élections et désigné de la façon suivante :

1) Un par l’Exécutif, non-fonctionnaire ;

2) Un par la Conférence Episcopale ;

3) *Un par le Conseil Consultatif ;

5) Un par les organismes de Défense des Droits Humains ne participant pas aux compétitions électorales ;

6) Un par le Conseil de l’Université ;

7) Un par l’Association des Journalistes ;

8) Un par les Cultes Réformés ;

9) Un par le Conseil National des Coopératives.

*Le Conseil Consultatif n’existant plus, on aurait pu le remplacer avantageusement par un représentant du Vodou, la religion la plus populaire, celle des masses.

La formule draconienne utilisée aujourd’hui par Préval est à l’antipode de la lettre et de l’esprit de la Constitution de 1987 qui veut que les Conseillers soient totalement indépendants du pouvoir politique. Or Préval exige que des secteurs autres que ceux prescrits par la Constitution, envoient chacun 2 noms à Préval. Et en fin de compte, c’est Préval qui lui-même trie sur les volets et nomme tous les 9 conseillers. Ce que précisément la Constitution veut éviter. Le fait que ce soit Préval qui nomme personnellement, les 9 Conseillers de son choix, lui permet d’avoir une emprise nettement supérieure à celle que ces secteurs ont collectivement sur le CEP. Proposer un seul nom par secteur, cette formule préserve à la fois, l’influence collective de ces secteurs sur le CEP et son indépendance par rapport au pouvoir politique. Voilà ce que prescrit la Constitution de 1987.

Pour illustrer l’obsession de contrôle de Préval. Voilà un exemple frappant de ce qu’il a fait après avoir forcé Léon Manus à gagner l’exile sous menace de mort, après les élections contestées du 21 mai 2000. Il a dissous le CEP. Puis l’a reformé seul, sans aucune consultation. Voilà comment les élections présidentielles du 26 novembre 2000, ont été gérées.

Avec cette dernière formule qui lui offre 18 noms, il n’est plus restreint à avoir un conseiller représentant chaque secteur au CEP. D’ailleurs c’est ce qu’il a exploité pour rejeter les représentants de secteur privé pour la formation du CEP de 2008. Et les partis politiques ont avalée bêtement cette couleuvre, sans mot dire ! Voilà à qui on a affaire tant du coté de Préval qui est sans scrupule, que du coté des partis politiques sans épine dorsale, incapables de défendre leurs propres intérêts !

Les tours de force et les exploits que Préval étale à l’avant-scène politique, la destitution de deux premiers ministres et d’un sénateur, contribuent à perpétrer le mythe de l’omnipotence du pouvoir présidentiel. Il est évident qu’il soit de l’intérêt de Préval de le maintenir. Cependant la crainte de l’omnipotence présidentielle traditionnelle après un demi-siècle d’internalisation de la peur, est devenue un état psychique, dont la résorption devient un impératif pour le peuple haïtien.

Malgré le fait que Préval soit un chef d’état à la fin de son second et dernier mandat constitutionnel, il lui est impossible de se doter jusqu’à présent d’une base politique, d’un instrument politique, d’un parti politique qui lui soit propre. Il est forcé de passer par le biais des formations de plateformes sans aucune offre, sans aucun apport sous forme d’un instrument politique quelconque à la coalition. Préval n’a absolument aucun lien institutionnel ou organisationnel tangible. Cependant il nous faut aussi reconnaître que dans cette conjoncture, la question est de savoir, en a-t-il vraiment besoin, quand il a mieux, une garde prétorienne qui lui garantit la stabilité militaire, la Minustah ?

Les 2 éléments qui conditionnent la formation de ces plateformes autour de Préval comme pole d’attraction, ce sont, la transcendance de l’omnipotence présidentielle traditionnelle sur un cadre intentionnellement entretenu de corruption normalisée. Certes, en tant que phénomène de société, pour pouvoir agir avec efficacité sur l’emprise de la corruption, on est forcément obligé d’être au pouvoir. Néanmoins, l’autre élément, l’archétype de l’omnipotence présidentielle traditionnelle parce qu’il relève de l’inconscient collectif national, il peut être combattu à fond pour l’extirper de notre psyché. Il devient dès lors fondamental pour défendre ses intérêts que la nation et ses leaders prennent immédiatement conscience de la nécessité de se débarrasser de cette torpeur collective.

Si nous admettons qu’aujourd’hui la corruption soit devenue un phénomène de société. Si pour servir ses intérêts personnels et politiques Préval en fait son violon d’Ingres. Vous conviendrez avec moi qu’il soit absolument impossible, dans sa gestion obsessionnelle du maintien du pouvoir, dont le pilier ou l’axe principal est sa garde prétorienne, qu’elle en soit exempte.

Cependant il nous faut aussi admettre que le rôle de la Minustah en tant qu’instrument politique au service du Brésil dont les ambitions sont, d’obtenir un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU et de devenir un pole pour l’Amérique du Sud, dans le cadre de la reconfiguration multipolaire de monde, soit absolument différent des intérêts personnels d’individus, fonctionnaires de cet instrument politique, qui se font corrompre.

Pensez-vous que Lula et la nation brésilienne soient disponibles et disposés à sacrifier leurs ambitions nationales, en impliquant la Minustah dans un massacre en Haïti pour satisfaire les obsessions politiques de Préval ? Il est absolument certain que la Minustah ait ses limites dans l’utilisation de la violence en Haïti !








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