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Thèmes de l’Emission de la semaine

lundi 6 juillet 2009 par Robert Benodin

Orlando le 3 juillet, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

La politique étant aussi, l’art de l’accommodation entre le désirable et le possible, c’est à partir de cette définition que l’on peut interpréter les résultats des premier et deuxième tours des sénatoriales partielles. Ils n’ont pas été en vérité l’expression de la volonté générale, comme cela aurait du être en théorie. Mais le résultat d’un compromis qui a restreint les appétits de Préval, en l’empêchant d’avoir ce qu’il convoitait, le droit de veto sur le parlement. La tentative de Moise Jean Charles de se faire élire dès le premier tour, en falsifiant des procès verbaux, rejetée par le CEP, mais sans aucune sanction contre le BED du Nord, le BEC de Milot complices manifestes de cette falsification et Moise Jean Charles lui-même auteur et bénéficiaire de cette fraude, met en exergue l’existence de ce compromis. Ces coups de théâtre rocambolesques, audacieux et inimaginables au second tour, remplaçant au matin du jour même des élections, les staffs de plusieurs bureaux de vote, fermant littéralement par force certains BV, pour éviter intentionnellement la tabulation de leurs urnes etc., sont des preuves de la détermination de Préval de maitriser le processus de confiscation électorale, jusqu’au bout. Malgré tous ces efforts de contrôle en amont et en aval du processus électoral, ce CEP trié sur les volets par Préval, n’a pu obtenir que 5 sur 11 élus en faveur des candidats de Préval. Alors qu’au premier tour les candidats de Préval se trouvaient tous en tête de liste, avec des marges substantielles sur leurs compétiteurs. Pour être réaliste, on doit aussi ajouter dans le camp de Préval, Joseph Benoit Laguerre de l’UCADE et l’indépendant de l’Artibonite Louis Michelet. Ces résultats mettent en exergue un contraste important entre la confiscation totale et indécente des élections du 21 mai 2000 dès le premier tour et celle du 21 juin 2009. Le contexte a de fait drastiquement changé en 9 ans. Cette fois-ci, l’omnipotence traditionnelle du pouvoir présidentiel, est plutôt perçue, que réelle dans les rapports de forces. Il y a une force supérieure qui a obligé au pouvoir de restreindre ses velléités et ses appétits !

Cependant il est à remarquer que malgré les compromis, la volonté de Préval d’introduire au parlement des criminels notoires, n’a pas dévié d’un iota. Parmi les élus on remarque malheureusement les pires, du point de vue de réputation et de casiers judiciaires pendants, Moise Jean Charles et John Joseph Joël, alias J3(J cube), le bras droit du fameux chef d’OP, associé à Préval, Amaral Duclona. Face à ce fait accompli, n’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter sérieusement pour l’intégrité du parlement en tant qu’institution ? Ces deux élus sont-ils vraiment dignes du cursus honorum ? Voilà ce que nos braves sénateurs auront à juger souverainement, selon ce que prescrit l’article 108 de la Constitution. Il y a lieu, dans ce cas spécifique, d’être plutôt intelligent que radical. De même qu’il ne faut pas se laisser piéger par une validation collective des pouvoirs. Il ne faut pas non plus pécher par excès, refusant la validation à tous les élus. L’amalgame dans l’un et l’autre cas, est à rejeter. Trop ou trop peu de soin sont à fuir. Il faut trouver, dans ce cas spécifique, un milieu juste et bon. Il faut intelligemment faire un tri judicieux, distinguer et cibler. Il faut prendre avantage du fait que la validation des pouvoirs soit individuelle et non collective, que la consolidation du quorum de 2/3 du Sénat n’aura besoin que de 2 nouveaux sénateurs. Il est de l’intérêt des sénateurs soucieux du prestige et de l’intégrité de l’institution parlementaire de faire œuvre qui vaille, d’agir intelligemment, méticuleusement et surtout souverainement pour faire valoir la nécessité d’un tri judicieux des élus. Certes, ces sénateurs auront affaire à forte partie. L’actuel président du Sénat ne l’entendra pas de cette oreille. Voulant rester dans les bonnes grâces de Préval, pour bénéficier du « Ti passe coute », pour la succession, il est prêt à tout sacrifier. Il est de son intérêt de se courber sous les fourche-caudines de Préval, même quand il est conscient qu’il soit en train de sacrifier l’intégrité de l’institution à laquelle il appartient. Pour garder une certaine pertinence politique pour bénéficier du « Ti passe coute » de Préval, il lui faut coute que coute demeurer président du Sénat pour l’année 2010. Néanmoins, on est bien obliger de se demander est-ce que Préval, entre-temps, ne lui tient pas la dragée haute pour lui faire croire qu’il devient de plus en plus son exécuteur de basses œuvres préféré ? Cependant on ne peut pas ignorer non plus l’effet nocif que la présence du nouveau sénateur du Nord, si ses pouvoirs sont validés, aura dans les rapports de force au sein du Sénat. Il devient ainsi que J3 (J cube) automatiquement les hommes liges, les exécuteurs préférés des basses œuvres de Préval en lieu et place de Kelly Bastien. La flexibilité de l’échine de Kelly Bastien ne lui sera d’aucune aide. Ce dilemme est délibérément provoqué ! A l’instar de François Duvalier et de Jean Bertrand Aristide, René Préval ne se sent réellement en confiance qu’avec ceux sur qui il éprouve naturellement une certaine supériorité. Kelly Bastien sera-t-il la seule victime de ces intrus ?

Quant aux résultats des élections, il est évident que Préval a eu plus d’élus que les autres partis. En plaçant dans tous les départements ses candidats en tête de liste au premier tour, il est irréfutable que Préval escomptait, ou bien le droit de veto, ou une majorité imposante au Sénat. En ajoutant dans le camp de Préval l’élu de l’UCADE et l’indépendant de l’Artibonite, il est clair qu’il n’a obtenu qu’une majorité simple. Ayant déjà 8 sénateurs siégeant, s’il arrive à faire siéger tous ses élus, il aura au total 15. Si après les élections du département du Centre, il l’emporte aussi, il en aura 16. La majorité simple au Sénat est de 15 + 1. A cause de ce compromis, le droit de veto que Préval convoitait ne s’est pas matérialisé. Ceci diminue énormément l’influence que Préval aurait voulu avoir sur la création de la liste d’amendements. Il ne faut pas se tromper, il va tenter l’impossible pour y parvenir. Ceci fait partie intégrante de sa gestion de sa perte du pouvoir. It is the nature of the beast !

Le salaire minimum qui fait la une depuis quelques semaines, est sans aucun doute une revendication judicieuse. Ce sont les syndicats tambour battant qui auraient du être à l’avant-scène, montant au créneau pour faire valoir leurs revendications. Ce n’est pas ce que l’on constate. La mutation brusque qui a porté des étudiants de certaines facultés à s’engager spontanément dans cette revendication sociale, d’ailleurs très juste, alors qu’ils devraient être occupés et préoccupés par d’autres issues purement académiques de taille à capter le monopole de leur attention, ne répond à aucune logique. Pourquoi cette diversion ? L’explication, est qu’ils revendiquent pour leurs parents l’augmentation de paie. Avec un taux de chômage de plus de 70%, cela va de soi que dans les mêmes proportions les parents de ces étudiants vivent de l’informel. On a jusqu’à présent des suspicions, mais pas encore de certitude. Comme dit l’autre « Trou menti pas fouiller fond ». On finira par savoir. Et on pourra distinguer entre rumeur et vérité. Il m’est difficile de déterminer si c’est une pratique ou une tradition politique d’exploiter la naïveté de la jeunesse. Mais on a constaté depuis le siècle dernier, que Sténio Vincent avait soudoyé François Duvalier quand il était étudiant. Que François Duvalier lui-même avait soudoyé Roger Lafontant quand il était étudiant et ainsi de suite. Il ne faut jamais perdre de vue que nous avons affaire à des gouvernements corrupteurs et corrompus. Et s’il vous plait celui que nous avons aujourd’hui est le plus corrompu du monde ! C’est une pratique très prisée dans les couloirs du pouvoir. Heureusement que ce soit toujours une minorité qui se fait soudoyer. Certes, il y a des étudiants qui sont sincères et qui se donnent corps et âme dans le support de cette revendication sociale légitime. Il ne faut surtout pas perdre confiance dans l’intégrité de la jeunesse. Il faut tout simplement savoir distinguer le bon grain de l’ivraie.

Le quorum du Sénat étant en voie de consolidation, et la date butoir pour la déclaration d’amendements étant le l4 septembre prochain pour la 48e législative, les parlementaires sont-ils prêt à s’engager d’arrache-pied dans le processus de la déclaration d’amendements ? Quels sont les amendements qui feront partie de cette liste ? L’inclusion de la diaspora ? L’amélioration du processus de décentralisation et de déconcentration ? La façon de choisir les juges pour les différentes strates du système judiciaire ? La garantie que le prochain CEP sera permanent et non provisoire pour assurer l’indépendance de l’institution électorale et éviter la confiscation constante des élections ? L’obligation pour l’Etat d’augmenter le pourcentage d’écoles publiques pour finalement prendre en charge un programme d’éducation et assumer ses responsabilités d’éduquer ses citoyens ? L’obligation pour l’Etat d’identifier ses citoyens dès la naissance ? Etc. La liste préparée par la commission constitutionnelle que propose-t-elle ?








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