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Thèmes de l’Emission de la semaine

dimanche 14 juin 2009 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 12 juin, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Doit-on s’inquiéter du mouvement des étudiants émanant d’un conflit universitaire, qui soudainement s’érige en une revendication sociale du salaire minimum. Est-ce que maintenant, l’effet psychique du meurtre d’un des leurs, Emmanuel Jean François tué par balle, ne sera pas la déclique qui portera la revendication sociale à faire une nouvelle mutation, pour se transformer en un affrontement purement politique anti-gouvernemental ? Face à la revendication des étudiants, le gouvernement jusqu’à présent, montre par son comportement, qu’il ait opté sans aucun doute pour la solution policière, la répression, au lieu de la réflexion. Il y a-t-il un effort manifeste de la part du gouvernement, depuis tout ce temps que cette issue est à l’avant-scène, pour trouver et proposer des alternatives aux protagonistes ? Le gouvernement paralysé par son incompétence, ne fait qu’opposer son refus et exprimer ses inquiétudes !

N’ayant pour référence et éléments de comparaison, que les élections d’avril 1997 annulées pour fraude, la confiscation des élections du 21 mai 2000, celle du 26 novembre 2000 et enfin le scandale du 19 avril 2009, n’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter de la perte totale de confiance de l’internationale ainsi que du public en général dans la capacité de Préval de gérer des élections libres, honnêtes et crédibles ? Les choix pervers, malicieux et immoraux des candidats présentés par Préval aux dernières élections, ne met-il pas en exergue, son manque de respect pour les intérêts de l’Etat, sa détermination d’empirer la déliquescence institutionnelle, son irresponsabilité en tant que chef d’état et son égocentrisme ? Les fraudes, la violence et les intimidations commises avant, pendant et après les élections pour garantir à ses candidats une position favorable pour le second tour, ne laissent-elles pas entrevoir ce a quoi on doit s’attendre, quand les enjeux seront de taille, aux élections de la fin d’année et les présidentielles de la fin de l’année prochaine ? N’est-il pas évident et irréfutable que ces prochaines élections auront des conséquences qui affecteront profondément l’avenir de ce pays pendant un bon bout de temps après le départ de Préval du pouvoir ? Pouvons-nous courir le risque de laisser à Préval, après la démonstration déconcertante de la dégénérescence maligne de sa capacité de discernement d’homme d’Etat, le soin de gérer à son gré des élections qui vont affecter les destinés de cette nation ? Vers quelle aventure ou quelle catastrophe Préval dans son aveuglément et sa soif de pouvoir, va-t-il nous entraîner ? Il y a-t-il une raison qui vaille la peine d’être considérée, pour justifier non-seulement son retour au pouvoir et encore moins sa gestion de l’avenir du pays ?

Pourquoi les Sud-américains ont-ils décidé de forcer le retour au pouvoir du 1er premier ministre et du 2e chef d’état de lavalas, au lendemain du renversement insurrectionnel du régime lavalas ? Pourquoi ont-ils interprété les carnages de l’Opération Bagdad comme une forme de revendication sociale ? Pourquoi ont-ils toléré la violence bestiale et les exactions des OP armées, les éléments de base du régime déchu, en s’interposant entre les OP armées et la PNH ? Le retour de Préval au pouvoir, n’est-il pas dû irréfutablement à la prépondérance accordée par les Sud-américains à leurs intérêts dans leurs conflits altermondialistes vs mondialistes, sur les intérêts de la nation haïtienne ? L’échec de Préval dans tous les domaines est irréfutable ! Qui est en train aujourd’hui de payer les conséquences ? Le comportement des pays tels que les Etats-Unis, le Canada, la France, le Brésil et l’Espagne n’ont-ils pas ouvertement manifesté leur méfiance envers ce gouvernement, en distribuant l’aide directement aux sinistrés, après les désastres cycloniques de l’année dernière ? L’aide exclusivement caritative, qu’ils ont choisie de distribuer, sans aucune plus-value résiduelle, ne relève-t-elle pas d’une volonté de ne pas faire bénéficier à ce gouvernement d’aucune retombée résiduelle de leur intervention ? Peut-on interpréter autrement ce comportement de l’internationale envers ce gouvernement ? En outre, les promesses d’aides, 1.3 milliards de dollars US le 20 juillet 2004, 750 millions de dollars US le 26 juillet 2006, et enfin la requête de 4 milliards de dollars US par le biais du DSNCRP, à quoi ont-elles abouti ? Si la nomination de l’émissaire spécial des Nations-Unies a coïncidé avec l’annonce du second tour pour le 21 juin 2009, quel a été la réaction de l’internationale face au scandale du premier tour ? Est-ce la goûte d’eau qui fait renverser le vase ?

Ceux qui, parmi les haïtiens bien-pensants, à l’annonce de la désignation de l’émissaire spécial des Nations-Unies, se sont épouvantés en criant, « Voilà, c’est la preuve évidente de la mise sous tutelle ! » Que disent-ils, des 9 mille paires de bottes qui stationnent dans le pays depuis 5 ans, de juin 2004 à nos jours, pour soit disant assurer uniquement la sécurité militaire ? N’ont-elles pas contribué ostensiblement et sans équivoque au retour de Préval au pouvoir par le biais d’une violation de la Constitution en répartissant au prorata les votes blancs ? Si la déclaration d’élection est un acte de souveraineté, celle du 7 février 2006, dont les résultats ont été modifiés officiellement par les colonels et généraux Sud-américains, c’est quoi ?

Si après avoir assuré la sécurité militaire, l’ONU s’engage à participer à la stabilité économique et sociale du pays, quand les gouvernant de ce pays, Préval, son entourage et ses ministres montrent de manière convaincante leur incapacité d’assumer leur responsabilité dans ce domaine, doit-on laisser faire ? Quand le laisser faire amène irréfutablement à un éclatement social, n’y a-t-il pas lieu d’intervenir, aussi bien dans l’intérêt national que régional ? Ironie de l’affaire, c’est le sénateur, qu’ils ont eux-mêmes radié inconstitutionnellement du Sénat, qui, à la radio, leur fait la leçon sur les différentes options à considérer pour gérer l’augmentation du salaire minimum. Quand le pays le plus pauvre de l’hémisphère a un besoin urgeant d’aide étrangère, qu’il lui est impossible d’obtenir, parce qu’il est aussi le pays le plus corrompu du monde. Il y a-t-il lieu de s’inquiéter quand on désigne un émissaire spécial qui devient l’intermédiaire pour précisément faire débloquer ces fonds ? Qui êtes-vous en train de tromper, quand vous prenez des airs de vierges effarouchées, ou pour faire semblant de vouloir défendre quelque chose, vous montez aux créneaux, c’est pour défendre quoi ? Si je ne me trompe, la souveraineté peut être ? Est-il de l’intérêt de la nation haïtienne de persister à vivre, confinée dans ce mythe, que l’étranger et particulièrement le blanc, soit génétiquement incapable ni de déchiffrer, ni d’appréhender, ni de comprendre la complexité de la problématique haïtienne ? En d’autre terme, la problématique haïtienne échappe-t-elle à l’universalité de la science et de la vérité scientifique ? Malgré les idiosyncrasies, qui caractérisent chaque peuple de la terre en particulier, nos problèmes ne sont pas uniques. Nous ne sommes pas un peuple ou un pays à part, qui soit différent des autres ! Ceux qui exploitent et perpétuent ce mythe, jouant au grand devin, veulent vous mystifier et vous maintenir figé dans l’état où vous êtes, en train de crever d’ignorance, de maladie, de misère et de pauvreté, espérant leurs interventions thaumaturgiques ! Il nous faut briser ces entraves ! Il nous faut abandonner ces mythes d’incompréhensibilité ! Le développement d’Haïti est dans la modernité !

Entre-temps, face à la problématique du moment, comment Préval réagit-il ? Comment l’internationale inclus ses associés de gauche le perçoivent ? Quelle est sa stratégie de survie ? S’il y a un réflexe que l’on constate constamment chez Préval et qui se retrouve dans toutes ses démarches, dans toutes ses manœuvres, dans toutes ses ruses, dans toutes ses querelles et qui en quelque sorte le caractérise, c’est un égocentrisme viscéral, dominé constamment par une incertitude maladive et par une obsession constante de survie individuelle. Le « nager pou sôti » n’est pas une boutade, une parole lâchée au hasard du moment, ou une suggestion méchante et cynique de sa part. C’est de faite la réalité constante de sa vie, comme il le perçoit ! C’est à la fois, son modus operandi et son modus vivendi ! C’est aussi la contradiction permanente qu’il confronte particulièrement dans cette tranche de vie qu’il mène actuellement. Contradiction qui existe entre l’homme d’état, le visionnaire qu’il aurait dû être dans le rôle qu’il est en train de remplir et l’homme qu’il est en réalité, incapable de faire ce saut qualitatif, incapable de s’élever, pour se débarrasser de son état d’incertitude qui alimente ses bas instincts. La grandeur d’âme n’est ni dans son vocabulaire, ni dans sa manière de penser, ni d’exister. Certes, il est capable de causer de grands dommages. Mais absolument incapable de concevoir, ni de faire ce qui est grand et qu’on attend de lui, comme chef d’état. C’est un petit bonhomme que l’effet du hasard a catapulté dans des rôles qui le dépassent, d’abord premier ministre et ensuite chef d’état. Parce qu’il est obsédé par le besoin de contrôle, et qu’il lui est impossible de s’élever aux niveaux qu’exigent ces rôles, pour en avoir le contrôle, il est forcé de les réduire à sa dimension pour qu’il puisse fonctionner. Je met dans ce cas l’emphase sur l’expression « pour qu’il puisse fonctionner » pour souligner le caractère strictement personnel du fonctionnement qu’il conçoit, qui est en contradiction totale avec celui de la fonction ou du rôle qu’il rempli. La nation haïtienne n’a pas tort, l’internationale aussi, quand elles constatent et se plaignent, que le pays n’est pas gouverné ! Préval n’en est pas capable !

Les Nord-américains, les Argentins, les Brésiliens, les Chiliens, les Caraïbéens, les Vénézuéliens et même Castro, ont finis par réaliser et par admettre que Préval fait partie du problème et non de la solution. Cependant, Préval prend ombrage de la désignation de Bill Clinton comme émissaire spécial des Nations-Unies. La position de Hillary Clinton au Département d’Etat, amplifie les capacités de mobilisation et d’intervention de Bill Clinton. Ayant à son actif, le miracle Rwandais, après le massacre, et la reconstruction du Sud-est Asiatique, après les tsunamis, ce qui le qualifient amplement comme l’homme le plus avisé et le plus puissant en matière de coordination et de gestion d’aide étrangère. Malgré tout ce qu’il a à son actif, les investisseurs éventuels que Bill Clinton pourrait mobiliser, exigent, dans ce climat instable d’Haïti, qu’il soit personnellement engagé pour garantir leurs investissements.

La CARICOM ayant fait un geste magnanime envers le gouvernement de Préval, se trouve dans une situation très délicate. Préval jusqu’à présent refuse de lui donner un rapport sur l’utilisation des 5 millions de dollars d’aide versés par la CARICOM à l’occasion des catastrophes cycloniques. La vente des barils d’asphalte reçus du Venezuela, n’est pas passée inaperçue. Les groupes électrogènes offerts par Chavez ne sont pas fonctionnels. Le marché construit par ce dernier n’est pas encore mis en service. Chavez n’est pas dupe !

Quant à la stratégie de Préval, il ne faut pas lui faire trop d’exigence. Il ne prévoit que quelque chose de très simple, même simpliste, la politique du pire ! Une politique qui par le biais de la force d’inertie va précipiter la précarité de la situation, augmentant les probabilités de l’éclatement social mais qui par ricochet mettra en échec et mat les interventions de Bill Clinton. Malgré les protestations du ministre, il a déjà donné l’ordre de cesser les travaux de prévention pour la période cyclonique. Il laisse s’envenimer au maximum le conflit du salaire minimum. Ce n’est pas par hasard qu’il ait choisi la répression au lieu de la réflexion envers les étudiants. Se voulant être un leader de crise, il pense que cette stratégie d’empirement de la situation, contraindra l’internationale mise en échec et mat, à se courber à sa volonté et de faire un compromis avec lui, assumant qu’il soit indispensable et qu’il devient le passage obligé. Pour aggraver les choses, et causer la paralysie totale, il envisage déjà un scénario de polichinelle, il regagne ses pénates à Marmelade, en se lavant les mains face à l’immensité des dégâts, pour que l’internationale vienne le supplier de retourner. A ce moment là, il posera ses conditions. La question est de savoir, est-ce Préval est indispensable, d’une part, et de l’autre, est-ce l’internationale acceptera à se faire prendre dans un piège aussi audacieux, grotesque et puéril ? S’il n’est pas dissuadé par son entourage, et qu’il commet l’erreur de regagner ses pénates, il court le risque d’y rester. Il facilitera la tache à l’internationale qui déjà est en train d’envisager les risques de la gestion des prochaines élections par Préval et les effets nocifs de leurs résultats sur les destinés de la nation.








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