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Thèmes de l’Emission de la semaine

dimanche 7 juin 2009 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 5 juin, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Le scandale des faux procès verbaux rédigés au profit de Moise Jean Charles à la commune de Milot, n’est que le « tip of the iceberg ». Le premier tour a été exécrable. On a eu des contestations et des complaintes venant de partout. Néanmoins, la falsification des procès verbaux à la commune de Milot, a été celle qui a remporté le trophée. Bien que le processus électoral du 19 avril ait été abominable, la tenue d’élections en soi, pour rétablir le quorum du Sénat, a accompli quelque chose de positif. Elle a mis fin au danger du remplacement de la Constitution que convoitait Préval. Elle a fait échec au retour à la présidence à vie ! Le « monkey see, monkey do » de Hugo Chavez, d’Evo Morales et de Daniel Ortega, n’aura pas lieu en Haïti !

Cependant, si le remplacement de la Constitution a été évité grâce à la tenue d’élection, la réciproque n’est pas forcément une garantie formelle qu’on aura une déclaration d’amendements. Certes, il n’y a pas eu de gagnant au premier tour, mais dans tous les Département on retrouve malheureusement en tête de liste les candidats de Préval. Or l’enjeu à court terme étant la déclaration d’amendements à la fin de la dernière session ordinaire de la 48e législature, le contrôle du Sénat devient crucial non-seulement pour la déclaration elle-même, mais aussi pour les types d’amendements qui seront proposés ! Si le danger de la présidence à vie a été évité, malheureusement le choix délibéré de présenter des criminels notoires comme candidats, expose le pays à d’autres formes de dangers imprédictibles. Peu soucieux du patrimoine qu’il va léguer et surtout obsédé par l’omnipotence de son pouvoir personnel, Préval est capable de faire n’importe quoi, pour satisfaire ses impulsions. Le second tour étant final et décisif, on doit s’attendre au pire !

Le danger du remplacement de la Constitution étant révolu, on constate malgré tout un regain substantiel d’intensification du bras de fer. A quoi doit-on s’attendre ? On doit s’attendre à ce que Préval, par réflexe, aille vigoureusement à la poursuite du contrôle maximal.

- Avoir le contrôle de 2/3 du Sénat.
- Exercer le droit de veto sur le parlement.
- Imposer par corruption et par intimidation des amendements qui servent ses intérêts.

Dans le cas contraire, il se repliera sur une stratégie minimale, mais qui sera viscéralement anti-amendement.

- Empêcher par tout les moyens la déclaration d’amendements qu’il n’approuve pas.
- Exploiter la force d’inertie.
- Provoquer l’affrontement.
- Exploiter le refus de la validation des pouvoirs.
- Circonvenir la Constitution pour ne pas faire les élections de la fin d’année.

En d’autre terme, ses options varient entre deux extrêmes, l’imposition de sa volonté politique (ses amendements) et le maintien du statu quo. C’est le traditionnel tout ou rien, le réflexe naturels du pouvoir dictatorial.

La liste d’amendement devenant maintenant l’enjeu principal, la composition du Sénat devient cruciale pour tous les protagonistes et acteurs politiques. Préval fera tout ce qui est en son pouvoir pour confisquer le second tour. Cette fois-ci, il ira peut être plus loin que l’usage de faux pour faire passer ses candidats. L’internationale qui est partie prenante dans ces élections qu’elle a financées au ¾, étant témoin oculaire des fraudes et usage de faux qui ont été perpétrés au premier tour, acceptera-elle à assister, dans l’indifférence, à la répétition de ces même délits et au gaspillage frauduleux et irresponsable des fonds que l’internationale a investis ? Face à la confiscation systématique et manifeste des élections par fraude, remplissage d’urnes et faux procès verbaux, les citoyens n’ont-ils aucun recours contre ces abus de pouvoir ? S’il s’agit pour l’internationale de stabiliser le pays et de maintenir cette stabilité, elle doit être proactive. Prévenir au lieu de se contenter de condamner les abus après qu’ils aient été commis ! Il devient de plus en plus évident et pressant qu’une stratégie nouvelle soit nécessaire pour gérer à bon escient le second tour et les élections de la fin d’année ! Si non l’internationale est en train, qu’elle le veuille ou non, de financer la fraude et l’abus de pouvoir !

Il est absolument clair que d’ici 18 mois, les deux chefs d’états lavalassiens seront définitivement hors de la compétition présidentielle, mais pas hors d’état de nuire. Ils vont faire de leur mieux pour jouer le rôle de faiseurs de roi. Le changement de régime deviendra alors une opportunité réelle, concrète et réalisable, pourvu qu’on y mette, les moyens, la volonté, la coopération et l’effort. L’amendement de la Constitution est devenu une étape essentielle et fondamentale, à la re-lance sociale, économique et politique du pays. La volonté d’un homme et sa détermination, de faire obstacle aux amendements, peuvent-elles supplanter celles de toute une nation ? Allons-nous collectivement contribuer par inaction, au maintien du statu quo, de la corruption, du crime, de l’insécurité, de la misère et de la pauvreté ? Ou allons-nous assumer la responsabilité de forger notre avenir ?

L’internationale a été forcée finalement de se rendre à l’évidence. Elle est maintenant définitivement convaincu du fait que ce gouvernement ainsi que son régime politique d’origine, soient absolument incapables de gouverner. L’évidence est manifeste et criarde. Quatre gouvernements consécutifs du même régime, ont provoqué en moins d’une décade deux occupassions militaires. Haïti reste et demeure jusqu’à présent, un Etat en faillite durant les deux décennies que ce régime a occupé le pouvoir. Il est irréfutable que le pays a régressé énormément sous ce régime. Pourquoi pensez-vous qu’avec la présence de la Minustah responsable de la stabilité militaire, les Nations-Unies se sont fait l’obligation de nommer un émissaire spécial charger de la stabilité économique du pays ? Il suffit, de prendre lecture du Chapitre VII de la Charte des Nations-Unies, pour se rendre compte des limites de ce qui est permis sous ce Chapitre. Ensuite d’énumérer les pays pour lesquels le Chapitre VII a été évoqué. Et enfin, de poser la question : Dans quels pays pour lesquels le Chapitre VII a été évoqué, où l’ONU après 5 ans consécutifs de présence constante, s’est-elle fait l’obligation de nommer un émissaire spécial pour la stabilité économique de ce pays, qui soit un ex-chef d’état, et pas des moindre, un ex-chef d’état des Etats-Unis ? Quand on voit aussi Leonel Fernandez, président du pays voisin, demander à la communauté ibérique d’inclure Haïti en son sein, un pays de noirs créolophones et francophones. Quand on voit enfin, après les catastrophes cycloniques, les Etats-Unis, le Canada, la France, le Brésil et dernièrement l’Espagne, circonvenir intentionnellement le gouvernement pour distribuer directement l’aide aux sinistrés. Comment doit-on alors interpréter ces faits ?

A-t-on besoin d’être grand clerc pour constater et comprendre que Préval est en train de réagir négativement contre la contrainte qui lui a été faite par l’internationale de faire des élections qu’il ne voulait pas, et qui ont littéralement réduit en miette sa stratégie et ses ambitions politiques ? A-t-on besoin d’être grand clerc pour se rendre compte que la détermination manifeste de Préval de frauder ouvertement et délibérément pour confisquer ces élections subventionnées par l’internationale et pour lesquelles elle a investi 12 millions de dollars US, constitue un conflit d’intérêt grave utilisant le financement international pour abuser les citoyens du pays ?

Compte tenu de l’arrogance, de la détermination et de la ténacité de Préval quand il veut s’imposer, pourquoi n’a-t-il pas pu cette fois-ci imposer à un CEP, trié personnellement sur le volet, d’accepter les deux faux procès verbaux rédigés, validés et affichés par le BED du Nord et le BEC de Milot, en faveur de son poulain Moise Jean Charles, alors que c’est Préval lui-même qui a intimé l’ordre au BED du Nord de commettre ce délit ? Ce CEP tel qu’il est organisé et qu’il fonctionne, peut-il de sa propre initiative, rejeter ces deux procès verbaux et contrecarrer délibérément la volonté explicite de Prévale de faire de Moise Jean Charles son sénateur dès le premier tour ? Alors qu’il est évident que Préval soit seul capable d’intimer un tel ordre au CEP. Croyez-vous que Préval soit devenu brusquement scrupuleux et honnête ? Ou lui a-t-on intimé l’ordre qu’il a passé au CEP ? Préval est encore beaucoup plus faible qu’on ne le pense !








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