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Thèmes de l’Emission de la semaine

dimanche 31 mai 2009 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 29 mai, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Préval, malgré les apparences, est-il en train prématurément de battre de l’aile, à 18 mois des présidentielles ? Néanmoins, incapable d’agir à bon escient, Préval a encore potentiellement la capacité de causer du tort individuellement et collectivement. It is the nature of the beast ! Mais force est de constater et surtout de comprendre qu’il est en train d’essuyer des échecs qui laissent transparaître des signes pertinents de faiblesse.

La stratégie de Préval était plutôt de laisser les 2/3 du Sénat tombés en caducité, pour faire obstacle la déclaration d’amendement, prévu par la Constitution, pour la fin de la dernière session ordinaire de la 48e législature, le deuxième lundi du mois de septembre de cette année. Il poursuit le remplacement de la Constitution de 1987, qu’il considère comme une source d’instabilité. Il veut d’une constitution qui lui garanti le pouvoir à vie.

En réalité on est forcé de constater que la tenue des élections le 19 avril, peu importe la qualité, est un premier échec manifeste à cette stratégie de présidence à vie de Préval. L’internationale ayant investi 12 millions de dollars US pour organiser les élections, met en exergue ostensiblement et sans équivoque son appui à l’amendement et non au remplacement de la Constitution. Certes Préval s’est battu du bec et des ongles pour faire échec aux élections du 19 avril. Le chambardement provoqué délibérément par son candidat et les leaders de son parti au Département du Centre, en est la preuve. Selon ce qui était prévu, le Centre aurait dû être le point de départ du désordre, qui devrait se propager partout. D’ailleurs l’exclusion du parti lafanmi lavalalas, était surtout pour provoquer de la violence. Heureusement qu’ils l’ont compris et n’ont pas mordu à l’hameçon. La Minustah et la PNH se sont empressés, de circonscrire le problème, d’annuler immédiatement les élections au Département du Centre et d’augmenter de vigilance dans les 9 autres Département. Ceci constitue un second échec de la stratégie de Préval.

Le choix des candidats présentés par Préval, montre délibérément que son intention était de provoquer un affrontement, en supportant des criminels notoires comme candidats au poste de sénateur. Il compte jusqu’à présent sur le refus de la validation des pouvoirs de ces criminels notoires. C’est vers cet affrontement qu’il veut se précipiter pour provoquer un blocage, une arme à double tranchants : Faire traîner le conflit du refus de validation pour circonvenir la déclaration d’amendement. Ou contrôlant les 2/3 du Sénat, avoir le droit de veto pour bloquer la déclaration d’amendement, ou déclarer des amendements qui servent ses intérêts.

Craignant les incertitudes du second tour, Préval a voulu forcer la note en ordonnant au BED du Nord de faire passer Moise Jean Charles dès le premier tour. Le fait de n’avoir pas réussit ce tour de force est très significatif. Il avait réussit celui des élections confisquées du 21 mai 2000. Et pire, il a tenté d’assassiner le président du CEP, qui n’a eu la vie sauve qu’en gagnant clandestinement l’exile. Ne pas pouvoir réussir à imposer la victoire du plus notoire des criminel, est non-seulement un échec spectaculaire, mais elle révèle quelque chose de plus grave, que Préval ainsi que les dirigeants du BED du Nord et du BEC de Milot, n’ont pas hésité à faire usage de faux, les deux procès verbaux qui ont donné à Moise Jean Charles le pourcentage qui lui était nécessaire pour gagner dès le premier tour.

Comme dans un tour de prestidigitation deux procès verbaux, qu’on dit n’avoir pas été tabulés, apparaissent soudainement. Et c’est le décompte des votes de ces deux nouveaux procès verbaux qui fait passer de 23443 à 24252 le total des voix obtenues par Moise Jean-Charles. Le pourcentage obtenu par Moise Jean-Charles, passe alors de 49.49% à 51.84%. Cette manœuvre, en terme d’actions et d’implications, englobe beaucoup plus que ce qui apparaît à la surface. En aucun cas, son échec ne peut pas résorber les délits commis aux fins de la faire aboutir.

Si maintenant, Prévale et ses acolytes de l’institution électorale, pris en flagrant délit de fraude électorale, ont dû honteusement capitulé et Moise Jean-Charles est forcé malgré lui d’aller au second tour, qu’en est-il advenu de ces deux faux procès verbaux dont les contenus ont été publiés, et qui constituent le corps du délit ? Apparaissent-ils et disparaissent-ils, sur commande, comme par enchantement pour servir les intérêts et le bon plaisir du prince ?

- Moise Jean Charles a demandé une recompte du vote par-devant le BED du Nord qui s’est érigé en Bureau du Contentieux Electoral Départemental (BCED). L’ordre de la recompte est donné. Deux procès verbaux, dûment rédigés et parafés, d’urnes qui n’ont pas été tabulées, ont été trouvés. Le nombre de voix dans les deux urnes trouvées, se chiffre à 809 voix, en faveur de Moise Jean Charles. Il a maintenant plus que le pourcentage exigé par la Constitution, soit 51.84%.

- Il arrive que l’ordinateur du système de tabulation fixe à 400 le maximum d’électeurs inscrits par liste partielle. D’où viennent ces 9 voix ? Avec une participation exceptionnelle à 100%, on aurait pu avoir à la limite 800 voix !

- La liste d’émargement de ces deux bureaux de vote, qui est une copie conforme de la liste partielle, contient-elle plus de 400 inscrits ?

- Dans ces deux Bureaux de vote, a-t-on voté exclusivement que pour Moise Jean Charles ?

- Le BEC et le BED ont dûment vérifié la précision du décompte contre le fichier d’émargement, les signatures etc. pour éviter tous vices de forme et erreurs, avant de valider ces deux procès verbaux, publier les nouveaux résultats et les acheminer vers le CEP.

- Sans aucune explication de la part du CEP, les électeurs du Nord apprennent, à partir de la publication de la liste des candidats allant au second tour, que les résultats publiés par les autorités électorales du Nord, ont été rétractés (BED du Nord et BEC de Milot).

Pourquoi le CEP a-t-il refusé de valider et d’accepter ces deux procès verbaux, sans aucune explication ? Est-on en plein dans l’arbitraire ? Le CEP ne peut pas en vase clos se décider de rejeter sans explication des procès verbaux officiellement publiés qui contiennent le décompte des voix, l’expression de la volonté des électeurs du Nord. L’indépendance de l’institution électorale est par rapport aux 3 autres pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire), mais pas par rapport aux électeurs. Le CEP protège, gère et coordonne l’expression de la volonté générale. Il en est le gardien, mais pas le propriétaire. Il ne peut disposer d’une urne accompagné de son procès verbal dûment rédigé, parafé et validé par des autorités électorales dûment assermenté du BED du Nord et du BEC de Milot qui en ont publié les résultats. Il faut que le CEP dise la ou les raisons qui justifient un tel rejet, sans appel. Est-ce que c’est le proverbial « casser feuille, couvri ça » ! Ayant été vérifiés, ratifiés et publiés par deux instances officielles, un BEC et un BED, on peut assumer que la seul raison qui puisse justifier un rejet aussi radical sans explication et sans appel de ces procès verbaux, soit que le CEP ait découvert et soit convaincu que ces procès verbaux soient faux. Autrement qu’il nous informe de la ou les raisons !

Le CEP reconnaît-il que ces procès verbaux sont faux ? Si telle est la raison, le délit de faux et usage de faux ayant été commis et découvert par le CEP dans le cadre de l’institution électorale, qu’il coiffe en tant qu’autorité responsable, il ne peut pas rester indifférent face à cette découverte, au risque d’être perçu et accusé de complicité avec ceux qui ont perpétré le délit. Qui sont les rédacteurs et signataires de ces deux procès verbaux ? Les autorités du BEC de Milot et celles du BED du Nord pourquoi ont-elles validé ces deux procès verbaux que le CEP a rejetés ? Le CEP va-t-il maintenir à leurs postes ceux qui ont rédigé et parafé ces faux procès verbaux et questionner sévèrement la complicité des autorités des 2 instances supérieures qui les ont validés ? Le CEP ne se sent-il pas obliger de protéger les électeurs contre de tels actes délictueux ? Finalement, le CEP poursuivra-t-il ceux qui ont rédigé et parafé ces faux procès verbaux, pour faux et usage de faux ? Si ces officiels restent en place pour gérer le second tour annoncé pour le 21 juin, auront-ils la confiance des électeurs pour remplir ce rôle ? C’est un cas très grave d’usage flagrant, officiel et public de faux. Ce serait une gaffe énorme de la part du CEP de refuser de valider ces faux procès verbaux et de rester totalement indifférent envers le délit commis par ses subalternes et de continuer à les tolérer au sein de l’institution électorale. Si ce cas manifeste de faux et d’usage de faux par des autorités électorales, passe comme une lettre à la poste, sans aucune conséquence, il ne faut pas s’étonner, si elles récidivent aux prochaines élections. L’autre question qu’on se pose tout naturellement : Est-il de l’intérêt de la plus haute autorité de protéger et de maintenir à son service au sein de l’institution électorale des exécuteurs de basses œuvres qui lui permettent d’obtenir les résultats qu’il convoite ?

L’annonce de la nomination de Bill Clinton comme émissaire spécial des Nations-Unies coïncidant avec celle du second tour, est arrivée comme un cheveu sur la soupe pour Préval. Il n’a pas cessé de s’en plaindre. « Ce n’est pas ça que j’ai signé. On a refait les cartes etc. » L’accord de la souveraineté partagée, donne à Préval un partenaire qui le connaît et dont il reconnaît la pertinence de l’énormité de son poids politique et de son influence mondiale. Il perçoit déjà que ce ne sera pas un partenariat à part égal. A 18 mois des présidentielles, au moment où Préval aurait besoin de plus d’espace de manœuvre, ce n’est pas ça que ce partenariat vient pour lui offrir. Alors que la Minustah garantit la sécurité militaire, Bill Clinton va s’atteler à rétablir la stabilité sociale et économique. Son rôle est de devenir l’interlocuteur entre Haïti et les bailleurs de fonds. Avec la nuance qu’il ne pourra pas forcer les bailleurs de fonds à faire confiance et à s’engager avec un gouvernement qui est classé comme le plus corrompu du monde et qui est en train de battre de l’aile. Le scandale électoral dans le Département du Nord, confirme et affirme ce classement. Bill Clinton, avec ses ambitions personnelles, ne peut pas se permettre d’échouer en Haïti. D’autant plus que les Etats-Unis par son truchement reprend le dossier d’Haïti en main, avec un nouveau gouvernement qui prône le changement. Malheureusement Préval, ce n’est pas seulement du réchauffé, mais du rata ! Dans l’état exécrable où se trouve le pays, ramener la stabilité social et économique exige un effort et une vision qui contemplent un avenir beaucoup plus lointain que les prochains 18 mois qui reste à Préval. Il faut à Clinton de nouveaux partenaires, plus permanents, plus stables et surtout plus intelligents. La présence de Bill Clinton, va-t-il servir les intérêts politiques de Préval ? Est-ce que Préval aura l’opportunité de faire du marronnage traditionnel, comme il en a l’habitude ? Préval, aura-t-il aucun levier politique qui puisse lui permettre de contre balancer les efforts et l’influence de Bill Clinton ? J’en doute ! Est-on déjà en train de tourner la page ? Il est un peu trop tôt pour en avoir la certitude !








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