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Thèmes de l’Emission de la semaine

dimanche 26 avril 2009 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 24 avril, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Les élections sénatoriales partielles du 19 avril sont sur la voie de déjouer la stratégie qui a porté Préval à ne pas vouloir les faire plus tôt, en novembre 2007. Préval avait voulu par cette omission empêcher la 48e législature de faire la déclaration de la liste des amendements à sa dernière session ordinaire qui commencera le deuxième lundi du mois de juin comme prescrit par l’Article 282.1 de la constitution. Pour éviter le pire, le remplacement de la Constitution de 1987, il fallait faire les élections sénatoriales partielles pour consolider le quorum sénatorial. La Constitution requière une majorité de 2/3 dans les deux chambres pour faire la déclaration d’amendement. A cause de cette exigence constitutionnelle, les élections du 19 avril 2009 deviennent un passage obligé. Faite a temps elles offrent aussi l’opportunité de pouvoir en deux ans exécuter à la lettre le processus et la mise en application de ces amendements avec l’installation d’un nouveau chef d’état le 7 février 2011. Ne pas faire ces élections à temps ferait perdre l’opportunité de ce raccourci de 2 ans et exposerait le pays aux risques que comporte le remplacement de la constitution, ce que Prévale obstinément.

Il y a dans cette constitution, des acquis démocratiques, des garantis de droits et de libertés publiques, des obligations de l’Etat envers ses citoyens et des garde-fous qu’il nous faut garder jalousement. Mais, il nous faut en outre, admettre qu’il soit nécessaire pour améliorer sa mise en application, sa fonctionnalité, faire des changements tant dans la forme que dans le fond, pour éliminer certaines exclusions, réduire certains excès, préciser le texte et clarifier son interprétation.

Face aux trois options, remplacer, amender, ou appliquer à la lettre la Constitution de 1987, voulant éviter le mécontentement et les affrontements qu’aurait pu causer toute tentative de remplacement de la constitution, l’internationale a misé fortement pour forcer les sénatoriales partielles. Peu importe le taux de participation et la qualité de ces élections qui laisse beaucoup à désirer, ce n’est pas étonnant qu’elle manifeste une certaine satisfaction. Pour l’internationale, elle vient de franchir un obstacle, un passage dangereux qui aurait pu tout chambarder.

D’une part on est frustré par le spectacle scandaleux offert par des candidats de Préval au Département du Centre qui aurait pu aisément se répandre sur tout le territoire. Et de l’autre perplexe, on est bien obligé de se poser la question, comment se fait-il, que la Minustah et la PNH, ont-elles pu laisser libre cours à la violence perpétrée par deux personnages connus, deux candidats au Sénat, au point où les élections du Département du Centre ont dû être annulées ? Ils ont de fait violé impunément les droits des citoyens de ce Département, en leur empêchant d’exprimer leur volonté politique. N’ont-ils pas délibérément gaspillé les sommes énormes investies pour la réalisation de ces élections ? Pour tracer l’exemple ne devrait-on pas prendre en considération cet aspect pécuniaire des conséquences de leurs actes délibérés, pour leur imposer en plus de l’incarcération, un dédommagement ? En outre la PNH dans cette mêlée, ne doit-elle pas expliquer pourquoi ses officiers ont-ils été directement et ouvertement impliqués, accompagnant l’un des candidats dans tous ses forfaits ? L’action publique sera-t-elle mise en mouvement contre ces deux personnages et leurs complices, comme le prétend le ministre de la justice ?

Bien avant l’annonce de l’opération « la ri banche, port fèmen » des stratèges du leadership collectif du parti lafanmi lavalas, il était absolument clair pour tous ceux qui tant soit peu ont une certaine expérience en matière électorale que la participation à des élections partielles soit invariablement faible, peu importe le pays ou la culture. Ajouté aux faits que ce CEP soit pire que ses prédécesseurs et que menacé par la famine, le peuple haïtien était beaucoup plus occupé et préoccupé par sa survie que par la politique. On ne pouvait pas espérer mieux. Ce serait triste et ridicule pour les lavalassien de crier victoire et de croire, que le faible taux de participation soit dû uniquement à leur opération de boycottage. Ils l’ont peut être diminué sensiblement. Mais leur boycottage ne peut pas être la cause fondamentale et primordiale de la faiblesse de la participation. C’est la nature invariable des élections partielles. Ils auraient mieux fait d’exploiter le vote négatif, pour avoir un effet plus direct et plus positif, rétablissant leur prépondérance politique dans une action unitaire. Et récolter au centuple les retombés aux élections de la fin d’année et des présidentielles. Quand l’abstention en tant qu’acte politique n’a ni le pouvoir, ni la capacité de changer le cours des choses, elle est futile et gratuite.

Qui l’eut cru ? Et ce n’est pas une anecdote, mais un fait. Frantz Gérard Verrettes président du CEP est allé voir Préval au palais national pour lui communiquer le rapport des élections. Après avoir entendu le rapport, Préval dit à Verrettes : « Le pourcentage de participation est vraiment faible. Il faudrait annuler les élections. » Verrettes de répondre : « Excellence l’internationale a investi tant d’argent pour réaliser ces élections, et malgré la faible participation, elle a déjà manifesté sa satisfaction publiquement. Il m’est impossible dans ces circonstances de les annulées. » Préval réplique : « Dans ce cas, donnez-moi tous mes candidats dès le 1er tour. An nous bêtiser élection an. » Verrettes lui répond : « A ce stade je ne peux pas changer le décompte. Les résultats sont connus. » Préval lui coupe la parole et le renvoie.

Inquiété par la réaction de Prévale et se sentant entre l’enclume et le marteau, Verrettes se précipite auprès d’Hédi Annabi pour lui faire part de la réaction de Préval et de sa demande. Hédi Annabi surpris, va voir Préval au palais et lui dit fermement que les résultats doivent être publié comme ils ont été compilés.

Voilà où transparaît le caractère astucieux et pervers de Préval « An nous bêtiser élection an. » A qui le dit-il ? Au président du CEP le responsable des élections. C’est encore quelqu’un d’autre qui va exécuter ses basses œuvres, pour servir ses intérêts personnels contre ceux de toute une nation et de l’internationale. S’il vous plait, le pays le plus pauvre de l’hémisphère vient de dépenser, avec l’aide internationale bien sûr, 16.5 millions de dollars US pour consolider le quorum sénatorial fragilisé par Prévale, pour faire la déclaration des amendements de la constitution. Dans cette conjoncture où les destinés de la nation sont en jeu, Préval chef d’état de cette nation, ne constitue-t-il pas un danger pour les intérêts de cette nation ? Je mets Préval en défi de démentir le fait qu’il a fait cette insinuation au président du CEP ! Certes, Verrettes pour garder son job peut le nier. Mais dans sa conscience, il sait que c’est la vérité !

Préval qui a refusé à dessin de faire ces élections depuis novembre 2007 pour empêcher à la 48e législature de déclarer la liste d’amendements, se voit maintenant bien obliger d’avaler cette pilule amère, qui met fin à ses ambitions de confiscation de pouvoir à vie. Ce n’est pas pour rien que Sophie de Lacombe porte-parole de la Minustah vient de demander qu’on publie les résultats le plus tôt que possible, pour préparer le deuxième tour. Personne n’est dupe. L’internationale sait et comprend de quoi il en retourne !

On n’est pas pour autant sorti de l’auberge. Il y a encore ceux qui, peut être de bonne foi, veulent, comme Préval, l’annulation des élections, pas basé sur la fraude électorale, mais sur le taux de participation, ce qui est absurde. Réalisent-ils qu’ils sont en train de faire le jeu de Préval ? Il y a aussi des sénateurs qui veulent s’opposer à la validation des pouvoirs des élus, et qui le déclarent publiquement sur les ondes. S’opposent-ils à la validation des pouvoirs de tous les élus, ou seulement à certains élus ? Cette une nuance est importante. Elle peut nous sortir du piège que Préval nous a tendu.

On se trouve maintenant dans un imbroglio où il n’y a pas d’option évidente, manifeste qui permet de faire un choix judicieux, sans se trouver avec au moins un pied dans la merde ! Alors que la fraude électorale soit une cause irréfutable d’annulation, le taux de participation ne l’est pas.

Annuler les élections nous met automatiquement en face d’une situation manichéenne, le remplacement ou la mise en application à la lettre de la constitution. Or, quel paléo, crypto ou néo-lavalassien de souche acceptera à appliquer la constitution à la lettre ? Les lavalassiens sont au pouvoir depuis 1991. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait depuis tout ce temps ? Pire, le remplacement est le choix préférentiel de Préval. D’ailleurs, il a déjà en sa possession plusieurs versions du remplacement de la constitution. De plus le remplacement lui garantit la présidence à vie ! Il est de même qu’Aristide à son dernier mandat constitutionnel.

Accepter les résultats des élections, pour permettre à la 48e législature de faire la déclaration de la liste des amendements, est vital non seulement pour la survie de la Constitution, mais surtout pour la stabilité et l’avenir du pays. Mais peut-on, en toute honnêteté, demander à des sénateurs qui se respectent et qui sont aussi respectueux du prestige du corps législatif, de valider les pouvoirs de criminels notoires ? Voilà le hic !

Dans un esprit de compromis, mais pas de compromission, puisqu’on a aujourd’hui 18 sénateurs siégeant, la validation des pouvoirs étant individuelle, mais pas collective, les sénateurs peuvent-ils valider les pouvoirs d’au moins 2 élus au poste de sénateur qui soient, bien sûr, de bonne vie et mœurs, pour rétablir le quorum du Sénat au 2/3 ? Ce faisant, permettre à la 48e législature de travailler sur la liste des amendements, dès l’ouverture de la dernière session ordinaire et d’en faire la déclaration en septembre 2009.

Bien que depuis un demi-siècle, les délinquants des deux régimes populistes maintiennent le haut du pavé, font à leur guise, foulant au pied tous qu’il y a de respectables comme valeurs dans la société, peut-on, dans ces circonstances où se joue les destinés d’un pays, fléchir une fois de trop et leur permettre de prendre en otage toute une nation ? Préval a délibérément introduit la candidature de ces criminels notoires, pour créer cette impasse. Il revient, dans ces circonstances, aux sénateurs dignes de ce titre d’assumer leur responsabilité, de rétablir le quorum du Sénat par le biais de la validation individuelle des pouvoirs des élus jugés dignes et d’offrir à la 48e législature la chance de remplir son rôle historique, faire la déclaration de la liste des amendements de la Constitution de 1987. Le Grand corps, s’il mérite le respect qu’on lui doit, ne peut pas se laisser mener comme des moutons de Panurge par Préval. Les intérêts d’un seul homme ne peuvent pas supplanter ceux de toute une nation ! Sénateurs la nation vous observe ! L’histoire vous jugera ! Caveant consules ne quid detrimenti respublica capitat !








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