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Thèmes de l’Emission de la semaine - Par : Robert Benodin

dimanche 19 avril 2009 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 17 avril, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

La semaine des suspenses :

- Mardi, Haïti sollicite 946 millions de dollars à la conférence des bailleurs de fonds à Washington.

- De mercredi à samedi, Sommet des Amériques à Port-of-Spain Trinidad, à quoi doit-on s’attendre ?

- Jeudi, visite d’Hillary Clinton, précédée d’une douche froide pour les lavalassiens, l’article du Miami Herald annonçant l’enquête sur JBA.

- Dimanche, élections sénatoriales partielles. Auront-elles lieu dans le calme et la sérénité ? Quelle en sera la qualité ? Qui les remportera ?

Ayant sollicité 946 millions de dollars, les bailleurs de fonds n’ont accordé au gouvernement que le tiers, 324 millions pour les prochains 2 ans, soit 162 millions l’an. Il est important aussi de remarquer que les bailleurs de fonds, ainsi que les acteurs politiques qui ont pris la parole au cours de la journée, ont insisté, pour la première fois, sur une meilleure coordination de la gestion de l’aide internationale pour les pays en proie à la pauvreté. Il s’agit d’une vingtaine de pays dont Haïti.

Est-ce que le gouvernement haïtien a reçu enfin tout ce qu’il était en train de quémander depuis des mois, à la Banque Mondiale, au FMI, à la BID et au Canada, etc., le financement de 125 millions de dollars US pour combler le trou budgétaire ? Les Etats-Unis ont promis 57 millions dont 20 millions pour combler ce trou budgétaire. En total, 41 millions on été promis à cette fin, par les bailleurs de fonds. Le gouvernement aura donc à se trouver 84 millions de dollars US, pour balancer son budget. Si non, il n’a que trois options, la réduction du budget, l’augmentation des taxes ou la planche à billets. S’il choisit la planche à billets, le taux de change de la gourde augmentera drastiquement, ainsi que le coût des produits importés.

Alors que le premier ministre haïtien Michèle Pierre-Louis incitait les bailleurs de fonds à venir en aide à Haïti, qui se trouve dans une situation très précaire, les mettant en garde contre les conséquences catastrophiques qui peuvent en résulter s’ils n’interviennent pas rapidement. Ce faisant, il a insisté sur la nécessité pour Haïti de s’embarquer dans un nouveau partenariat avec la communauté internationale.

Cependant, l’ex-président Bill Clinton s’est exprimé autrement. Il a appelé les donneurs d’aide à ne pas simplement débourser l’argent. Mais il faut que la communauté internationale s’engage à mieux coordonner la gestion de l’aide, pour forcer Haïti à sortir de la spirale de pauvreté et de dépendance où elle gît. « Si on ne peut pas démontrer de manière convaincante que l’on a fait du progrès avec cet argent que l’on va débourser, on ne nous en donnera plus ! » Il est important de se rappeler un fait, qu’Aristide et Préval aient reçu et gaspillé de 1994 à l’an 2000, plus de 2 milliards 390 millions de dollars US, sans le moindre signe de progrès. Et aussi de savoir que c’est le président Bill Clinton qui, à la fin de son mandat en décembre de l’an 2000 sous Préval, a drastiquement coupé l’aide étrangère au régime lavalas. Bill Clinton ne se fait pas d’illusion. Il sait à qui il a affaire !

Il devient maintenant clair et évident que ce ne soit pas par hasard que Ban Ki-Moon ait invité Bill Clinton à l’accompagner pour être témoin oculaire de l’engagement de Préval à l’accord de « la souveraineté partagée ». Le marronnage traditionnel haïtien est-il finalement mis en échec et mat avec cet accord ? Ou est-ce que Prévale s’en fout, comme d’habitude ?

Entre-temps, la crise post-cyclonique persiste, sans aucune intervention sérieuse de la part du gouvernement. La situation qui a provoqué les émeutes de la faim est entrain de s’empirer. La FAO, au lendemain des ravages cycloniques, avait fait une mise en garde, que 3 millions d’Haïtiens sont menacés de famine. S’en est-on inquiété ? Quand est-ce que les recommandations de Paul Collier vont-elles se matérialiser, HOPE II et les travaux d’infrastructure, pour réduire le chômage, stimuler l’économie et prévenir l’éclatement social ?

Il nous faut admettre que ce gouvernement est dépassé et est incapable de jongler simultanément la multitude de problèmes qui l’accable. Dans 2 mois on se retrouvera en plein dans la saison cyclonique. Qu’est-ce qui a été fait, pour empêcher que l’eau ne fasse les mêmes ravages ? Qu’est-ce qui a été fait, pour aménager des centres d’accueil pour protéger les vies et ne pas accumuler plus de morts que la totalité accusée par toute la Caraïbe ? Qu’est-ce qui a été fait, pour avertir et protéger les plus démunis, ceux qui vivent dans les endroits les plus reculés ? Il ne s’agira plus de continuer à s’apitoyer sur le sort du pays, et dire qu’Haïti n’a pas de chance ! Il nous faut avoir le courage d’admettre qu’Haïti, depuis un demi-siècle, s’est choisi des gouvernants populistes, incapables de gérer sa problématique !

Si le peuple haïtien préfère le système du népotisme de la médiocrité, choisit de vivre et de fonctionner au niveau du plus petit commun dénominateur, dans le cadre du nivellement par le bas et veut continuer à se laisser leurrer par le discours populiste démagogique et incendiaire, tant pis pour lui. Il continuera à gésir dans le gouffre de la pauvreté, dans l’abîme de la misère et dans les tourments du désespoir. Certes, aucun peuple ne mérite, ni un tel sort, ni un tel avenir. Mais pourquoi persiste-t-il avec entêtement depuis plus d’un demi-siècle à vouloir ruminer ces mêmes mauvaises herbes, tant au niveau du législatif que de l’exécutif ? On est le pays le plus pauvre de l’hémisphère et le plus corrompu du monde. Voilà le patrimoine que nous ont légué ces types de gouvernants populistes. On ne peut pas ne pas en être conscient.

Comment expliquer le fait, qu’après une lutte insurrectionnelle féroce et sanglante de 3 ans, qui a abouti au renversement du régime lavalas le 29 février 2004, qu’on ait retourné paradoxalement au pouvoir le 7 février 2006, deux ans plus tard, René Garcia Préval, le 1er premier ministre de lavalas et le 2e chef d’état de lavalas ? Après avoir été témoin pendant 5 longues années de ce qu’il a offert comme performance à son premier mandat, l’incompétence de Préval ne devrait pas être une surprise pour personne, Si Préval avait tant soit peu de compétence et d’intégrité accepterait-il avec complaisance, d’être le paillasson d’Aristide ? Il y avait-il vraiment quelque chose à espérer de lui ? Avait-on vraiment voulu croire naïvement qu’il pouvait se réinventer ?

Vous ne vous êtes jamais posé sérieusement ces questions :

- Pourquoi depuis l’établissement de ces deux régimes populistes, les citoyens haïtiens abandonnent-ils leur pays en masse, pour aller vivre ailleurs (Boat People) ?

- Pourquoi sur la même île, malgré les mauvais traitements et le préjugé dont ils sont l’objet, les citoyens de la partie Ouest persistent à aller volontairement dans la partie Est, pour aller travailler à la construction et la consolidation de la prospérité de la partie Est ?

- Comment se fait-il que dans la partie Est de la même île, on ait un régime démocratique fonctionnel, la stabilité sociale, économique et politique, et que dans la partie Ouest on ait, l’anarchie, la misère, la pauvreté, le désespoir, le chômage, le déséquilibre social, économique et politique ?

- Pourquoi la communauté internationale a-t-elle été obligée, dans l’espace d’une décade (1994 à 2004) d’envoyer en deux fois une armée multinationale en Haïti ?

- Pourquoi selon le rapport de la Banque Mondiale, 83% des professionnels, des intellectuels, des techniciens et des administrateurs ont-ils été forcés d’abandonner Haïti ?

- Est-ce qu’il nous manque un chromosome qui nous empêche de faire l’effort pour franchir le seuil de l’ère de la Démocratie et du développement ?

- Mis à part la confiscation du pouvoir pendant plus d’un demi-siècle par les populistes, il y a-t-il un autre élément de blocage qui nous empêche de franchir ce seuil ?

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Nous avons avec nous, sur les ondes de Radio Classique inter, Le journaliste et syndicaliste Raymond Laurent, revenant d’Haïti, qui va partager ses opinions avec nous sur la situation haïtienne.

Raymond Laurent, nous vous souhaitons la bienvenue sur les ondes de Radio Classique Inter.

RB : Vous venez de rentrer d’Haïti aujourd’hui. Vous avez visité plusieurs Départements.

Qu’est-ce que vous avez observé ? Quelles sont vos impressions ?

RL : C’est une situation économique difficile. C’est un pays plongé de plus en plus dans la misère. Où il y a une absence totale de l’autorité de l’Etat. Quand on se rappelle les promesse faites par le président au cours de sa campagne électorale, de restaurer l’autorité de l’Etat, ce n’est pas ce que j’ai constaté. Ce qui continue à ruiner le pays c’est la corruption. J’ai eu la chance depuis le 25 mars le jour de ma rentrée en Haïti, de visiter plusieurs départements. Nous sommes allé dans l’Artibonite où j’ai eu la chance de visiter la zone de l’Ester. L’état de la route reflète la difficulté de la situation du pays. Je vous ai entendu parler d’infrastructure. Les infrastructures sont totalement délabrées. Du coté de Plateau Central, le Morne-à-cabri, il y a une grande amélioration. Du coté de Mirebalais il y a l’Union-Européenne qui est en train de construire la route. C’est une compagnie dominicaine qui est en train d’asphalter cette route. S’il y a des compagnies haïtiennes qui travaillent sur cette route, ce sont des sous contractants.

La situation de corruption se répand partout dans le pays. Dans cette période électorale on constate l’argent qui se gaspille. Cela nous donne une idée de l’état des choses. Il y a certains candidats qui n’ont pas les moyens de faire campagne. Tandis qu’il y a d’autres qui en ont tellement, qu’ils ne savent quoi en faire. Les candidats du parti du président sont dans cette catégorie.

Du coté du Sud-est la situation est aussi difficile. La route nationale, si par malheur on a une forte averse, la route sera coupée en deux. Ceux qui viennent de Jacmel allant vers Marigot, Cayes-Jacmel seront bloqués. On est obligé de se demander, s’il y a un ministre des travaux publics. S’ils prennent le temps de visiter ces zones, pour constater l’état catastrophique des routes.

Du coté du Sud, il faut que je dise qu’à la veille des élections il y a de grandes possibilités de confrontation entre la police et la population. On avait annoncé la construction de cette route qui mène de Cayes à Jérémie. Malgré que les fonds aient été votés, avant le départ de l’ex-premier ministre Jacques Edouard Alexis, les grandes cérémonies faites à Jérémie annonçant la construction de cette route du Sud, rien n’a été fait. Il y a eu la semaine dernière une démonstration et le slogan était, « Pas de route, pas d’élection ! »

A la veille des élections du 19 avril il y a 3 zones à surveiller, Plateau Central, le Sud, l’Ouest, pour comprendre comment la situation va évoluer de samedi à dimanche. La police a déjà annoncé qu’à partir de 9 heures du soir samedi, la vie nocturne doit cesser, jusqu’à lundi matin 5 heures. A moins d’être des voitures autorisées, des ambulances, la police, etc. les voitures privées non-autorisées ne peuvent pas circuler. Est-ce que les lignes aériennes vont fonctionner ? Si on doit voyager ce jour là, il est prudent de contacter les lignes aériennes pour s’informer.

On était hier sur la route nationale numéro UN, les gens qui m’accompagnaient m’ont fait remarquer qu’il n’y a plus de pneu usagé disponible nulle part pour le moment. Comprenez-vous ce que ça signifie ? Dans quelle condition les élections vont se faire surtout dans le département de l’Ouest. Le fait que le parti lavalas qui se considère comme le parti majoritaire, ait été exclu par le CEP, il a fixé sa position par rapport à ces élections. Il y a 5 jeunes qui on entamé une grève de faim. Leurs réactions à cet état de fait, leur donnent une grande couverture médiatique. Ils reçoivent des visites de la communauté internationale, des organismes de droits humains, etc. La situation est assez compliqué à la veille d’une élection qui coûte déjà trop chère pour un pays aussi pauvre qu’Haïti, 16.5 millions de dollars US, pour élire seulement 12 sénateurs. La question est de savoir les élus vont-ils être ratifiés au Sénat ? C’est sûr que l’élection se fera. Dans quelle condition elle va se faire dans les régions les plus chaudes, le Sud, le Sud-est, le Plateau Central là où il y a eu beaucoup de tires d’armes à feu dans les zones de Mirebalais et de Lascahobas. Il y a aussi un phénomène remarquable dans cette zone, un député qui a été élu alors qu’il était en prison. Il est très influent, il se peut qu’il gagne aux élections.

On peut en résumé dire, un pays très sale, très pauvre, avec un gouvernement qui n’assume pas ses responsabilités. On observe parfois des contradictions, des poubelles vides près d’un tas de fatras. Voilà ce que nous avons observé pendant les quelques jours que nous avons passés dans le pays.

RB : On vient d’observer la radiation d’Yvon Neptune, de Stéphen Francisque, d’Yves Cristallin, de Phélito Dorant et de Jonas Coffy, du parti lafanmi lavalas.

La division est-elle entrain de s’aggraver au sein du parti ? Ou il y a-t-il d’autre raison pour cette mesure drastique ?

RL : Le président Préval est en train de diviser pour régner. Il y a des membres du parti lavalas qui sont considérés par certains comme des ex-lavalassiens. Yvon Neptune par exemple, ancien premier ministre, ancien porte-parole a.i du parti lafanmi lavalas, ancien ministre de l’intérieur, homme influent par rapport aux positions qu’il a occupées, on le considère aujourd’hui comme un traître, non seulement envers le parti, mais aussi envers l’ancien président et chef spirituel de lafanmi lavalas. Il y a plusieurs gros potentats de la fanmi lavalas qui sont dans une position tout à fait contraire à ce que le parti a décidé. Avec l’opération « port fèmen lari blanch », Yvon Neptune encourage le peuple à voter. Sô Anne et son mari, d’après ce qui se dit au sein de lafanmi lavalas, sont des gens payés par Préval, pour lancer une opération encourageant le peuple à voter. Cristallin qui n’est pas considéré comme un membre actif de lavalas aurait reçu de l’argent de Préval aussi. On peut constater le niveau de corruption dans l’arène politique, et en même temps la politique de division. On est en train de se demander, si ce qui est arrivé entre lavalas et l’OPL ne va pas se répéter. Il est un fait que tous les leaders de lafanmi lavalas ne sont pas sur la même longueur d’onde. Maryse Narcisse qui est mandatée pour représenter le parti dans le pays. Yvon Neptune, Sô Anne et d’autres qui sont des gens assez influents du parti. Leur comportement met l’emphase sur la division au sein de cette famille politique.

RB : Dans l’opinion générale, fait-on assez de confiance au CEP pour l’organisation des élections ?

RL : A mon avis ce CEP est le pire des CEP que l’on a eu jusqu’à présent. Les conseillers, ils se félicitent pour leur performance. La semaine dernière, j’ai eu le trésorier du CEP, monsieur Gayo Dorsainvil qui se ventait de la bonne préparation, pour une élection honnête, crédible et démocratique. Mais ce n’est pas le cas. La communauté internationale ne fait aucun crédit à ce conseil électoral. Elle considère ce CEP comme piètre au niveau de la qualité de leurs travaux. La Minustah participait autre fois au choix des gens qui assument certains postes dans les différents niveaux de l’appareille électoral. Aujourd’hui ce CEP en garde l’exclusivité. La Minustah va se charger seulement de la sécurité. Il y a des chars d’assaut qui sont déjà plantés au Centre de tabulation. Cela n’empêche que deux fois par semaine, que les plus hautes instances, du coté de la primature, les membres de la communauté internationale, la PNH, le ministère de la justice, le ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales, ils se réunissent tous les mardis et jeudis, pour travailler sur la réussite des élections. Nous sommes sûr du fait que la communauté internationale sait que la qualité des élections laisse beaucoup à désirer.

RB : Avec l’opération « port fèmen, lari blanch », peut-on être quiet au sujet des élections ?

RL : Nous l’avons dit. Les pneus usagés sont rares à certains endroits. Il y a des gens qui sont très déterminés. Même quand le parti lavalas dit qu’il va faire une opération pacifique. On demande au gens de ne pas sortir dans les rues pour aller voter. Les églises ne doivent pas fonctionner. Les gens ne doivent pas aller au marché. C’est la politique de la porte fermée. Mais cela ne suffit pas pour garantir que nous allons avoir une journée tranquille dimanche. Probablement il y a certains endroits où la consigne ne sera pas observée. Cela peut produire de la casse. Rien n’est certain dans la situation telle qu’elle se présente. Les intérêts sont clairement divergents.

RB : Je te remercie Raymond pour ta participation et espère pouvoir t’inviter pour une prochaine fois.

RL : Ça a été un plaisir Bob. Je serai toujours à ta disposition. Je salue les auditeurs de la station et les internautes








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