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Thèmes de l’Emission de la semaine - Par : Robert Benodin

dimanche 15 février 2009 par Robert Benodin

Thèmes de l’Emission de la semaine
Orlando le 13 novembre, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Après 3 ans de misère sans gloire, où la prépondérance n’était accordée qu’à l’équilibre macroéconomique, le nouveau duo Préval/Pierre-Louis se soucie-t-il soudainement du patrimoine qu’il va léguer ? Ce changement est-il de style ou de substance ? Dans le pays le plus pauvre de l’hémisphère, Préval et Pierre-Louis, viennent-ils de découvrir brusquement que le social aurait dû être la priorité ? Ou ce déficit budgétaire, volontairement provoqué, sera-t-il exploité à d’autres fins inavouables ? Toujours est-il, que face à ce déficit budgétaire, Préval se comporte comme un diable dans un bénitier. Après avoir reçu de la FMI, la permission de financer seulement que 50 millions de dollars de ce déficit, à travers la Banque Centrale d’Haïti. Et ayant reçu directement ce message clair et sans équivoque, d’un personnage de haut rang en visite en Haïti : « You are going down the wrong path ! » Le dos au mur, Préval essaie de faire d’une pierre deux coups, se rapprocher de Washington pour se réconforter et se trouver un financement pour la balance du déficit budgétaire. Sa ruée vers Washington avec son entourage, montre clairement qu’il a reçu et compris ce message inquiétant. Même plus que ce message, il sait, que la pression exercée par la communauté internationale pour la tenue des élections du 19 avril 2009, met en exergue d’une part, la volonté manifeste de maintenir la Constitution de 1987 amendée, mais pas de la remplacer, comme il l’entend. Et de l’autre que l’on se débarrassera coûte que coûte de lui, le 7 février 2011. Mentionnons en passant, que Préval a déjà en main, des esquisses rédigées en plusieurs langues, d’une nouvelle constitution qui abolira la limite de deux mandats présidentiels. Vous devinez j’espère, ce que cela signifie ? Le retour à la présidence à vie.

En résolvant le problème de la fragilité du quorum sénatorial avec le renouvellement d’un tiers du Sénat aux élections prévues pour le 19 avril 2009, la déclaration d’amendement devient possible avec une majorité de 2/3 dans chacune des deux chambres. Elu aux élections de la fin d’année 2009, la 49e législature adoptera en 2010 les amendements déclarés par la 48e législature. Et enfin le 7 février 2011, avec un nouveau chef d’état, on aura la mise en vigueur de ces amendements. Voilà ce que le timing des élections du 19 avril et celles de la fin d’année 2009, offre comme opportunité. L’opportunité qu’en 2 ans, février 2009 à février 2011, en respectant à la lettre les prescrits constitutionnels d’amendement, on peut avec une nouvelle législature, la 49e et un nouveau chef d’état élu à la fin de l’année 2010, mettre en vigueur ces amendements en 2011.

Cela ne fait aucun doute, que le réveille de cette chamaillerie intra-lavalas/lespwa soit voulu et provoqué à dessin par Préval. La division dans lafanmi lavalas était évidente depuis les élections de 2006. Etant un parti anarchopopuliste pratiquant naturellement le culte de la personnalité, n’ayant qu’un leader unique, mais avec une absence absolu et totale de hiérarchie, que la succession au leadership soit absolument impossible. Mais plus problématique encore, si Aristide donne aujourd’hui un mandat à quiconque, il cause automatiquement un schisme au sein de son parti. J’offre pour preuve que les sommets du parti lavalas, Préval chef d’état en deux fois, Neptune et Cherestal premier ministre, Hériveaux sénateur et tant d’autres, n’ont jamais pu accéder au rôle de leader de l’intégralité de la base lavalassienne. L’exploitation de cette situation que Préval comprend mieux que personne, fait partie intégrante de sa stratégie pour provoquer, par personne interposée, le déraillement des sénatoriales. Cependant, ce qui est apparemment au centre de ce désaccord, c’est la contestation du mandat daté du 27 avril 2004, que détient le Dr. Maryse Narcisse. Si dans le camp lafanmi lavalas la dissension est pour le moment, l’authenticité de ce mandat, mais au-delà de cet aspect conjoncturel et apparent, concernant les sénatoriales, se trouvent en filigrane les ambitions présidentielles pour la fin de 2010. Car quiconque détient un tel mandat authentifié, voudra assumer automatiquement l’héritage du leadership de la base lavalassienne, pour ces présidentielles. Le corollaire est que ceux qui aspirent à cet héritage, sont obligatoirement opposés au remplacement de la Constitution. Cela va de soi, que c’est le maintien de la limite des deux mandats présidentiels qui constitue la condition sine qua non, qui leurs garantit l’opportunité qu’ils convoitent.

Ce n’est pas pour rien que malgré l’accord notoire entre les 3 sénateurs Bastien, Hériveaux et Latourtue, pour la succession à la présidence du Sénat, que Préval s’est évertué à reconduire Bastien à ce poste et écarter Hériveaux. Hériveaux et Neptune ayant les mêmes ambitions présidentielles, ils sont naturellement contre le remplacement de la constitution. Or, c’est de fait la condition sine qua non pour Préval de se succéder.

Malgré les pressions de la communauté internationale, Préval reste et demeure subrepticement, mais fermement, opposé aux élections du 19 avril 2009. Ayant annoncé ces élections, il est obligé de faire semblant. Mais de fait, il se cherche obstinément un élément de discorde pour brouiller les cartes, créer un dérapage quelconque qui peut empêcher la tenue des sénatoriales ou annuler leurs résultats. D’ailleurs ce n’est ni par hasard, ni pour rien que le sénateur de l’Ouest, Anacacis, le porte-parole officieux de Préval, ait déjà annoncé catégoriquement à la Radio Signal FM, qu’il n’y aura pas d’élections sénatoriales le 19 avril 2009. Mais, qu’on aura seulement des élections à la fin de l’année pour renouveler les 2 tiers du Sénat, la totalité de la 48e législature et les autorités locales. Point final !

La volonté d’interrompre les sénatoriales exprimé publiquement par les candidats lavalassien du Département du Nord, fait précisément l’affaire de Préval. Il veut répéter le scénario du 4 avril 1997. Il veut exploiter le conflit intra-lavalas pour le renvoi sine die ou l’annulation des résultas des sénatoriales. Les lavalasssiens défendant leur droit légitime de participation aux sénatoriales, si par pur instinct, sans aucun réflexion, ils foncent dans la bagarre, comme ils en ont l’habitude, ils feront, qu’ils le veuillent ou non, le jeu de Préval. Le délai accordé à Maryse Narcisse pour se procurer d’un nouveau mandat se terminant le vendredi 13 février, réduit sévèrement la possibilité qu’elle puisse l’obtenir à temps.

Le dilemme pour les lavalassiens est que leurs leaders qui aspirent à la présidence n’ont paradoxalement aucun intérêt à l’annulation des élections du 19 avril 2009, qui augmente automatiquement les chances de remplacement de la Constitution de 1987. Ils n’ont aucun intérêt au renvoi du parlement pour l’adoption d’une nouvelle constitution. Le maintien de la Constitution de 1987 tel quel, ou amendée, mais gardant la limite de deux mandats présidentiels non renouvelables, voilà ce qui de fait garanti à ces leaders lavalassiens la possibilité d’entrer en compétition pour les élections présidentielles de la fin de 2010. Ceci dit, est-ce que les lavalassiens ont intérêt à provoquer la bagarre pour augmenter les chances de remplacement de la constitution de 1987 ? C’est ce que Prévale cyniquement attend d’eux. Ou vont-ils tout chambarder, succombant à leurs instincts violent, manifester bêtement leur mécontentement, et présenter stupidement à Préval, sur un plateau d’argent, ce cadeau qu’il attend d’eux ? A moins que ce chambardement soit sérieusement le lancement d’un mouvement insurrectionnel pour emporter le gouvernement de Préval, il n’aura aucun sens.

L’importance et l’urgence des sénatoriales, viennent du fait qu’elles rendent possible l’enclenchement du processus d’amendement, qui peut s’exécuter dans sa totalité dans un intervalle de 2 ans. Le fait que ces amendements, selon les prescrits constitutionnels (article 282.1) devront être publiés sur tout l’étendu du territoire. Les discussions qu’ils engendreront pour formuler l’expression de la volonté générale les concernant et les débats pour leur adoption au sein du parlement, constitueront des éléments de blocage incontournable, contre son remplacement. Mais, si la 49e législature installée le 11 janvier 2010 ne reçoit pas de déclaration d’amendement, c’est à elle qu’il reviendra de la faire, à sa dernière session ordinaire en juin 2013. La 50e législature si ces amendements sont déclarés, statuera à la première session en Assemblée Nationale pour leur adoption en 2014. Il faudra attendre jusqu’au 7 février 2016 pour que le nouveau chef d’état vienne les mettre en vigueur, un délai de 7 ans. Cependant dans l’espace de 2 ans, 2009 à 2011, le processus d’amendement protégeant la Constitution contre son remplacement, sera exécuté dans sa totalité, uniquement grâce aux sénatoriales du 19 avril 2009. Dans le cas contraire Prévale, jouant le tout pour le tout, foncera tête baissée vers le processus du remplacement de la constitution. D’ailleurs il a déjà en main des esquisses de cette nouvelle constitution qui lui garanti la présidence à vie.

C’est à dessin, que Préval, depuis 2007, refuse de faire les sénatoriales, pour fragiliser le quorum sénatorial et prévenir l’amendement en faveur du remplacement de la Constitution. La raison fondamentale pour Préval, c’est d’émuler ses acolytes, d’emboîter le pas à Hugo Chavez, Evo Morales et Daniel Ortega, qui veulent modifier ou remplacer leurs constitutions pour se garantir la présidence à vie. Préval a-t-il comme eux les moyens de sa politique ?

Après plus de 20 ans de protection contre les despotes de tout poil assoiffés de présidence à vie, allons-nous laisser faire ? Ou allons-nous nous battre contre Préval pour défendre du bec et des ongles tous les acquis démocratiques de notre Constitution ? Sommes nous prêt à assumer cette responsabilité citoyenne ? Hic est quaestio !

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