CAPSULES-HAITIMONDE.COM - Les Dernières Nouvelles d’Haiti - Tout sur l’actualité haitienne - Le réseau de référence Haitimonde.com

Thèmes de l’Emission de la semaine - Par : Robert Benodin

dimanche 18 janvier 2009 par William Toussaint

Orlando le 16 janvier, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Si publiquement Préval annonce l’année 2009, celle de toutes les horreurs, cependant, ne vous trompez pas, c’est précisément au cours de cette année qu’il se prépare à mettre graduellement à exécution son plan machiavélique de confiscation de pouvoir et du retour à la présidence à vie, à la face de la nation haïtienne et de la communauté internationale. Préval évoquant continuellement la notion de la continuité de l’Etat, a une perception du pouvoir politique, qui est beaucoup plus proche de celle de François Duvalier que de Jean Bertrand Aristide. Avide de pouvoir politique comme pas un, mais extraverti au paroxysme, Aristide est plus intéressé à la vision grandiose des choses, au pédantisme, à la péroraison, aux panaches, aux extravagances et surtout à la prépondérance que lui accorde le pouvoir politique. Il s’aventure et prend des risques que Préval ne prendra pas. Avide de pouvoir comme Aristide, mais introverti et cynique, ces actes et actions sont plus fourbes, plus sournois, plus calculés, moins spontanés. Que l’un soit plus intelligent ou plus rusé que l’autre, là n’est pas la question. Ils confondent tous deux la ruse à l’intelligence. Ils sont tous deux également médiocres comme gouvernant. La faillite d’Haïti en tant qu’Etat, est le résultat irréfutable de leur passage au pouvoir pendant 18 ans. J’offre pour preuve le fait que le pays a été occupé en deux fois dans l’espace d’une décade, en 1994 et en 2004, jusqu’à nos jours.

Il nous faut reconnaître que Prévale, à son deuxième mandat, a un avantage extraordinaire qu’Aristide n’a pas eu à son second mandat, une garde prétorienne qui lui permet d’opérer ces manœuvres avec un minimum de risque. La question est de savoir, est-ce que cette garde prétorienne acceptera à aller jusqu’au bout et se compromettre, pour permettre à Préval d’accomplir ses vrais ambitions ? Ou, est-ce qu’il est du devoir du vrai citoyen haïtien de s’opposer fermement aux menées pernicieuses de Préval pour forcer cette garde prétorienne à faire un choix embarrassant ? Le Brésil acceptera-t-il à compromettre le siège qu’il ambitionne au Conseil de Sécurité des Nations-Unies ? Lula n’a-t-il pas dit publiquement que ses soldats ne tireront pas sur un peuple affamé ?

Il est évident que, si la politique est un jeu, un débat et un combat, Préval n’est intéressé, ni au jeu, ni au débat. Pressuré par le temps, mais se sentant protégé par une garde prétorienne, il est en train de foncer en avant pour faire sauter la Constitution de 1987 qui pour lui est un carcan. A l’instar de Hugo Chavez, d’Evo Morales, et de Daniel Ortega ses tuteurs, il a annoncé publiquement ses intentions. Aristide n’a pas pu la contourner, mais Préval et ses associés sont en train de convaincre la communauté internationale, si elle n’est pas déjà convaincue, que cette Constitution est un élément de déstabilisation et de blocage à la bonne gouvernance d’Haïti (sic).

Chose bizarre, parce que des sénateurs, visitant le Congrès en octobre 2007, avaient critiqué le fait que l’ambassade ne pouvait pas obtenir de Préval qu’il fasse les élections renouvelant le tiers du Sénat, comme prévu par la Constitution de 1987 le dernier dimanche du mois de novembre 2007 ; Pour leurs retourner la balle, elle y met de tout son poids pour supporter la tenue des prochaines élections du 19 avril 2009. Mais se souciant peu du timing qui servira de prétexte à Préval pour circonvenir celles plus importantes du 29 novembre 2009. Ceux qui, dans des positions de commande, aveuglés par l’intérêt du moment, ignorent les conséquences de leurs actes et décisions, ignorent de fait l’histoire qu’ils font. Les élections du 19 avril 2009 mènent inéluctablement à la confiscation d’un pouvoir à vie.

De quoi s’agit-il ? Préval depuis 2007 forcé par des parlementaires d’installer les ASEC et les Délégués de ville, ce que le régime lavalas a toujours refusé de faire pour éviter les élections indirectes, le processus de décentralisation, de déconcentration et de création du CEP permanent. Il a voulu déstabiliser le parlement, refusant de faire les élections de novembre 2007 renouvelant le mandat des 3e sénateurs pour amputer le Sénat d’un tiers de ses membres. Préval a voulu déclarer leur caducité à la première session de l’année, le lundi 13 janvier 2008. Pour l’en empêcher, six sénateurs ont menacé de boycotter cette session en Assemblée Nationale. Préval a attendu jusqu’au 8 mai 2008 pour constater leur caducité. La résolution sénatoriale ayant été rédigée au palais national, avec la complicité du président du Sénat, Bastien. Préval a poussé la vendetta contre le parlement en provoquant la radiation du sénateur Boulos le 18 mars 2008. Amputé de 12 membres, le quorum du Sénat est sérieusement fragilisé.

Entré dans une relation mercantile avec le groupe parlementaire le CPP, Préval poursuit le contrôle du parlement, et vient de l’obtenir récemment en aidant le CPP à assumer le bureau de la chambre basse et en reconduisant Bastien à la présidence du Sénat. Ayant un CEP qu’il contrôle, même quand les pré-requis techniques ne sont pas remplis, Préval se précipite maintenant pour faire les élections qu’il aurait dû faire depuis le fin de novembre 2007. Alors qu’en novembre 2009 la Constitution prévoit le renouvellement d’un autre tiers du Sénat, de la totalité de la 48e législature et de celle des autorités locales.

Après avoir pendant 16 mois usé d’atermoiement de toutes sortes pour ne pas renouveler le tiers du Sénat, qu’est-ce qui soudainement explique cette précipitation pour faire des élections en avril 2009, alors que la consolidation avec les élections prévues par la Constitution pour le 29 novembre 2009 serait la chose la plus logique, non seulement pour en réduire le coût, mais plus important encore pour avoir amplement de temps pour les préparer ? Ces élections du 19 avril 2009 coûteront 13 millions de dollars US. Un million par tête de sénateur.

Voilà, d’une part, qu’ayant déjà 8 sénateurs, et escomptant faire des élections « JPP » pour en confisquer les résultats, Préval veut se procurer d’une majorité des 2/3 du Sénat. Ce qui lui donne automatiquement le droit de veto. D’autre part, le deuxième tour prévu pour le mois de juin, c’est évident que le calendrier Constitutionnel qui prévoit des élections pour le 29 novembre 2009 n’auront pas lieu, faute de temps et d’argent, tant du coté des partis politiques essoufflés que du gouvernement.

Imaginez-vous que le lundi 11 janvier 2010 qu’un second tiers du Sénat entre en caducité, de même que la totalité de la 48e législature et la totalité des autorités locales. Pas par leur faute, mais par celle de Préval qui refuse continuellement de faire les élections à temps, selon le calendrier constitutionnel, depuis son premier mandat. Préval a fait les seules élections annulées le 6 avril 1997. Il a refusé de faire les élections de novembre 1998. Il a déclaré la caducité de tous les élus des élections de juin 1995, le 11 janvier 1999. Et a remplacé les autorités locales par ses gens pour contrôler les élections du 21 mai 2000. Préval a confisqué les élections du 21 mai 2000 armes au poing, jetant les bulletins et les urnes dans les rues pour empêcher la vérification. Un journaliste canadien eu à écrire que « La Démocratie en Haïti se ramasse à la pelle ». Préval a forcé le président du CEP Léon Manus à fuir en République dominicaine pour avoir la vie sauve. Il a formé un CEP choisi par lui en dehors des normes établis par la Constitution pour la tenue des élections présidentielles du 26 novembre 2000.

Le plan de Préval est de tolérer que les parlementaires caducs et vassalisés continuent à siéger au parlement. Mais avec la nuance que les autorités locales seront renvoyées et remplacées par ses gens, pour s’assurer du contrôle des élections présidentielles du dernier dimanche de novembre 2010.

Maintenant, pourquoi Préval annonce-t-il à l’instar de la plupart des régimes populistes de l’Amérique latine, tel que Hugo Chavez, Evo Morales et maintenant Daniel Ortega etc. qu’il forme un groupe de travail dont le but est de réviser la Constitution de 1987. Tous ces chefs d’état ainsi que Préval n’ont qu’un but, garder le pouvoir à vie. Or c’est précisément ce que la Constitution de 1987 prévient dans tous ses garde-fous et particulièrement dans la mise en application du processus d’amendement.

Avec le droit de veto sur le Sénat obtenu par le biais des élections du 19 avril 2009, la totalité de la 48e législature tombée en caducité le 11 janvier 2010, qui peut empêcher à Préval, s’il ne peut pas amender la Constitution de 1987 à son goût, de la remplacer ? Si ce n’est la volonté du peuple haïtien de faire une levée de masse pour l’en empêcher, qui d’autre pourra le faire ? Qui peut forcer la main à la Minustah, pour mettre fin à son rôle de garde prétorienne ? Après 22 ans que l’on s’est émancipé par une longue et sanglante lutte du joug de la présidence à vie, allons-nous accepter à nous courber encore à la volonté d’un seul homme qui veut fouler au pied la Constitution de 1987 ? Le peuple haïtien va-t-il accepter à se mettre à genou face aux ambitions politiques de Préval ? Quiconque remplace cette Constitution ou l’amende à son profit, prend et garde la présidence à vie !

A la seconde moitié

RB : Nous avons avec nous sur les ondes de Radio Classique Inter le sénateur Rudolph Boulos parlant de la conjoncture. Sénateur Rudolph Boulos nous vous souhaitons la bienvenue.

RB : Que se passe-t-il ?

RHB : Le président ayant demandé aux mères de famille de se ceindre les reins pour ce qu’il prévoir pour la nouvelle année, et ayant annoncé des élections pour le 19 avril prochain, il nous faut jeter un regard rétrospectif sur l’histoire des élections organisées par Préval, pour comprendre ce qui va se passer. On a eu le 6 avril 1997 des élections qui n’ont pas eu de deuxième tour et qui de plus ont été annulées. Quand on se rappelle la confiscation des élections du 21 mai 2000, que les sénateurs issus de ces élections ont eu cette appellation injurieuse « sénateur contesté ». Comme conséquence, on est entré dans une période de 3 ans d’instabilité qui s’est soldée comme nous le savons le 29 février 2004. Mais qui en est l’auteur ? René Garcia Préval ! En quoi le peuple a-t-il bénéficié de telles machinations ? Contribuent-elles à la construction et à l’avancement de la Démocratie ? Il ne faut pas que l’on soit surpris, puisque nous retrouvons une fois de plus, en face du même auteur, qui a déjà fait savoir à son CEP qu’il veut d’une élection « JPP », le 19 avril 2009. L’arrêté présidentiel non seulement foule au pied le vote de la population du Nord-est ; Mais encore pire, quand il va dépenser 13 à 14 millions de dollars US pour élire 12 sénateurs, ce qui revient à plus d’un million de dollars par tête de sénateur, quand on se trouve en face d’un peuple menacé de famine, tenaillé par la misère et la pauvreté. Alors qu’il y a d’autres élections Prévues par la Constitution pour le 29 novembre 2009, replaçant un autre tiers du sénat, la totalité de la 48e législature et la totalité des autorités locales. Comment un pays, avec un budget qui est déjà déficitaire, peut-il assumer cette dépense extrabudgétaire ? Le coût des deux élections s’élèvera à plus de 30 millions de dollars US. Et il y a aussi la possibilité que les élections de novembre ne se feront pas. Ce qui est encore plus grave.

On a entendu la déclaration du sénateur Hérivau qui se plaint du fait que c’est Préval qui a décidé qui sera le président du Sénat. On est, comme la rumeur publique l’indique, face à un chef d’état « tubless ». Mais encore pire, le président lui-même se dit être un spécialiste de la déstabilisation. Le vrai danger dans tout ça c’est le risque que Préval remplace la Constitution. Ce n’est pas seulement un risque, mais il y a une volonté d’adopter une nouvelle Constitution pour remplacer celle de 1987. Celle de 1987 est absolument contre le pouvoir à vie. Que ce soit clair, qu’il ne s’agit pas d’amendement, mais de remplacement pur et simple de la constitution de 1987. La présidence à vie mène inéluctablement à la dictature. Nous en avons fait la pénible expérience.

RB : Comment comprendre que le milieu international, qui sait ce qui se fait et ce qui se passe en Amérique latine. Qui voit Hugo Chavez, Evo Morales et maintenant Daniel Ortega agir et connaît pertinemment leurs intentions. Comment cette communauté internationale peut-elle accepter à financer les élections du 19 avril 2009, alors qu’il n’y a aucune logique qui empêche la consolidation des élections du 19 avril avec celles du 29 novembre 2009 prévues par la Constitution ?

RHB : Je ne dirais pas que l’international marche dans cette logique. Il y a peut être un ou deux ambassadeurs qui sont à la fin de leurs mandats qui veulent avoir au moins quelque chose à ajouter à leurs dossiers pour qu’il ne soit pas vide. Il leur faut trouver quelque chose, peu importe quoi. C’est ce qui porte les gens à croire de ce serait une volonté de l’international. Basé sur le principe que faire des élections est un acte de souveraineté nationale, l’international ne s’y oppose pas, mais est conscient du gaspillage qui en découle. L’international de fait attend que le peuple haïtien dise son mot et réclame ses droits. Aujourd’hui plus que hier, on a besoin que les élites politiques, les élites économiques, les élites intellectuelles, mais surtout le peuple haïtien dans toutes ses composantes, se mettre debout pour dire non au remplacement de la Constitution, pour dire non à l’amendement du processus d’amendement de la Constitution.

RB : Il nous faut reconnaître que malgré que la déclaration d’élections soit un acte de souveraineté, mais que toutes les récentes élections soient de fait financées par la communauté internationale. Est-ce que les élections du 19 avril 2009 ne seront pas financées par la communauté internationale ? Est-ce que la communauté internationale ne sait pas qu’il y a un calendrier constitutionnel qui va provoquer la caducité d’un autre tiers du Sénat, de la totalité de la 48e législature, et de la totalité des autorités locales ? Pourquoi la communauté internationale, qui finance toutes les élections, ne demande pas la consolidation des élections, au nom de l’efficacité ? Comment accepte-elle à faire un tel compromis ?

RHB : Il y a plus d’un an et demi que nous sommes entrain de demander que l’on fasse les élections renouvelant un tiers du Sénat. On est allé à Washington, à Ottawa et au Mexique pour obtenir que l’on fasse ces élections. Avec ce grand retard, on était en train de se faire piéger. Le peuple reste et demeure l’acteur principal qui doit trancher, qui doit mettre un point final à ce jeu de dupe. Le peuple doit dire qu’avec la menace de la famine, le gouvernement ne peut pas se permettre de gaspiller l’argent du peuple pour faire des manœuvres politiques.

RB : Que voyez-vous en se qui s’agit dans l’enjeu du remplacement ou de l’amendement de la Constitution ?N’y a-t-il pas une étude faite par Claude Moise et Cary Hector ?

RHB : Ce travail a conclu qu’il ne faut pas remplacer la Constitution, mais l’amender. Il faut d’abord mettre la totalité de la Constitution en application. Il y a une étude de la Constitution faite par le parti Fusion qui reprend l’idée qu’il ne faut pas amender les articles qui ont trait au processus d’amendement. On peut choisir de réduire le mandat présidentiel a 4 ans, d’augmenter le mandat sénatorial à 8 ans, afin d’avoir des élections que chaque 4 ans. Ceci peut adresser la critique de la fréquence des élections chaque 2 ans.

RB : Il y a-t-il une alternative à la proposition de la Fusion ?

RHB : Je suppose la commission qui vient s’en chargera. C’est une étude de 2 ans qui a amené à cette proposition de la Fusion.

RB : Prenant en considération les problèmes économiques et financiers actuels du monde, Il y aura sans aucun doute une reconfiguration multipolaire du monde qui en découlera. Le Brésil va émerger comme le pole de l’Amérique du Sud, ou de l’Amérique latine. Cependant le Brésil est en Haïti gérant le seul projet international assigné au Brésil. C’est le seul projet dont la gestion devra justifier le siège qu’il convoite au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Est-ce que le Brésil a intérêt à rester indifférent aux manœuvres politiques qui se trame en Haïti ? Est-ce qu’un éclatement n’affectera pas la qualité de gestion du projet de stabilisation d’Haïti par le Brésil ?

RHB : C’est précisément le problème. Certains présidents élus démocratiquement, mais qui veulent par le biais de l’amendement constitutionnel retenir le pouvoir indéfiniment, sont en train de manœuvrer difficilement pour y arriver. Mais ces pays sont différents d’Haïti. Ils ont des institutions qui marchent bien et qui sont fonctionnelles. Ils ont une gouvernance qui tant bien que mal cherche à solutionner les problèmes de la population. Mais en Haïti ça n’existe pas. Il y a depuis 3 ans une absence totale de la gestion de la chose publique. Il n’y a aucun encadrement pour gérer la production nationale. Le Brésil doit avoir du file à retordre en constatant la famine qui menace la population, mais sans aucun effort réel de la part du gouvernement pour subvenir aux besoins des plus démunis. La stabilisation d’Haïti passe par la stabilité sociale, économique et politique. L’ambassadeur de l’OEA est un Brésilien, professeur d’université. Il y a un professeur d’un think tank chilien qui est venu en Haïti, qui a fait une analyse de la situation et qui a conclu : « Est-ce que nous ne serons pas obligé de prendre la gouvernance en main, si ceux qui en sont responsables sont incapables de le faire. » S’il vous plait, il parle du gouvernement constitutionnel. Brésil est maintenant sur la corde raide, se posant la question que faire. Lula a dit clairement que : « Je n’accepterai pas à tirer sur un peuple affamé. Mais j’aimerais voir une amélioration. » Donc il va y avoir des pressions pour exiger du gouvernement un autre comportement par rapport aux problème nationaux.

RB : Je te remercie pour ta participation brillante à l’émission. On a fait un bon tour d’horizon politique à partir de la conjoncture, les élections et la Constitution. Nous souhaitons t’inviter pour une prochaine fois.

RHB : Merci beaucoup Bob. Bonne année à tous ceux qui écoutent la radio. Nous sommes toujours à ta disposé.








Accueil | Plan du site | info visites 316025

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site LES ENTREVUES  Suivre la vie du site Emissions de Robert Benodin   Politique de publication

Haitimonde Network