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THÈME : LA CRISE FINANCIÈRE AMÉRICAINE – « ANALYSE ET SOLUTIONS »

vendredi 26 décembre 2008 par Elerme St-Aubin

LA CRISE FINANCIÈRE AMÉRICAINE –
« ANALYSE ET SOLUTIONS »

Communication du professeur : Emmanuel Dieudonné Kaldjob

C’est avec beaucoup d’intérêt que je vais vous livrer
mes impressions en tant qu’économiste et mon sentiment
personnel du phénomène en question. Mais avant, je
remercie sincèrement le professeur Denis Bolduc et toute
son équipe qui ont bien voulu m’honorer de cette
invitation à l’Université McGill, l’une des plus
prestigieuses institutions universitaires nord-américaines.

La crise financière est d’abord et avant tout une crise
économique, c’est-à-dire qu’elle se manifeste au cœur
du processus de production, de répartition et de
consommation. Le processus en lui-même est un tissu de
transactions et d’échanges mutuels concrétisés par la
monnaie. Qui dit monnaie symbolise la finance.

Si la finance est en crise, c’est tout le système
économique qui s’écroule. D’où la nécessité de
comprendre ce qu’est la crise économique. Qu’est-ce que
la crise économique ?

Ce n’est ni une simple panne dans un processus
socio-économique reproductible à l’identique ni la
faillite d’un système. C’est la manière dont le
processus économique s’organise à la réparation de ses
erreurs dont sont résorbés des déséquilibres accumulés.
La crise économique est un indicateur économique de
décroissance : elle trace le seuil critique de la
croissance économique. Tout système a besoin de la crise
pour lui permettre de saisir les limites de sa reproduction
élargie et d’en établir les bases de la relance ou des
nouveaux déploiements. C’est un processus objectif de
changement. La crise économique permet alors à un système
économique de mieux s’organiser pour gérer ce
changement. C’est une étape normale du cycle économique.
Elle est aussi naturelle que l’expansion. La crise et
l’expansion sont les deux pôles fondamentaux de la
dynamique économique, c’est-à-dire les deux facteurs qui
entretiennent le fonctionnement du système économique en
tant que mouvement cyclique. La crise symbolise la rareté
et l’expansion symbolise la rationalité : rareté et
rationalité constituent le couple mère de la science
économique (voir l’objet des sciences économiques).

La crise économique est l’étape du cycle économique
qui exige de repenser le système économique pour
l’adapter aux nouvelles réalités qu’elle impose. À
cet effet, les acteurs économiques (publics ou privés)
doivent se remettre en question et prendre de nouvelles
initiatives de créativité et d’innovation,
d’organisation et de gestion, de suivre de nouvelles
orientations et de nouvelles directives. Une telle
disposition permettra aux acteurs économiques de
développer un nouveau sens de responsabilité économique,
de prendre des mesures de rationalité conséquente et des
mesures d’éthique et de morale économique pour assurer
une relance économique réelle et efficace.

La situation financière américaine que les journalistes
et les hommes politiques ont nommée crise financière
n’en est pas une. La crise financière ne peut être aussi
subite aux États-Unis. Un pays qui abrite toutes les
grandes écoles de la pensée économique, qui regorge
d’autant d’experts en la matière et d’autant de prix
Nobel en économie, qui a développé autant d’outils de
prévision économique à court et à moyen terme ne peut
pas être surpris par une crise financière. Étant donné
que la crise économique est une étape objective du cycle
économique et que ce dernier donne au système économique
la possibilité de cerner la périodicité de ces
mouvements, tout système économique a toujours le moyen
d’anticiper les effets d’une crise.

Il n’y a pas crise financière aux États-Unis. Moins
encore, une récession économique.
La situation décriée aux États-Unis est une simple
scène de ménage. C’est un conflit amoureux vieux comme
le monde. C’est un problème de couple entre le capital
(l’époux) et la force de travail (l’épouse).
L’épouse a donné beaucoup d’enfants sous la pression
de son époux. Les enfants se sont cristallisés autour de
l’époux en l’enrichissant abondamment. L’époux ne
semble pas reconnaissant et manifeste une ingratitude
insolente : l’épouse est sevrée de son droit de
reproduction qui est le seul moyen de sa survie (le travail
et le salaire). Elle exprime son mécontentement. Plusieurs
fois, elle manifeste son désir de négocier.
Malheureusement pour elle, l’époux est juge et partie. La
requête de l’épouse est donc sans objet. Voilà qu’un
juge éclairé vient supplanter l’époux. Ce dernier tient
à rendre justice selon le code de la vérité. L’époux a
peur de la vérité, et il va cacher ses avoirs. Quel
sera le sort de l’épouse ? Nous attendons le verdict du
nouveau juge.

DE QUOI EST-IL QUESTION ? QU’EST-CE QUI EXPLIQUE LA
PÉNURIE FINANCIÈRE AUX ÉTATS-UNIS ?

Le capitalisme américain est tombé dans le piège du gain
facile et immédiat. Chaque dollar doit apporter un dollar
de plus aujourd’hui. Il n’est plus question d’attendre
douze (12) mois d’exploitation pour réaliser son profit
et dix (10) à quinze (15) ans pour assurer les temps de
retour d’un’investissement. C’est trop long et parfois
précaire, dans des conditions économiques incertaines.
Cette option a commencé avec quelques investisseurs.
Ceux-ci ont vu leurs placements se multiplier en progression
géométrique. Le placement boursier est devenu alors un
phénomène de mode et un raccourci économique qui a
embrasé tous les hommes d’affaires. Voilà comment
l’État et les financiers du système économique
américain ont perdu de vue le risque de la désertion du
capital du système de production américain. L’argent
ayant déserté les circuits de production pour les circuits
de spéculation financière, l’économie
américaine a commencé par s’affaiblir.

Premier constat :
Une chute du taux d’investissement entraîne une forte
réduction des moyens de production avec son corollaire, la
baisse massive des effectifs de travailleurs. C’est la
première vague de licenciement..

Deuxième constat :
Une indigestion financière. Trop d’argent en
spéculation, une tendance soutenue à la diminution du
nombre des entreprises et un affaiblissement d’activité
pour les quelques entreprises survivantes entraînent une
baisse de la capacité d’absorption des actions. La
liquidité à flots, l’argent flotte et la production
baisse. C’est une inflation galopante.

Troisième constat :
La baisse du taux d’investissement entraîne la baisse de
la production ; dans un contexte d’inflation galopante, les
marchés de biens et services et même les marchés
financiers s’effondrent. Il n’y a presque plus de
pouvoir d’achat. Les entreprises sont dans une situation
de surproduction. C’est la deuxième vague de
licenciement.

Quatrième constat :
L’économie américaine est suffisamment affaiblie. Il
faut désenclaver les entreprises en surproduction,
désengorger les chaînes de fabrication pour donner une
bouffée d’oxygène à l’industrie. Il faut donc baisser
la valeur du dollar américain pour favoriser
l’exportation massive des stocks industriels. Alors, le
dollar américain perd de sa valeur. C’est la dévaluation
du dollar américain. Cette situation vient soutenir une
inflation déjà galopante.

Aussi, le financement des guerres, une opération sans
contrepartie économique, vient enfoncer le déficit
budgétaire américain et baisse considérablement le prix
du dollar en valeur réelle. Tous ces constats n’ont pas
justifié une baisse successive du taux de croissance sur
trois trimestres. Nous ne pouvons donc pas parler ni de la
crise financière ni de la récession économique aux
États-Unis au sortir du Gouvernement républicain. Ce
serait une drôle de coïncidence .

EN GUISE DE SOLUTION :
Je ne peux pas parler de solution. Ce serait très
prétentieux. Je pose un diagnostic et pense fermement que
la situation financière américaine est un coup de
théâtre. Elle est montée de toutes pièces ; elle peut
donc être démontée. C’est une question de volonté
politique. Il suffit d’une stratégie de concertation qui
fasse asseoir les parties sur une table de négociation pour
se mettre d’accord sur un modèle économique pouvant
sécuriser chaque entité.

Après les résolutions d’une telle négociation,
l’argent devrait rentrer dans les caisses du système pour
financer l’économie. Il sera réinjecté dans les
circuits de production pour créer des emplois. Les emplois
permettront de distribuer les revenus. Les gains
économiques dégagés par le système favoriseront la
constitution d’un fonds d’aide sociale pour assurer la
redistribution. Ce sera la relance économique par la
consommation.

Au cours de cette opération du financement de
l’économie, il faudra mettre l’accent sur le soutien
financier des entreprises à haute intensité en
main-d’œuvre, l’encadrement financier des petites et
moyennes entreprises, le financement des créations
d’entreprises, en priorité dans les sous-secteurs
d’exportation et de la manufacture, en privilégiant les
promoteurs qui détiennent des contrats d’exportation et
des contrats de vente fermes. La recherche et développement
devra être financée par l’impôt sur les bénéfices
pour éviter le poids de la péréquation économique sur
les marchés des biens et services.

Question : Pensez-vous que la démarche ainsi envisagée
suffirait pour établir l’équilibre du système
économique américain ?
De quel équilibre faites-vous allusion ? Ne tombez-vous pas
dans la grande illusion de l’économie politique classique
qui confond le déséquilibre stable à un équilibre
économique ?

Pour répondre à votre question, très sincèrement, je
n’y pense pas. Et ce, pour quelques raisons, parmi
lesquelles :

1) L’équilibre est un état du mouvement qui est très
exigeant en termes de fiabilité des facteurs. Il l’est
encore plus en science économique parce que l’économie
évolue dans le contexte de l’incertain. Tout peut arriver
à chaque instant du temps : une grande unité de production
peut prendre feu en exposant 3 000 employés au chômage ou
en exigeant des fonds imprévus à la reconstruction. Un
champ minier peut s’écrouler, un bateau de pétrole peut
se retrouver au fond de l’océan, un tsunami peut
détruire autant d’usines, un glissement de terrain peut
détruire des infrastructures très coûteuses.
2) La science économique, de par son objet, résout une
équation très complexe : concilier la satisfaction du
besoin et la lutte contre la rareté. L’économie est
l’art de satisfaire un besoin en passant par le processus
de production, de répartition et de consommation. Sa
complexité s’explique par le fait que le besoin est une
entité insaisissable, infigurable et élastique. Malgré
tous les outils de rationalité disponibles (comme les
mathématiques, l’économétrie, la recherche
opérationnelle, la programmation linéaire et la gestion),
il est impossible de contenir le besoin dans des proportions
mesurables. La satisfaction d’une telle entité dans un
environnement économique caractérisé par la rareté et
l’incertain peut être un facteur tendanciel de
déséquilibre du système économique dans un contexte
d’irrationalité.
3) Naturellement, l’équilibre stable d’un système
économique est un degré de conscience économique qui
semble au-dessus de la raison humaine. Le seul système
économique qui fut en équilibre stable depuis la création
du monde est le paradis. L’homme s’en est dérobé.

De nos jours, le déséquilibre du système économique est
comme un choix volontaire de l’homme de vivre dans
l’inconsistance. Sinon comment expliquer le fait que la
pauvreté soit devenue un mode de vie dans un monde
d’abondance ? L’économie en tant que science de la
rationalité ne peut pas prospérer dans un monde
irrationnel. Le déséquilibre du système économique
est-il un choix naturel ? L’éveil d’une conscience
économique peut-il rayer ce choix ? Comment organiser
humainement un système économique et prétendre atteindre
un niveau d’équilibre ? Comment organiser un système
économique capable d’offrir aux acteurs et aux facteurs
économiques plus d’avantages qu’un système économique
en déséquilibre stable ? La prétention vaut-elle la peine
dans l’ordre économique actuel ?

En réalité, un système économique est équilibré quand
chaque acteur et chaque facteur économique est rémunéré
à sa juste valeur. Ici, la juste valeur c’est le revenu
minimum qui donne à chaque acteur et à chaque facteur la
possibilité de s’assurer une reproduction élargie. Un
système n’est équilibré que si tous ces acteurs et tous
ses facteurs sont équilibrés, c’est-à-dire qu’ils
peuvent se renouveler à l’échelle supérieure sur la
ligne d’évolution du système économique, sur une longue
durée (cycle long). Si un seul acteur ou un seul facteur
échappe à cette logique, l’équilibre du système global
est compromis.

Or, le circuit économique de base nous présente cinq (5)
acteurs ou agents économiques en l’occurrence : les
entreprises de production, les entreprises financières, les
agents extérieurs, l’État et les ménages. Le système
économique, c’est l’interaction des cinq (5). Nous
pouvons le définir comme un ensemble d’acteurs
dynamiquement liés par des relations mutuelles.

Il est donc évident que la désorganisation et le
déséquilibre chronique des ménages ne laissent aucune
chance à la réalisation d’un système économique
équilibré dans notre ordre économique actuel.

Si l’économie suédoise devient l’étalon des
systèmes économiques actuels, c’est simplement parce que
la Suède a une vision du ménage tout à fait différente
des autres pays du monde. Ce n’est pas l’idéal, mais sa
politique sociale atténue les symptômes d’une mauvaise
politique des ménages.

Nous avons souligné plus haut que le ménage a un double
rôle dans le système économique. Il est agent actif. À
ce titre, le ménage est travailleur. En d’autres termes,
c’est lui qui réalise la production ou qui donne la forme
consommable au produit. Aussi, il est un agent passif du
système. À ce titre, le ménage est consommateur : c’est
lui qui réalise le produit, c’est-à-dire qui le
consomme.

Il y a donc lieu de constater que le ménage est
l’épicentre du système économique parce qu’il exerce
les fonctions fondamentales du système économique. Elles
sont fondamentales parce qu’elles assurent le
fonctionnement, la reproduction et la stabilité du
système. Notons aussi avec intérêt que le travailleur et
le capitaliste sont, tous deux, ménages, parce que tout
consommateur part du ménage.

Le travail et la consommation sont pour le système
économique ce que le pôle positif (+) et le pôle négatif
(-) sont pour un circuit électrique : sans la connexion des
deux, le circuit ne peut émettre ni la lumière, ni la
chaleur ni la force motrice. De même, sans le travail (+)
et la consommation (-) le système économique ne peut
produire ni les dividendes, ni les salaires, ni les impôts
et taxes, ni les intérêts, ni les amortissements ou tout
autre excédent brut d’exploitation. Le travail et la
consommation sont les deux vecteurs du revenu au sein de
tout système économique. Il est important et extrêmement
important d’encadrer les ménages parce qu’ils en sont
les pourvoyeurs.

En tant qu’épicentre économique, le ménage est au
centre de l’équilibre du système. Il en est la boucle.
Malheureusement, le ménage n’est pas conscient de sa
position dans le système économique. Il est tellement
diffus qu’il ne parvient pas à s’organiser pour mener
une action commune sur le marché ou sur le système en
général. Sa dispersion dans le système constitue sa plus
grande faiblesse que les autres agents économiques ont su
mettre à profit. Ses actions singulières sur le marché
fragilisent son impact et limitent les possibilités de sa
propre réalisation : il est piégé par les outils du
système (le marketing par exemple) conçus spécialement
pour l’aliéner. Le marketing va le chercher partout où
il se trouve parce que solitaire, il est désemparé face à
cette arme psychologique. Il ne peut ni attaquer, ni se
défendre puisqu’il n’a ni personnalité économique ni
personnalité juridique alors que tous les
autres agents économiques sont institutionnalisés. Ils
ont une certaine vision du système et de l’environnement
dans lequel ils évoluent. Ils sont organisés et sont
capables de suivre les mouvements du système économique et
y faire des ajustements si nécessaire. Le ménage, quant à
lui, ne siège à aucune instance de décision du système ;
il se présente au marché du travail pour vendre sa force
de travail au prix qui lui est imposé ou au marché de
biens et services pour acheter un produit ou un service au
prix qui lui est exigé. Parfois, il se retrouve sur le
marché de biens et services contre son propre gré. Il se
retrouve parfois face à un produit ou à un service qu’il
ne connaît pas, dans un magasin qu’il ne connaît pas. Il
ne connaît que ce qui sort de sa poche et ne sait même pas
souvent pourquoi il le sort. Le ménage, ce figurant du
système économique, est la vache à lait des acteurs
institutionnalisés du
système. Ils viennent juste pour le traire et
l’abandonner à son sort. Quand il arrive à sa limite de
résistance, sous la forte pression des taux d’intérêt
et des prix des biens et services qui augmentent au
quotidien sans aucune logique du marché, il devient essoré
comme une orange pressée. Il est comparse parce qu’il
n’a plus rien à offrir au système : sur le marché du
travail, il ne sait pas quand sa marchandise sera vendue ni
le prix auquel elle sera acceptée. Il est chômeur. Sur le
marché des biens et services, il n’a plus de moyens
d’expression. Il devient une charge pour le système et un
contrepoids de son équilibre. Finalement, l’arbitre du
système brandit sa main (la main invisible de Smith) pour
signaler son hors jeu.

À cette position, il se joint aux autres facteurs de
déséquilibre du système.

Il est important que l’agent économique « ménage »
s’inscrive dans une logique institutionnelle pour
participer efficacement en tant qu’acteur dans le système
économique. Il se doit donc de s’organiser autour des
grands principes d’administration, pour prendre des
initiatives, des directives, des orientations et développer
des stratégies d’insertion et d’adaptation sur les
différents marchés. Il devra aussi élaborer des modèles
de comportement pouvant assurer sa stabilité dans le
système économique global tout en entretenant et en
maintenant la stabilité du système lui-même.

Les syndicats des consommateurs sont loin d’être
représentatifs. S’ils ne sont pas infiltrés par le
capital pour aliéner la conscience économique des
consommateurs, ils brandissent des slogans inopérants ou se
résignent à des revendications béates :

L’heure est à la conscience économique du ménage.
L’heure est au système économique équilibré.
L’heure est à la nouvelle économique politique.
L’heure est à l’union des syndicats de travailleurs et
des syndicats de consommateurs.
L’heure est à l’union sectorielle des deux catégories
de syndicats, c’est-à-dire l’union des syndicats du
secteur public et du secteur privé.
L’heure est à l’action collective des syndicats.

Aujourd’hui, les ménages travaillent et réalisent le
fruit de leur travail au profit d’un tiers. Cela ne leur
dispose même pas le revenu minimum nécessaire pour assurer
ne serait-ce que la reproduction à l’identique de leur
force de travail. Ils doivent désormais être conscient de
la primauté de leur rôle dans le système économique et
s’organiser pour que la contrepartie soit conséquente. Le
ménage devra se convaincre d’une réalité qui passe
inaperçue : c’est lui qui est l’acteur du système
économique et le capital n’en est qu’un facteur. Les
ménages doivent s’organiser institutionnellement autour
de l’union des syndicats de travailleurs et des syndicats
de consommateurs. Ils devront s’exprimer désormais avec
cette nouvelle étiquette. Le ménage doit constituer un
réel contrepoids au capital pour être un levier efficace
du système économique afin d’en assurer une vraie
régulation.

Une dynamique unique des syndicats de travailleurs et des
syndicats de consommateurs des secteurs public et privé à
l’échelle mondiale est l’un des modèles qui
s’offrent au système économique mondial pour dépasser
l’état des déséquilibres stables et entrer dans
l’ère des systèmes économiques plus équilibrés.
C’est la condition de la prétention citée plus haut : un
équilibre stable. Ce n’est que dans ce contexte
économique que le système peut distribuer à chaque acteur
économique un revenu minium qui lui permet d’assurer la
reproduction élargie de son propre système tout en
entretenant l’équilibre global du système économique.

Cette nouvelle dynamique prendra en charge l’éducation
financière des ménages, plus précisément
l’organisation et la gestion du budget des ménages en les
aidant à organiser et à gérer efficacement et de manière
efficiente leur budget et à utiliser rationnellement les
facilités de crédit offertes par le système bancaire.
Ceci permet aux ménages d’éviter la pathologie du
surendettement entretenu par les formules de type « crédit
revolving » ou crédit à la consommation renouvelable.

Les ménages doivent prendre conscience du rapport
revenu-dépense en assumant leur condition en tant que
modèle de vie tout en cherchant à améliorer
conséquemment ce modèle. Cette vision de l’organisation
économique au sein de la famille, si elle est concrétisée
dans le cadre de la réalisation et de la gestion du budget,
va éviter aux ménages le suicide financier ou la spirale
infernale de l’endettement qui s’explique par le fait de
prendre un crédit pour en rembourser un autre. Cette
situation est le cercle vicieux des ménages. Elle est le
pesticide de leur avenir. Qu’est-ce qui reste à un
ménage quand son avenir et son devenir sont compromis ? Quel
sens donne-t-on à la vie dans ce contexte ? C’est une
situation dans laquelle l’homme est égal à une chose
quelconque : ne pouvant pas épargner, il ne peut pas
investir ; ne pouvant pas investir, il cesse d’évoluer. Il
mange et dort pour entretenir sa carapace. Même sa
pensée est morte. L’homme est un être pensant, nous
disent les philosophes. Que devient-il sans la pensée ?

Pour ma part, chaque famille devrait avoir un planificateur
financier au même titre qu’un médecin de famille pour
suivre la santé budgétaire du ménage.

Je termine mon propos en concluant qu’il n’y a pas de
crise financière aux États Unis d’Amérique. Il y a une
volonté manifeste de dérober les fonds du système
économique pour les mettre à l’abri d’une nouvelle
vision et d’un nouveau projet de société qui ne
semblerait pas en accord avec les principes du capital.

Le capital restera-t-il toujours dans sa loge ?
Trouvera-t-il un compromis pour éviter la thésaurisation ?








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