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Sandra Honoré : dire avec un gros sourire

jeudi 24 avril 2014 par Administrator

Lundi, 19h 30. Sandra Honoré, au bord de la petite piscine de sa résidence à Bois-Moquette, reçoit quelques invités. La patronne de la Minustah donne un dîner en l’honneur du président du Sénat , Dieuseul Simon Desras.

Hasard du calendrier ou non, quelques heures plus tôt, Desras a rabroué le chef de l’État, qualifiant son annonce d’appliquer l’article 12 de l’Accord d’El Rancho de « très arrogante ».

Pour le sénateur du Centre, si Michel Martelly pouvait passer en force, il l’aurait fait, sans s’embarrasser d’une quelconque annonce. Sur les propositions d’amendement à la loi électorale, l’assemblée des sénateurs sera convoquée, a-t-il confié en revanche. Celle-ci en décidera, a expliqué Desras à la presse, égrenant un à un les points de l’Accord d’El Rancho qui l’engage lui et le Sénat. Enfin, sans le « groupe des six » qui s’est radicalisé.
« Délivrer ou désister », cet appel mou à la démission du chef de l’État est revenu dans le discours de Dieuseul Simon Desras.

La conjoncture, entre journalistes, hommes d’affaires, sénateurs, chefs de partis politiques, représentants du président Martelly et de la Primature, s’invite dans les petites discussions avant l’arrivée de l’invité d’honneur, Dieuseul Simon Desras. Certains appréhendent l’avenir, la boule au ventre.

A table, après l’arrivée de tous les invités, il y a une crème Argenteuil comme entrée. Le plat est un filet de bœuf à l’espagnole. Une tarte à la mangue est proposée comme dessert. Les vignes du Chili sont à l’honneur avec Concha y Toro, « Sauvignon blanc » et une « Carmènère ».

La maîtresse des lieux explique le motif de ce dîner. Rien de sorcier. Il est organisé dans « l’intérêt du peuple de la République d’Haïti ». D’autres personnalités seront reçues, en fonction de leur agenda, confie Sandra Honoré avant de faire l’éloge du sénateur Desras. Il est « décrit comme un homme de consensus, un conciliateur », lance la patronne de la Minustah.

Desras, poursuit-elle, a dit qu’il œuvre en faveur de l’harmonisation des relations entre l’exécutif et le législatif. Ce, pour la bonne marche des affaires de l’État. L’homme de Saut-d’Eau s’est également prononcé en faveur du respect de la Constitution et des lois votées par le Parlement. Favorable à des élections libres, honnêtes et démocratiques dans les délais prescrits, le président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, selon Sandra Honoré, a exigé que le Parlement soit enfin le gardien de la légitimité démocratique.

Sandra Honoré, tranquillement appelle à la poursuite du dialogue interhaïtien sous la médiation de la conférence épiscopale. « Ce dialogue devrait continuer à engager tous les acteurs. C’est un des premiers pas importants vers un consensus national sur la tenue des élections en 2014 devant aboutir à une solution durable pour l’avenir du pays », a indiqué la patronne de la Minustah. La tenue des élections cette année est une condition nécessaire pour la consolidation de la démocratie et le bon fonctionnement des institutions. Des élections que tous voudraient sereines et dont la qualité et la transparence seraient reconnues par tous, a insisté Sandra Honoré. « La communauté internationale se tient prête à accompagner le pouvoir exécutif, les parlementaires, les partis politiques, et les groupes de la société civile dans la mise en œuvre de cette solution », a-t-elle garanti.

La « vraie réalité » (comme chante Mikaben dans son éloge à Haïti…et en passant, c’est seul en Haïti ( ?), perçoit-on, qu’il y a une distinction entre la « réalité » et la « vraie réalité ») est que les progrès enregistrés lors des dernières années ne doivent pas être perdus, mais plutôt renforcés, a indiqué Sandra Honoré, ajoutant que « Haïti doit donner la preuve de son engagement démocratique ».

« Et vous tous avez votre rôle à jouer », a-t-elle martelé.

« Dans cette période pascale, je voudrais partager avec vous une recommandation de Baruch ben Neriah dont l’extrait de livres constitue la sixième lecture de la veillée pascale. La leçon de Baruch à Jacob me paraît appropriée pour l’Haïti du mois d’avril 2014. Je paraphrase : « Reviens à la Sagesse, reçois-la ; à sa lumière, marche vers la splendeur : ne laisse pas ta gloire à un autre, ne laisse pas tes privilèges à un peuple étranger », a indiqué Mme Sandra Honoré à la petite assistance.

Le sénateur Dieuseul Simon Desras a critiqué la tolérance de la communauté internationale vis-à-vis du président Martelly. En vertu du principe qu’un élu remplace un élu, celle-ci, estime Desras, devrait faire pression sur le chef de l’Etat. Comme ça, il aurait fait ce qu’il fallait, a-t-il dit, en invitant tout le monde à méditer sur la relation entre pauvreté et instabilité politique.
Après ce dîner, certains ont relevé, avec peine, que c’est encore un représentant de la communauté internationale qui joue au censeur à l’école de nos bêtises. Avec cette petite phrase qui a trotté dans bien des têtes : …ne laisse pas ta gloire à un autre, ne laisse pas tes privilèges à un peuple étranger ». C’est à demander un Alkselzer.

Roberson Alphonse

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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