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Nou Pou Nou/Développement communautaire

Saint-Louis du Nord : CRI au service de la communauté

samedi 12 avril 2014 par Administrator

Après leurs études universitaires à Port-au-Prince, ils ont décidé de retourner à Saint-Louis du Nord, leur ville natale. Depuis près de 10 ans, ces universitaires de la Cellule de réflexion et d’intervention (CRI), enseignants pour la plupart, encadrent et orientent des jeunes bacheliers de leur communauté. Grâce à leur dévouement pour leur cité, Saint-Louis du Nord est, depuis 2010, dotée d’une bibliothèque qui porte le nom de la romancière Yanick Lahens. Avec déjà plus de 3 000 titres disponibles.

Partir, étudier et retourner dans sa région natale, c’est en quelque sorte la règle pour des jeunes Nord-louisiens. Pour eux, il n’est pas question d’abandonner leur région natale pour s’établir définitivement à Port-au-Prince ou ailleurs. Suite aux turbulences politiques en 2004 avec la chute de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, c’était l’occasion pour Caleb Hyppolite Jean, qui étudiait la sociologie à la Faculté d’ethnologie de l’Université d’État d’Haïti (UEH), et beaucoup d’autres jeunes universitaires de retourner dans leur ville natale.

Après des séances de formation, des conférences données, ces derniers ont fondé, le 12 mai 2007, la Cellule de réflexion et d’intervention (CRI). Une vraie complémentarité intellectuelle pour continuer de participer activement à la vie communautaire. « Quand nous sommes retournés ici, nous avons estimé qu’il n’était pas normal de rester les bras croisés sans poser un geste au profit de la communauté », souligne Caleb Hyppolite Jean, 32 ans.

La première grande action que la CRI a posée est l’animation d’une émission à la radio pour partager leurs connaissances avec les jeunes, analyser certaines situations et chercher des solutions. « Nous encadrons aussi les jeunes bacheliers à la fin de leurs études classiques, indique Caleb Hyppolite Jean. Nous les orientons à intégrer les entités de l’Université d’État d’Haïti, car nous sommes des produits de l’UEH. »

Croyant fermement que l’éducation est le moteur du développement, les membres du CRI estiment que c’est de leur devoir de travailler pour le bien-être de leur communauté. Ainsi, ils ont, en 2010, doté leur commune d’une bibliothèque. Ils ont démarré avec un millier de titres. Une bonne partie des ouvrages provenait de leur bibliothèque personnelle. « Nous avons aujourd’hui 3 118 titres, confient les responsables. Des ouvrages de droit, sociologie, littérature, philosophie, mathématiques, physique, des encyclopédies, romans jeunesse libres pour enfants, etc. »

La romancière Yanick Lahens n’est pas de Saint-Louis du Nord, pourtant la bibliothèque porte bien son nom. « C’est en lisant un article dans Le Nouvelliste sur des prix qu’elle a reçus pour ses écrits que nous avons décidé de donner le nom de Yanick Lahens à la bibliothèque, révèlent les membres de la CRI. C’est une façon de lui rendre hommage pour son travail. Quand nous l’avons contactée pour lui parler de notre projet, elle était très contente et nous a offert des ouvrages. »

Aujourd’hui, la Bibliothèque Yanick Lahens est un espace de loisir sain où se côtoient écoliers, étudiants, enseignants et autres professionnels. Outre la bibliothèque, l’espace est aussi doté d’une salle d’informatique contenant huit ordinateurs branchés à l’Internet, d’une salle de projection de films éducatifs, entre autres.

A 12 ans, Dolph Kenley Chérilus passe déjà une bonne partie de son temps à la bibliothèque et la salle de projection. Il est un passionné de livres pour enfants, dont les « Raconte-moi une histoire ». Il connaît par cœur l’histoire racontée dans « Chien bleu ». « Quand on lit beaucoup, on s’exprime mieux, déclare l’adolescent. La lecture vous apprend aussi à respecter les signes de ponctuation. »
De son côté, Djerly Prinsca, qui a étudié les sciences comptables dans un centre universitaire à Port-au-Prince, travaille comme bibliothécaire. Elle est fière de travailler dans la seule bibliothèque de la commune, même si le salaire n’est pas élevé. « Entre moi et les lecteurs, les relations sont très étroites, dit-elle. Je côtoie des gens de différentes couches sociales venus d’horizons divers. »

Pour les membres de la Cellule de réflexion et d’intervention, l’idée est de doter la ville d’un grand centre culturel. La ville de l’ex-vice-recteur aux affaires académiques de l’UEH, le professeur Wilson Laleau, l’actuel ministre du Commerce. Pour les jeunes, ce dernier est un exemple pour montrer l’importance de l’éducation dans une société. Mais, pour la CRI, le développement durable des communautés n’est pas possible si tout le monde ne se tourne que vers la « République de Port-au-Prince ».
Valéry Daudier
vdaudier@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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