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Rideau pour les assises sur la qualité de l’éducation

mercredi 16 avril 2014 par Administrator

Les premières assises sur la qualité de l’éducation en Haïti ont pris fin vendredi. Après une semaine d’échanges, les différents acteurs du secteur ont remis officiellement au ministre de l’Éducation nationale le pacte national sur la qualité de l’éducation, la feuille de route pour la modernisation de l’enseignement supérieur et le projet de l’observatoire national sur la qualité de l’éducation.

Une petite fille qui transmet les trois documents sus-cités à la clôture des assises au ministre de l’Éducation nationale, c’est l’image qu’on retiendra de cette semaine consacrée à la qualité de l’éducation. En effet, les premières assises sur la qualité de l’éducation en Haïti se sont clôturées avec les discussions sur l’enseignement supérieur. Recteurs, doyens, professeurs d’université, universitaires de tous horizons ont discuté pendant deux jours de la formation supérieure en Haïti.

« Nous commettons toujours l’erreur de débattre sur l’éducation en Haïti, sans tenir compte de la formation supérieure. Cette fois, nous ne voulons pas dissocier l’université des autres niveaux de la formation », avait précisé le professeur Jacky Lumarque au début des assises. C’est dans l’esprit émis par le coordonnateur scientifique des assises que plusieurs panels ont été organisés en vue de poser le problème de l’université en Haïti.

Politiques publiques et gouvernance de l’enseignement supérieur, les conditions enseignantes, les projets de loi en matière de régulation et d’organisation de l’enseignement supérieur, sont, entre autres, les sujets abordés dans les assises sur l’université. Ensemble, les panelistes, venus de différentes universités du pays, ont évoqué les maux de l’enseignement supérieur en Haïti. Les interventions ont souvent donné lieu à des débats très houleux. A l’exemple de l’intervention du professeur Fritz Dorvilier sur le statut de l’enseignant-chercheur qui, selon lui, n’existe pas chez nous.

« On ne saurait parler de quelque chose qui n’existe pas. Il n’existe pas d’enseignant chercheur en Haïti et les responsables d’université n’ont rien fait pour remédier à cette situation », a déclaré le sociologue, discutant dadans le panel sur la condition enseignante. Des chercheurs, professeurs et des responsables de plusieurs universités étrangères ayant fait le déplacement ont partagé leurs expériences avec les universitaires haïtiens.

Pierre Noreau, vice-recteur à la vie associative de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), a mis l’accent, dans son intervention, sur l’importance de l’évaluation dans l’enseignement supérieur. Mis à part les étudiants, Pierre Noreau a insisté sur la nécessité d’évaluer les programmes d’études, les professeurs et les formations données au sein des établissements universitaires.

Les assises sur l’enseignement supérieur ont donné lieu à de vraies discussions entre les différents acteurs du secteur. L’Université d’Etat d’Haïti et différents établissements privés ont discuté franchement sur les différentes réalités du secteur. Une unité rare entre les universitaires haïtiens plus habitués aux querelles. Le recteur de l’UEH, Jean Vernet Henry, lisant la déclaration conjointe des acteurs de la formation supérieure, a parlé de mariage entre les différentes universités haïtiennes…

Les organisateurs s’étaient donné trois objectifs dès le lancement des assises. Il s’agissait premièrement de créer un observatoire sur la qualité de l’éducation. En deuxième lieu, élaborer le projet d’un pacte national sur la qualité de l’éducation. Et en dernier lieu, mettre en place des lignes directrices pour l’établissement d’une feuille de route collective en vue de la modernisation de l’enseignement supérieur haïtien.

« L’observatoire n’étant pas une fin en soi, il s’agit, dans le cas de la qualité de l’éducation, de se donner les moyens d’améliorer la situation en répondant à des préoccupations sociales ou politiques. Cela donne à l’observatoire un rôle de gardien et de pilote de l’éducation », peut-on lire dans le texte remis au ministre Nesmy Manigat à la cérémonie de clôture. L’observatoire vise à mettre en place les mécanismes qui permettent de comprendre les défaillances du système éducatif haïtien pour mieux les rectifier.

Le pacte national sur l’éducation est l’un des documents-clés sorti de ces assises. Selon les organisateurs, ce pacte doit engager les acteurs de la société civile, de la communauté éducative, du secteur privé des affaires et des partis politiques autour d’un ensemble de décisions visant à améliorer la qualité de l’éducation.

« Je pense que les débats riches qu’on a eus entre chercheurs, praticiens, acteurs, leaders communautaires, syndicats d’enseignants, font voir l’urgence d’agir et d’agir ensemble », a souligné le ministre de l’Éducation nationale, Nesmy Manigat, à la cérémonie de clôture des assises. Il poursuit en déclarant que « l’urgence est de passer de cette école de l’échec à l’école de la réussite. L’école de la réussite personnelle, de la réussite professionnelle et de la réussite sociale. »

Les premières assises sur l’éducation en Haïti ont été organisées à l’initiative du Ministère de l’Éducation nationale en partenariat avec des institutions comme l’UNESCO, l’AUF et la Conférence des recteurs et présidents d’université d’Haïti (CORPUHA). Les assises ont eu lieu en deux temps. Les premiers jours ont été consacrés à l’éducation générale, en particulier l’enseignement fondamental. Les deux derniers jours, à l’enseignement supérieur.
Louis-Joseph Olivier
ljolivier@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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