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Rêve et réalité : état de l’Art haïtien

mardi 1er mai 2012 par Administrator

Haïti : Qu’est-ce que l’art haïtien ? Telle était la question soulevée lors de la conférence Haïti 2012 : Pays Rêvé, Pays Réel. Plutôt que de s’attarder sur le bilan de la République après le tremblement de terre survenu en 2012, la conférence visait plutôt à sensibiliser le public à la culture artistique florissante qui a façonné l’histoire d’Haïti.

L’art haïtien, en dépit de la perte de nombreuses pièces historiques, est bien vivant. La conférence de quatre jours présentée par des artistes, auteurs et cinéastes a entrepris un dialogue international bilingue à Milwaukee. Le choix de cette ville pour accueillir l’événement s’explique en grande partie par la Collection d’art haïtien du Musée d’Art de Milwaukee don de Richard et Erma Flagg, une des plus grandes collections de peintures haïtiennes, sculptures et objets d’art au monde. Un groupe bien équilibré d’universitaires, de linguistes, et de collectionneurs d’art, s’était réuni autour de cette collection.

Haïti 2012 : Pays Rêvé, Pays Réel a débuté par un dîner du présentateur et par l’ouverture de l’exposition « Haïti and the midwestern imagination » au « Lynden Sculpture Garden ». Orville Bulman, artiste originaire de Michigan a peint ces oeuvres, après avoir été fasciné par les cartes postales de voyage provenant d’Haïti. Ces tableaux font partie de la collection de la famille Bradley. L’artiste a visité Haïti, objet de son imaginaire, juste une fois, et ce pendant 12 jours. Après ce voyage, il avait assez vu et n’est plus retourné en Haïti.

L’événement était chaleureux, et l’exposition (affichée à Lynden jusqu’au 13 mai) a servi d’introduction à la conférence. J’ai eu alors mes premiers contacts avec les Haïtiens, un groupe marchant avec les bras enlacés pour se protéger du froid. Au cours des quatre prochains jours, j’ai accompagné Louis-Philippe Dalembert, Edouard Duval-Carrié, Yanick Lahens, Mireille Pérodin-Jerome, Lyonel Trouillot, et Arnold Antonin lors de leurs débats (parfois soutenus) sur le sens et l’orientation future de l’art haïtien.

Polly Morris, directeur exécutif de Lynden, a présenté un aperçu de la collection de sculptures du Jardin. Polly Morris, David Uihlein et Marie-Anne Toledano (Attachée Culturelle au Consulat général de France à Chicago) ont présenté les oeuvres d’Orville Bulman ainsi que les objectifs de la conférence. Nous sommes restés tard la nuit entre amis, anciens et nouveaux pour d’intenses échanges en français et en anglais.

La conférence a repris à l’Université Marquette avec la projection d’un film du réalisateur haïtien primé : Arnold Antonin. Auparavant, des courts métrages de l’association Action pour le changement... ont offert un forum de discussions sur d’autres sujets culturels tels que les bibliothèques, la retraite des écrivains, et l’École de musique Sainte Trinité de Port-au-Prince. Puis, la grande première du documentaire d’Arnold Antonin à Milwaukee « Les Amours d’un zombi (Les Amours d’un zombi, Candidat aux élections présidentielles) » a donné aux téléspectateurs un avant-goût du style d’Antonin. Ce dernier est parvenu à communiquer au public sa passion pour le thème tout en s’affirmant tel un artiste voulant seulement partager son histoire avec un public disposé à l’entendre et à intervenir.

Le jeudi 8 mars, nous avons bénéficié de visites guidées de la collection Flagg d’art haïtien du Musée d’Art de Milwaukee (MAM), par l’artiste haïtien vivant à Miami : Edouard Duval-Carrié et l’éducatrice et conservatrice aux Ateliers Jérôme : Mireille Pérodin-Jérôme. L’exposition logeait le travail d’artistes haïtiens historiquement importants comme Hector Hyppolite et Philomé Obin, juxtaposant ainsi l’histoire de la révolution haïtienne, les crises politiques et les croyances religieuses catholique et vaudou qui tempèrent tout le reste.

Parmi les spectateurs, on comptait des ambassadeurs et des dignitaires de la France et d’Haïti ; Duval-Carrié et Pérodin-Jérôme ont parlé avec connaissance et respect des pièces, partageant des commentaires personnels et le contexte historique de cette production. La révolution haïtienne, la famille, le travail, les activités festives et religieuses sont des thèmes profondément ancrés dans la collection dont les artistes ont su tirer le meilleur parti. Brady Roberts, conservateur en chef du MAM, a déclaré que les visites guidées, en français et en anglais, ont été les discussions les plus approfondies jamais données sur la Collection Flagg.

Le dernier jour de la conférence a porté sur la littérature haïtienne actuelle, avec les écrivains Louis-Philippe Dalembert, Lyonel Trouilot, et Yanick Lahens. L’événement a eu lieu à l’UW-Milwaukee, avec des traductions en temps réel de Sarah Dupee et Sarah Puchner. Animée par Gabrielle Verdier et le Dr Sarah Davies Cordova, la conférence est devenue beaucoup plus un dialogue entre les Haïtiens que toute autre chose. Le public écoutait les orateurs tandis que ces derniers orientaient la conversation vers un espace d’auto-détermination actif pour les artistes, écrivains et cinéastes à un moment crucial de l’histoire tumultueuse d’Haïti.

Dans l’ensemble, Haïti Pays Rêvé, Pays Réel a produit un forum invitant la communauté internationale à voir au-delà des décombres, de la pauvreté et de la corruption, et ainsi à aller droit au coeur mélancolique d’Haïti, à travers un groupe diversifié de créateurs zélés exprimant leur souci et leur amour du pays. Alors que le monde croit que l’art haïtien a cessé de progresser depuis les années 1950, chaque jour des hommes et des femmes d’Haïti et de la diaspora continuent à créer à partir du principe de leur identité haïtienne. "C’est plus que de la littérature de l’intérieur ou de l’extérieur », déclara l’écrivain Trouillot. "Le temps nous dira ce qu’est l’Art Haïtien."

Haïti, Pays Rêvé, Pays Réel a reçu le support de UW-Milwaukee, du Musée d’art de Milwaukee, de l’Université Marquette, de Lynden Sculpture Garden, de David Barnett Gallery, de Milwaukee Peace Corps Association, de l’Alliance Française de Milwaukee et de Chicago, ainsi que les services culturels du Consulat Général de France (basé à Chicago et à New York) et de l’Institut français de Paris.
Pour plus d’informations sur l’événement, ou pour en savoir plus sur l’art haïtien exposé actuellement à Milwaukee,

Rosy Hicks

Voir en ligne : www.lenouvelliste.com







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