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Retrouver la Perle des Antilles à Montréal

mercredi 19 juin 2013 par Administrator

L’année 2013 marque le 10e anniversaire de La Perle Retrouvée, le Centre culturel haïtiano-canadien de Montréal. Les responsables voudraient en profiter pour marquer un grand coup : payer la totalité des 700 000 dollars canadiens du bâtiment logeant son siège social, acheté en 2003. Pour y parvenir, ils comptent sur la participation de tous les Haïtiens et amis, en Haïti comme à l’extérieur. Comment ? En achetant les 60 000 billets au prix unitaire de 5 dollars du Grand tirage 10e anniversaire.
(pour contact : laperleretrouvee@hotmail.com/514-8132851).

Le 1er prix est une Toyota Camry 2014 d’une valeur de 29 000 dollars, le 2e, un forfait voyage d’une valeur de 3 000 dollars pour une semaine pour deux semaines offert par le ministère du Tourisme d’Haïti et le 3e prix consiste en deux billets aller-retour pour Haïti d’une valeur de 2 000 dollars.

Outre ces primes assez alléchantes, Jean-Robert Aurélien, membre fondateur et l’une des figures emblématiques de La Perle Retrouvée, voit dans l’achat d’un paquet de 20 billets une façon pour tout un chacun d’apporter sa contribution à un modèle de réalisation de la diaspora haïtienne. Montréal, fait-il remarquer, est la seule grande métropole où la diaspora haïtienne dispose de son propre centre culturel, mis à la disposition de toute la communauté haïtienne, indépendamment de toute considération idéologique, religieuse ou politique, de race ou de classe sociale.

Le centre a déjà accueilli des officiels haïtiens et étrangers mais aussi des figures de l’opposition. On peut citer les anciens Premiers ministres haïtien et québécois, Jean Charest et Jacques Édouard Alexis, l’ex-gouverneure générale du Canada, Michaële Jean, la ministre du Tourisme haïtien, Stéphanie Villedrouin, et l’ancienne candidate à la présidence en 2010, Mirlande Manigat.

Une histoire passionnante

Fruit de l’initiative d’une dizaine de compatriotes, La Perle Retrouvée, fondée en 1998, a pris une toute autre ampleur avec l’acquisition de la propriété Saint-Damase, son siège social, au prix de 700 000 dollars en 2003. À l’époque, l’association ne possédait que 40 000 dollars sur son compte. Alors que l’archevêché de Montréal, le vendeur, exigeait un versement initial de 200 000 dollars, le paiement du solde devrait s’échelonner sur trois ans : 150 000 dollars les deux prochaines années et 200 000 la troisième année, soit en 2006.

Loin d’intimider les 26 membres du comité exécutif, ces derniers ont décidé de prêcher par l’exemple, en injectant chacun 1 000 dollars. D’autres membres actifs n’ont pas tardé à emboîter le pas. Certains sont allés jusqu’à puiser dans leur marge de crédit hypothécaire pour ne pas rater cette bonne occasion : plus de 23 000 pieds carrés de terrain, comprenant une église, située en plein coeur de Montréal, avec un crédit de 500 000 dollars sans intérêt. Le tout est aujourd’hui évalué à près de deux millions dollars.

Depuis la signature de l’acte d’achat, les initiatives de collecte de fonds n’ont pas cessé de se multiplier : brunchs, bazars, soirées socio-culturelles, vente de chocolat, festival, tirages, dons, etc. Ce qui a permis à la communauté haïtienne de rembourser 540 000 dollars. La Perle Retrouvée mise sur un élan de générosité afin de récolter, grâce au tirage 10e anniversaire, les 160 000 dollars qui permettront d’achever le paiement de la propriété.

Jean-Robert Aurélien se montre particulièrement reconnaissant envers deux personnalités qui ont marqué la destinée du centre : Mme Kettly Beauregard, première femme d’origine haïtienne à être élue conseillère municipale, associée au maire de Montréal, et l’ancien prêtre, Joseph Augustin alias Papy Djo, de regrettée mémoire. « Si l’association existe aujourd’hui, c’est grâce à eux », nous a-t-il dit. Ils ont cru dès le début au projet et y ont investi temps et argent.

Au souci du paiement s’ajoutent les dépenses courantes et une pénurie de main-d’oeuvre. La Perle Retrouvée ne reçoit aucune subvention publique et doit se contenter d’un petit nombre de bénévoles. En période d’hiver, le chauffage et l’entretien coûtent particulièrement cher. Et les revenus qui proviennent exclusivement de la location des deux grandes salles ne permettent pas de couvrir tous les frais. Le bâtiment est présentement sous-exploité et l’aide bénévole d’un expert en finance et en gestion ne serait pas de trop.

Oeuvrer à l’intégration des jeunes d’origine haïtienne

Jean-Robert dit compter sur la jeunesse pour assurer la pérennité de La Perle Retrouvée qu’il voudrait bien transformer en un centre culturel digne de ce nom avec un petit restaurant ou casse-croûte, une bibliothèque, un studio d’enregistrement, des espaces de loisir, de formation, de sensibilisation et de civisme. Il rêve d’en faire un havre de paix et de ressourcement pour les Haïtiens et amis comme c’était le cas après le séisme du 12 janvier 2010. Le centre a offert de l’aide à des familles haïtiennes victimes du tremblement de terre, les a accompagnées dans le programme de regroupement familial mis en oeuvre par le gouvernement québécois. Le tout avec en arrière-plan la promotion de la culture haïtienne.

Par ailleurs, les Haïtiens les plus vulnérables continuent de solliciter le support de l’association. Par exemple, elle exécute un programme de distribution de paniers alimentaires de concert avec Moisson Montréal, un organisme chargé de venir en aide aux ménages à faibles revenus au Québec. Même certains Québécois y prennent part. M. Aurélien aimerait voir les Haïtiens prendre un peu plus conscience de leurs responsabilités et de leurs devoirs envers la communauté haïtienne et la mère patrie.

Pour la deuxième décennie de son existence, La Perle Retrouvée compte oeuvrer à une meilleure intégration des jeunes Montréalais d’origine haïtienne, souvent impliqués dans des actes répréhensibles. M. Aurélien pense que ces jeunes se livrent parfois au banditisme pour prouver qu’ils existent dans un environnement discriminatoire. C’est pourquoi la formation aux métiers, aux sportx mais surtout à la culture haïtienne pourrait aider.

Certains de ces jeunes sont confrontés à une crise identitaire que les valeurs haïtiennes pourraient aider à atténuer. Mais ce chantier exige bien plus que le cadre bénévole dans lequel le centre évolue. Les responsables espèrent bien pour une première fois bénéficier du support du gouvernement haïtien.

La Perle Retrouvée fait la preuve que lorsqu’ils sont unis, les Haïtiens, de l’intérieur comme de l’extérieur, peuvent réaliser des exploits. Et c’est cette mentalité perdue de « Men anpil, chay pa lou » et la somme des prouesses qu’elle enfantera qui conduiront au développement d’Haïti.

Thomas Lalime

thomaslalime@yahoo.fr








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