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Direction générale des impôts

Retirer un matricule fiscal..., un service à double vitesse

samedi 22 février 2014 par Administrator

Une nette amélioration est observée au niveau de la qualité des services offerts à la Direction générale des impôts (DGI). Plus de longues files d’attente sous le soleil tandis que des panneaux indicateurs sont placés en vue d’aider les contribuables à trouver les services désirés ainsi que leur prix. Cependant, une simple visite dans trois de ses annexes dans l’aire métropolitaine a vite permis de comprendre que tout n’est pas parfait et que le service de matricule fiscal, l’un des plus demandés, fonctionne à double vitesse.

Piétons, voitures, chauffeurs de taxi-moto, marchandes de plats chauds et de fritures, entre autres, se côtoient dans un magma indescriptible à l’entrée de l’avenue Christophe, près du Petit-Four. Ce carrefour est devenu de plus en plus encombré depuis que la Direction générale des impôts y est installée, il y a environ quatre ans. Scotchés contre le mur servant de barrage à cette institution, plus d’une dizaine de jeunes garçons traînent à longueur de journée. « Matrikil ?... », demandent-ils s’adressant à toute personne fréquentant le périmètre.

A l’entrée de la DGI, avant d’accéder à la cour, une écriture verte estampillée sur le mur peint en jaune indique les services et leur bâtiment d’affectation. Sur une affiche placée dans la cour, on peut voir les prix de tous les services. A l’intérieur du bâtiment A, des agents fiscaux confortablement installés derrière des ordinateurs dans une grande salle bien ventilée et relativement propre, reçoivent les contribuables. Ils s’occupent de la perception des taxes comme les timbres (droit) de passeport et le récépissé. Le service a l’air rapide. Mais méfiez-vous ! Ce n’est qu’une première étape.

Il faut se rendre ensuite dans le bâtiment en face pour payer et avoir le document voulu. Et c’est là que ça se complique un peu. Le contribuable doit faire la queue pendant environ une heure avant d’arriver devant un caissier. La lenteur du service ajoutée à l’indélicatesse des gens (des racketteurs), lots de documents en main, qui passent à la caisse sans prendre la ligne, avec parfois la complicité des agents de sécurité, soulève souvent le mécontentement des contribuables.

Au fond de la cour, en face du bâtiment C8, une cinquantaine de personnes sont assises sur cinq bancs placés à l’ombre de quelques arbres. Elles veulent retirer notamment le matricule fiscal. Au fur et à mesure que des gens partent, d’autres arrivent. De temps à autre, un vigile les fait entrer par trois. Pour tuer le temps, les plus bavards se perdent dans des conversations. « Un racketteur me demande 150 gourdes pour m’aider à avoir un récépissé qui me coûte à peine 10 gourdes », dit un jeune homme d’une trentaine d’années. « Moi je suis déjà victime des racketteurs. Je préfère perdre mon temps pour retirer moi-même mes documents, au lieu d’avoir affaire avec eux… », rétorque une femme, qui est partie avec son matricule après plus d’une heure d’attente, ce mercredi.

10 h 25 a. m, c’est déjà trop tard pour obtenir un matricule fiscal à la DGI de Delmas 19

Le climat est détendu ce jeudi matin à l’annexe de la DGI à Delmas 19. Il n’y a pas grande affluence . Dans une petite salle à l’entrée, quelque six agents installés derrière leurs bureaux servent quelques rares clients. Il n’y a aucune ligne d’attente. Bizarre. On aurait du mal à croire qu’on est dans un bureau de la DGI. Un quidam se présente et demande pour le service qui s’occupe du matricule fiscal. Un monsieur un peu joufflu, assis oisivement sur un bureau au fond de la petite salle, répond sèchement : « il est trop tard. Venez demain matin. » Mais monsieur il est 10 h 25. « Demain 8 heures ! », réplique-t-il à l’intéressé, sans autre forme de procès.

« Quelle pièce avez-vous pour faire le matricule ? », demande soudain un homme au teint clair, proche de la trentaine, à l’éventuel contribuable, sous le regard flegmatique de l’agent fiscal. Il l’amène dans un coin pour « négocier ». « Je peux vous aider à le faire », poursuit l’homme sans badge. Mais lorsque le « contribuable » lui dit qu’il n’a pas apporté de pièce, il refuse de dire le prix de son service.

A la DGI de Tabarre, Tabarre 27, le scénario est un peu différent. Il est déjà midi. Une vingtaine de personnes sont debout ou assises malaisément sur un banc placé sous la tonnelle à l’entrée de l’institution. Elles attendent patiemment le « rétablissement du signal Internet » pour retirer le matricule fiscal, alors que les autres services fonctionnent normalement. « Je n’ai vraiment pas de chance, déplore Madoushy. Hier, le signal était tombé au moment même où j’allais entrer dans la salle. Aujourd’hui, je suis là depuis 8 heures du matin, voilà qu’il n’y a toujours pas de signal. Pourtant, j’ai grand besoin du document pour faire mon passeport », renchérit le jeune homme d’une vingtaine d’années qui espère courageusement un service qu’il n’est pas sûr de trouver.
Bertrand Mercéus
mbertrand@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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