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Rencontre de Santo Domingo - Par : Ray H. Killick

dimanche 22 novembre 2009 par Administrator

Amis-lecteurs,
Guichard,

Je n’émets jamais de critiques que je ne peux étayer ou défendre, ceci par formation et surtout par training à corporate America. Quand j’écris, je critique chaque phrase et chaque position exprimées pour voir si elles sont défendables, c’est-à-dire si elles sont justes. Je refuse de traiter mes compatriotes haïtiens de manière différente. Vous dites : "Ray lance des flèches trop vite et souvent inutiles."

Votre texte me montre que vous ne comprenez pas ma position et que jusqu’à présent vous ne comprenez pas ce que signifie la culture d’exécution et pourquoi je ne cesse de la marteler comme nécessité incontournable pour une nouvelle Haïti. Je vous montre pourquoi à l’aide de votre texte.

Vous écrivez : "Un plan de développement est toujours réalisé par les gens qui se connaissent dans le domaine du développement. Cette fois-ci, Haïti ne va pas demander aux experts extérieurs de réaliser un travail que ses fils peuvent réaliser."

Guichard, vous ne soupesez pas vos propos. Un plan de développement pour un pays est du ressort de l’exécutif de ce pays qui décidera de confier son élaboration à une équipe de son choix. Du ressort d’un parti politique aspirant au pouvoir. Un tel plan répond d’abord à une vision idéologique dans sa conception et au pouvoir ou à la possibilité de pouvoir de l’exécuter après son élaboration. (L’observateur chevronné ne devrait-il pas se demander pourquoi un plan de développement après RD ?)

Je regrette infiniment avoir été dans l’incapacité de participer à la rencontre du dimanche 30 août dernier en RD. (J’ai du retourner à Atlanta pour des affaires urgentes.) J’aurais certainement essayé de vous dissuader de formuler un tel plan. Cela n’est pas la priorité du moment. Un plan de développement ne peut pas être la priorité d’un groupe qui n’est pas un parti politique. Un plan de développement ne peut pas être une priorité à moins qu’on vise le pouvoir. Nous ne sommes pas à l’université, Guichard, nous sommes en face d’une réalité socio-politique et économique qui requiert un autre type de plan, une autre approche.

Je veux parler du rôle que devraient se définir ceux qui se sont désignés leaders du suivi de RD. Ou bien on établit une organisation watchdog de la société civile ou bien on devient un parti politique, car le thème central de la rencontre a été le sauvetage national. On ne peut sauver quoi que ce soit sans un engagement dont la première étape ne peut être un plan de développement, mais plutôt un positionnement politique (société civile ou parti ou whatever).

Un plan de développement sans la capacité de l’exécuter est un exercice en futilité. Qui a demandé ce plan ? Qui va l’exécuter ? Pourquoi ce plan ? Voilà comment nous opérons dans les sociétés avancées. Voilà comment s’engage le praticien, celui dont "les mains pensent", le pragmatique.

Je comprends les dessous de cette initiative de plan de développement, car il faut que certains se vendent à la communauté internationale qu’il croit détenir les clefs du pouvoir en Haïti. Au lieu de sauvetage national, il s’agit tristement de sauvetage individuel, de tribu. Évidemment, il y a des naïfs dans cette entreprise qui croient réellement au sauvetage national. (Vous me direz que je lance des flèches, mais je vous dirai que cela fait 9 ans déjà depuis que j’observe...On sait que j’aurais tenté d’orienter les choses selon un procès à définir, voilà pourquoi on ne veut pas entendre mon son de cloche. J’ai défendu cette rencontre sur le Web et je la défendrai toujours en dépit des surprises [Pelegrin Castillo], mais je suis contre ce qui en est sorti.)

L’Occident commence toujours par le procès de travail. Et c’est là que l’Occident nous bat. Des pays comme la Chine et l’Inde ont saisi ce secret et bien d’autres encore et en bénéficient aujourd’hui. (C’est vraiment intéressant quand on a la chance de collaborer avec les Chinois et les Indiens.)

Je vous concède par politesse que le camp patriotique et la rencontre patriotique de RD sont des initiatives indépendantes. Cependant, on rencontre plus ou moins les mêmes acteurs dans les deux groupes, d’où la duplicité de certains qui se connaissent. On ne peut pas vouloir le départ de la communauté internationale d’Haïti et rechercher dans le même temps sa bénédiction. Rechercher le départ de la MINUSTAH et dans le même temps implorer la communauté internationale de nous octroyer le budget de la MINUSTAH. Il y a quelque chose qui sonne faux, surtout quand il s’agit des espèces sonnantes et trébuchantes. (Je vois déjà le réflexe de Pavlov du père de la pétition. Et je ne parle pas de vous, Guichard.)

Vous enchainez comme pour vouloir m’apaiser : "Sous peu, Ray sera contacté par le comité de pilotage. Je peux vous assurer que le travail du Comité sera d’une qualité technique remarquable."

Guichard, je maintiens une position de principe. Je ne participerai jamais à une entreprise en laquelle je ne crois pas. Ce que vous percevez comme travail technique est un positionnement politique habile. Voilà pourquoi vous avez perdu ma confiance messieurs. La confiance se gagne au prix de la transparence et d’une certaine conduite. Sur ce, ne me contactez pas pour des initiatives-genre Groupe des 184. Une autre caravane de l’espoir va sillonner le pays, je vous souhaite bon pilotage, mais je ne veux pas être à bord... Je refuse et j’accuse.

Amis-lecteurs, prenez note. Je parie aujourd’hui que cet exercice de suivi se terminera à la manière du groupe des 184 dans le silence complet une fois que l’objectif politique visé sera atteint. Il ne s’agit pas de travail technique ou de pilotage de plan de développement. Les naïfs seront les victimes une fois de plus.

C’est la raison pour laquelle, la première page de ma présentation de RD fut une mise en garde contre une répétition de l’expérience Groupe des 184.

Le refus de collaborer dans la transparence et l’honnêteté est ce qui tue réellement ce pays. Guichard, les magouilleurs d’élite sont plus futés que vous. Ils se croient plus futés que tout le monde, mais ils finissent tous par perdre. Les leaders du Groupe des 184 qui ont trompé ce peuple en se faisant les faux champions d’un nouveau contrat social ont travaillé contre leurs propres intérêts. Voilà pourquoi on les traite de MRE. Ils préservent leurs monopoles et ne désirent aucun développement économique et encore moins socioéconomique. Ils ne peuvent tolérer la compétition de marché.

Guichard, rét trankil ou tandé. Je suis pour un principe, pour la culture d’exécution. Je ne suis pas pour les calculs politiques traditionnels qui ont causé tant de torts à ce peuple.

Si vous pensez que j’envoie des flèches, prenez note et on se reparlera. Le temps est de mon côté. Je suis patient.

Je termine alors en répétant après le poête : "Je ne sais vraiment quand ce peuple aura une chance."

Ray








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