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Relogement et expulsion des sinistrés du séisme du 12 janvier 2010

lundi 9 avril 2012 par Administrator

L’Organisation internationale pour la migration (OIM) et les autorités haïtiennes s’engagent à aider au relogement des sinistrés vivant dans des camps de refugiés. Pour ce faire, une carte de subvention leur a été accordée leur permettant d’affermer un nouveau logement, selon les propos de la majorité des sinistrés. Par ailleurs, ceux et celles qui ne bénéficient pas de cette subvention sont contraints de quitter les lieux dans un délai ne dépassant pas trois jours.

Il était 11 heures du matin, ce mercredi 4 avril 2012. Les responsables de l’OIM, munis d’une liste de noms de sinistrés, indiquaient les tentes à démolir. Ils étaient accompagnés pour la circonstance d’agents de la mairie et de la Police nationale d’Haïti (PNH) qui aidaient à faire déguerpir les sinistrés n’ayant pas bénéficié de la seconde carte de subvention accordée par l’OIM aux sinistrés du Champ de Mars. Une situation qui inquiète les 66 familles qui font partie de cette catégorie.

Deux ans après le séisme du 12 janvier 2010, ce n’est pas tous les sinistrés qui vont pouvoir se procurer un nouveau logement. Avec l’appui des autorités haïtiennes et des responsables de l’Organisation internationale pour la migration (OIM), certains sinistrés peuvent enfin respirer en cette période de pluie torrentielle, de soleil torride, et autres difficultés. Une initiative qui contribuera du même coup à l’évacuation des places publiques du pays, notamment le Champ de Mars.

Cependant, le message du chef de l’État du mercredi 11 janvier 2012 ne semble pas avoir été compris par les responsables de l’OIM. « Il est temps, après deux ans de rentrer chez vous. En effet, les conditions dans lesquelles vous vivez au Champ de Mars sont incongrues. Ces situations disparaîtront. Votre relogement deviendra effectif dans un mois et demi, soit au début du mois de mars prochain », avait promis Martelly.

Les promesses du locataire du Palais national avaient pour but l’amélioration des conditions de vie de ces réfugiés. Dans cette perspective, l’OIM avait réalisé un recensement devant fournir des informations nécessaires sur le nombre de rescapés vivant au Champ de Mars, selon le témoignage d’Erna Benoit, une des innombrables sinistrés.

« Dans le cadre du recensement du 6 décembre de l’année dernière, les recensés avaient reçu une carte qui leur garantissait une subvention pour se procurer un nouveau loyer. D’une part, l’OIM donne l’argent convenu au propriétaire. D’autre part, les réfugiés reçoivent une somme estimée à mille gourdes pour leur déménagement », a encore indiqué Mme Benoit. « Le Champ de Mars, a-t-elle continué, comptait plus de 4 600 familles sinistrées. Plus de 60 % d’entre elles ont déjà bénéficié de la carte en question. »

Toutefois, certaines familles sinistrées se sont plaintes de ne pas avoir reçu la fameuse carte. Une correspondance leur a été acheminée le jeudi 29 mars dernier leur faisant injonction de quitter les lieux dans un délai ne dépassant pas trois jours sous peine de voir démolir leurs cabanes. Un délai qu’ils appréhendaient, mais ils gardaient quand même l’espoir que les responsables compatiraient à leur sort. Ils vivaient pour la plupart sur les places Pigeon, Catherine Flon, Marron Inconnu et Toussaint Louverture.

Pour René Gladimy, 24 ans, il est inconcevable que l’OIM ait numéroté les tentes et ait exclu certaines familles. « Elle nous avait adressé une lettre en date du 29 mars disant que si nous ne bénéficions pas de leur deuxième carte, c’est que les renseignements que nous leur avions communiqués n’étaient pas fondés », s’est-il plaint.

Par ailleurs, Mirande Charles, une autre sinistrée, se réjouit de l’appui de l’OIM aux rescapés de cet événement inoubliable. Elle lui est reconnaissante d’avoir mis fin à ses misères au Champ de Mars. « J’ai vécu ici dans des conditions infrahumaines. D’abord, au moment des pluies, je ne pouvais me reposer dans ma baraque. J’étais toujours sur le qui-vive chaque fois que le temps était à la pluie. Ensuite, aux heures chaudes, vivre à l’intérieur, c’est comme vivre dans une fournaise », a-t-elle témoigné.

Tout compte fait, le processus de relogement des sinistrés a été entamé au mois de mars dernier comme l’avait annoncé le président de la République. S’il est vrai qu’il existe des familles qui se réjouissent de l’initiative des autorités haïtiennes, il convient de signaler que d’autres se plaignent de ce qu’elles n’ont pas accès à la subvention accordée par l’OIM. De l’avis des 66 familles, le processus du relogement des réfugiés vivant au Champ de Mars n’est pas inclusif. Elles disent espérer que l’État haïtien volera à leur secours.

Reynold Aris

arisreynold@yahoo.fr

Voir en ligne : www.lematinhaiti.com







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