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Poussière au paradis à Camp-Perrin

lundi 5 août 2013 par Administrator

Incontestablement l’un des coins paradisiaques du département du Sud, Camp-Perrin vivait au rythme de la Sainte-Anne le week-end écoulé. L’occasion de belles retrouvailles pour nombre de fils et de filles de la commune éparpillés dans le monde mais aussi de visites de somptueux sites naturels. Seule ombre au tableau : les nuages de poussière soulevés par les véhicules sur le tronçon Cayes-Camp-Perrin, toujours en terre battue malgré les multiples promesses.

Samedi 27 juillet, 10h. Quatre jeunes, qui s’amusaient quelques heures plus tôt dans un bal de T-Vice, disputent une partie de bésigue dans un coin verdoyant à Lévy, première section communale de Camp-Perrin. Deux d’entre eux, qui n’ont pas mis les pieds dans leur quartier natal depuis quelques années, se réjouissent du fait que la commune garde encore toute sa fraîcheur. Au fil des ans, le site de La Prise a perdu de son attraction, certes, mais Saut-Mathurine est toujours splendide dans son écrin de verdure. « Vive la province ! Vive Camp-Perrin !, lance Marc-Donald, content de retrouver ses vieux amis qu’il n’a pas vus depuis belle lurette. Que je suis heureux, que je respire bien ! »

En plus de l’air pur, les attractions naturelles ne manquent pas. La grotte de Connu-Bois, appelé « Kounoubwa » en créole, continue de recevoir des visiteurs même si ce site touristique situé à une trentaine de minutes de marche du centre de Camp-Perrin demeure sous-exploité. Pour la Sainte-Anne, cette grotte localisée en zone montagneuse accueille plusieurs spéléologues en herbe. Mais ce n’est pas la seule fascination, loin de là. Pour le traditionnel match de foot, tout le monde se donne rendez-vous au Petit séminaire-collège de Mazenod - lieu de charme par excellence et établissement scolaire le plus prestigieux de la commune,l’un des meilleurs du département - pour les retrouvailles. Blagues, souvenirs d’enfance...C’est la fête, la Sainte-Anne, c’est aussi ça.

Camp-Perrin bouge. Mis à part ses fils et filles de la diaspora, la commmune reçoit la viste de quelques hautes autorités politiques du pays, dont le chef du gouvernement. Il voit de ses propres yeux la splendeur d’une commune qui résiste superbement au fléau du déboisement. La veille, Laurent Lamothe s’est rendu à Saut-Mathurine, où il a pu superviser les travaux d’infrastructures visant à redorer le blason de l’une des principales sources d’attraction de la région. L’arrêté présidentiel déclarant le site « zone protégée » n’est sans doute pas étranger à la venue du premier ministre. L’occasion, aussi, pour le chef du gouvernement, accompagné du député de la circonscription Ogline Pierre, d’inaugurer une place publique et d’annoncer le redémarrage des travaux de la route Camp-Perrin/Jérémie.

Si l’annonce comble certains, elle ne réjouit pas tellement Rose Pierre, qui habite Camp-Perrin depuis plus d’une trentaine d’années. Elle s’attendait plutôt à ce que le premier ministre annonce la date du démarrage des travaux de construction du tronçon Cayes-Camp-Perrin (une vingtaine de kilomètres), pourtant claironnés à plusieurs reprises par les politiciens. La quinquagénaire, qui a déjà vécu à Bas-Camp, le centre commercial de la commune, a été chassée par les eaux en furie de la Ravine du Sud qui, à chaque saison pluvieuse, endommage Bas-Camp et Laporte, pour ne citer que ces quartiers.

Rose n’est pas la seule à avoir été chassée par cette rivière qui, avant les travaux de drainage, emportait tout sur son passage quand elle était en crue. N’empêche que les séquelles sont encore visibles. Contrairement à Haut-Camp où la route est « adoquinée », Bas-Camp, Laporte, Levy, Lamartinière et Mersan, entre autres, continuent de suffoquer dans la poussière. « Elle pénètre partout à la maison, dans les chambres, dans la salle à manger, partout, explique Marie-Jeanne, qui habite à une dizaine de mètres de la route, à Lamartinière. Je suis obligée de changer les draps sur les lits très fréquemment. Quand il ne pleut pas, nous vivons un calvaire au quotidien. »

Et cette année, il ne pleut pas pour la Sainte-Anne...

Mais la bonne Sainte-Anne semble n’avoir que peu de prise sur le Centre national des équipements (CNE), dont un camion arrose parcimonieusement le tronçon poussiéreux. Comme dans toutes les localités fêtant annuellement leur saint patron, les travaux de réhabilitation de la route, qui se résument la plupart du temps à boucher les nids de poule, ne durent que le temps d’un cillement. Et quand il pleut enfin, les trous réapparaissent aussitôt.

Pour le trajet Cayes-Camp-Perrin, les Camperrinois - notamment ceux utilisant le transport en commun - qui n’habitent pas aux abords de la nouvelle route Cayes/Jérémie sont parfois obligés de porter des cache-nez, des revêtements pour faire face à la poussière. C’est malheureusement la triste réalité pour entrer, quitter ou visiter ce petit coin paradisiaque. « Il y a une lenteur inquiétante dans la construction de cette route, se désole Alfred, un sexagénaire. Ça commence à devenir lassant. »

Valéry DAUDIER

vdaudier@lenouvelliste.com








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