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Pourquoi fêter le 1er mai ? - Par : Jean Erich René

vendredi 1er mai 2009 par Erich Jean René

Pourquoi fêter le 1er mai ? - Par : Jean Erich René

Ottawa le 1er mai 2009

Nous nous confortons dans un traditionalisme stérile et ridicule sans tenir
compte de nos réalités existentielles. Nous agissons comme des automates.
Les émeutes de la faim confirment l’échec de l’agriculture haïtienne et la
débâche du marché du travail. La production agricole haïtienne n’est pas
suffisante pour nourrir notre population. L’heure de l’agriculture de
subsistance est définitivement révolue. Le paysan haïtien a du mal à
nourrir sa famille que dire de transporter au marché son surplus de
production pour alimenter les populations urbaines. Bien sûr, il est bien
obligé de se procurer les articles de première nécessité tels que savon,
huile, allumette, kérosène etc. Il y en a aussi qui sont bien obligés de
s’en passer en se servant :

1.- des feuilles de savonnette pour leur lessive

2.- des feuilles de torchon pour laver leurs vaisselles et leurs ustensiles
de cuisine

3.- d’un morceau de couenne ou bien encore d’afiba, attaché au bout d’un
fil suspendu au faîte de sa cuisine, pour apprêter ses mets

4.- d’huile de Palma Christi chauffé et sauté à l’eau froide ou de suif de
bœuf ou de lard en guise de graisse pour faire cuire sa nourriture.

5.- d’une garde ou bois de feu une sorte de tison qui maintient le feu
toujours allumé dans le foyer

6.- d’un morceau de bois pin attaché au mur pour éclairer la maison et
d’un flambeau pour se procurer de la lumière en cheminant la nuit.

Livrés à eux mêmes nos paysans font preuve d’ingéniosité pour trouver des
alternatives à leur misère bi-séculaire. Avec la détérioration de
l’environnement, sous les coups répétés des cyclones, l’agriculture
haïtienne et l’assiette alimentaire des populations rurale et urbaine sont
dans l’impasse. Sans terre il n’y a pas de production agricole. Commémorer
le 1er Mai en l’an de grâce 2009, ce n’est pas fêter mais réfléchir sur nos
conditions déplorables afin de dégager des pistes de solution. Un certain
infantilisme intellectuel nous porte à nous comporter comme des taupes, en
cachant nos têtes dans le sable, juste pour ne pas prendre conscience de la
réalité ambiante et nous procurer le confort de celui qui vit ignoré, vit
heureux. Ce comportement n’est pas mature et conduit indubitablement à la
perte de la nation haïtienne.

Nous ne savons par quel sophisme frisant l’indignité et un manque flagrant
de pudeur, l’Administration politique en place croit pouvoir s’en remettre
à la Communauté Internationale pour résoudre la problématique haïtienne.
Pourquoi faut-il, un Président, un Premier ministre et son Cabinet, un
Parlement etc. si nous devons solliciter :
1.- un plan de développement économique pour Haïti

2.- l’appui sans fin des soldats de la Minustah pour assurer notre sécurité

3.- le don des bailleurs de fonds internationaux pour combler notre déficit
budgétaire aujourd’hui, demain et aussi longtemps que nous sommes dirigés
par des incompétents

4.- l’aide de la communauté internationale pour organiser les élections.

En ce jour du 1er mais 2009 nous devons jeter un coup d’œil dans le
rétroviseur pour prendre conscience de nos erreurs de parcours afin de
changer cette méthode politique rétrograde et destructrice qui nous porte à
garder le pouvoir par la tyrannie c’est-à-dire le plus méchant est le plus
capable, afin de jouir uniquement de ses privilèges mais non pour améliorer
le sort de la masse. C’est avec infiniment de peine que nous annonçons que
la production à l’hectare en Haïti est beaucoup plus couteuse que partout
dans le monde. En effet le prix de la tonne de maïs, de haricot de millet
est beaucoup plus élevé en Haïti que partout en Amérique. Un tel constat
interprété économiquement, à la lumière de la théorie des avantages
comparatifs de la doctrine néolibérale, nous conduit à importer de Santo
Domingo, des USA, de Taiwan etc. nos produits céréaliers, la base de notre
alimentation.

Importer n’est pas seulement le lot du Peuple haïtien en cette période de
crise généralisée. Cependant il faut des devises étrangères pour garantir
les termes de l’échange. Qu’est-ce que nous exportons vers les USA pour
nous procurer ses dollars, Santo Domingo pour avoir ses pesos, au japon
pour disposer de son Yen etc. les transferts unilatéraux de la diaspora
souvent suppléaient à nos carences monétaires et nous permettaient de nous
assurer une vie économique artificielle. Aujourd’hui avec les pertes
d’emplois nos parents à l’étranger deviennent moins généreux. "Que faire ?"
demande Lénine.

La parole est aux dirigeants politiques. Les mandataires de la Nation
doivent justifier les chèques qu’ils reçoivent régulièrement pour s’occuper
des affaires du pays. Nos leaders ne peuvent pas se complaire dans une
opposition douteuse et profitable seulement pour leur rayonnement social et
leur tirelire. Sans proposer une alternative valable, leur présence devient
indésirable et leurs discours rances et irritants. Ils vont aux élections
pour quoi faire ? Quel est l’objectif de René Préval ? A quel paragraphe de
son discours d’investiture se trouve, en ce 1er Mai, Mme Michèle Duvivier
P. Louis que nous avons appuyée de toutes nos forces au cours de sa
candidature à la primature. Aujourd’hui nous exprimons amèrement notre
déception de son incapacité avérée. Quand on n’a pas de quoi manger à cause
de notre sous-production agricole, avec un taux de chômage de 67%, pourquoi
fêter le 1er Mai en Haïti ?








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