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Pour que les victimes des Duvalier ne sombrent pas dans l’oubli

jeudi 25 avril 2013 par Administrator

Pour honorer la mémoire des disparus du régime Duvalier, le Collectif contre l’impunité et le Comité de commémoration du 26 avril 1963 organisent maintes activités pour marquer cette page sombre de notre histoire.

Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue hier au local du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), rue Rivière, Marie-Marguerite B. Clérié, du Comité de commémoration du 26 avril 1963, a insisté sur le devoir de mémoire auquel est astreinte toute la société haïtienne, et non pas seulement les familles des victimes. « La pratique du devoir de mémoire n’a rien à avoir avec la vengeance, a-t-elle expliqué, mais bien avec la connaissance des faits dans les moindres détails pour que toute cette souffrance ne tombe pas dans l’oubli. »

« Il faut comprendre pourquoi cela est arrivé, ajoute-t-elle. Quels mécanismes sociaux conduisent des êtres humains à sombrer dans la cruauté et dans la barbarie ? La pratique du devoir de mémoire n’a, en fin de compte, qu’un seul et unique but : comprendre ce qui s’est passé pour que cela ne se reproduise plus jamais. En d’autres termes, comprendre ce qui s’est passé pour empêcher le retour des conditions politiques et sociales qui ont permis l’instauration de ces régimes autoritaires. »

Pour elle, cette commémoration permettra aux jeunes de mieux comprendre ce qui s’est passé, il y a exactement 50 ans cette semaine. « C’est une manière de forcer la société à voir et à reconnaître les pires horreurs des Duvalier. C’est une manière de maintenir présents à l’esprit de tous les Haïtiens les actes de cruauté dont se sont rendus coupables les dictateurs de tout acabit et leurs multiples collaborateurs. »

Nicole Magloire, un autre membre du Comité de commémoration, a pour sa part mis l’accent sur ce que représentait le régime honni. « La date du 26 avril est une date très particulière, mais nous sommes d’accord qu’elle ne symbolise qu’une partie de ce qu’ont fait les Duvalier pendant près de 30 ans. Il faut situer cette date dans l’histoire générale de l’époque, car on peut facilement trouver d’autres exemples d’actes de cruauté de ce régime. »

Danièle Magloire, la coordonnatrice du Collectif contre l’impunité, critique le comportement des membres du corps judiciaire qui ne font, selon elle, que décourager les victimes des Duvalier à porter plainte. « L’Etat haïtien n’a pas la volonté réelle d’aider les victimes à obtenir justice ; au contraire, il essaie de nous décourager, a-t-elle affirmé. La justice haïtienne a commencé des démarches pour la forme, mais rien n’a vraiment été fait. Elle essaie de nous décourager, mais nous sommes déterminés à lutter pour que justice soit rendue à toutes les victimes de ce pouvoir dictatorial et sanguinaire. »

Selon la coordonnatrice du collectif, le 26 avril commémore deux événements différents. « 26 avril est une date symbolique de notre histoire, dit-elle. Le 26 avril 1963, la dictature, toutes griffes dehors, avait organisé un massacre. Le 26 avril 1986, le duvaliérisme sans Duvalier a montré son vrai visage avec la répression exercée par l’armée contre une manifestation qui s’est tenue devant Fort-Dimanche, pour honorer la mémoire des victimes de la dictature. »

Plusieurs activités sont prévues pour rappeler ces deux tragiques événements, notamment des conférences, des témoignages de victimes et une messe du souvenir en l’église Saint-Pierre de Pétion-Ville, le vendredi le 26 avril, à 5h pm.

Belfort Jocelyn

belfort87jocelyn@yahoo.fr








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