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Plaidoyer pour une véritable coopération haïtiano-dominicaine

vendredi 28 mars 2014 par Administrator

Le professeur d’économie et de sciences politiques en République dominicaine, Harold Joseph Pierre, dans un exposé au symposium de l’Université d’État d’Haïti autour des relations haïtiano-dominicaines, a tenté d’aborder, au-delà des préjugés de tout genre, les relations entre les deux pays. Il a précisé que ni Haïti ni la République voisine ne peut s’enfermer dans un solipsisme transcendantal. Il doit y avoir une ouverture pour arriver a un point optimal de dialogue afin d’harmoniser les relations entre les deux États.

Intitulée « Capacité de dialogue d’Haïti et de la République dominicaine pour une véritable coopération bilatérale », la présentation du professeur Harold Joseph Pierre était fondée sur une approche d’ordre historique, anthropologique et économique. Détenteur de trois maîtrises en économie, en sciences politiques et en administration publique, ce professeur d’université, qui a étudié en République dominicaine, au Mexique et en Espagne, avait permis aux participants d’avoir une vision panoramique au centre de laquelle il a parlé de la migration et de l’arrêt 0168/13, qui permettra de mettre en évidence les avantages de chaque pays, de débattre des problèmes liés aux relations haitiano-dominicaines.

Dans son intervention, cet investigateur économique au ministère des Finances de la République dominicaine avait mis l’accent sur la contribution de la communauté haïtienne à l’économie et à la culture dominicaines. Selon lui, beaucoup de gens prétendent que, mis à part les étudiants, les Haïtiens en République voisine ne sont que des minables qui sont exploités dans les champs de canne, communément appelés « bateys ». Selon lui, ce n’est pas tout à fait le cas.

D’après ce professeur et coordonnateur général de l’organisation N ap Sove Ayiti (NAPSA), qui réunit de jeunes professionnels haïtiens ici en Haïti et dans la diaspora, et qui travaille avec les jeunes et les paysans, quelque 800 000 Haïtiens vivent en République dominicaine, dont 430 000 sont des Haïtiens migrants, sans oublier les 210 000 Dominicains d’origine haïtienne. Les Haïtiens forment cinq grandes catégories socio-économiques. La première catégorie regroupe ceux qui évoluent dans l’agriculture, la construction, les petits commerçants et les chauffeurs de taxi (auto et moto), les ménagères et les gardiens de maison. La seconde catégorie est constituée d’entrepreneurs ; et les trois autres sont les religieux, les artistes, la catégorie regroupant les étudiants et les professionnels.

Illustrant ces propos par des chiffres, ce professeur d’économie a précisé que 66% des travailleurs du secteur agricole sont des Haïtiens et les autres 34 % sont des Dominicains. 85% de ceux qui travaillent dans le secteur de la construction sont des Haïtiens. 80 % de ceux qui font le ménage sont des Haïtiens. 14 % de la force de travail en République dominicaine est haïtienne. 6 % du PIB dominicain viennent d’Haïti.

« Je dois également signaler que les 200 000 étudiants haïtiens jouent un rôle important dans la projection d’une nouvelle image d’Haïti en République dominicaine. Leurs dépenses, qui s’estiment à 200 millions de dollars annuellement, constituent un apport non négligeable à l’économie dominicaine. Il ajoute que le PIB d’Haïti est de 8 milliards de dollars américains tandis que les Haïtiens injectent près de 4 milliards de dollars américains dans l’économie dominicaine dont le PIB est estimé à 64 milliards de dollars », dit le professeur Pierre.

« Le commerce entre Haïti et la République dominicaine, de manière formelle et informelle, tourne presque autour de 4 milliards. 99% du bénéfice du commerce informel vont vers la République voisine. Néanmoins, les Haïtiens apportent beaucoup à l’économie dominicaine alors qu’ils reçoivent peu de l’État dominicain en matière de santé et d’éducation », dit M. Pierre, ajoutant que le revenu moyen d’un Haïtien en République dominicaine est de 235 dollars américains par mois. Le revenu mensuel d’un Dominicain est de 470 dollars et celui des étrangers 950 dollars.

S’exprimant autour des relations bilatérales, le professeur Harold Joseph Pierre précise qu’Haïti est très faible pour négocier avec la République dominicaine du point de vue économique. On n’a rien à offrir. S’orienter vers d’autres marchés nous coûtera beaucoup plus cher. Mais cela ne veut pas dire qu’un boycott graduel des produits dominicains n’est pas possible. Il faut mettre en place une nouvelle politique économique afin de générer des ressources financières pour investir dans le bien-être des citoyens, tout en renforçant la résilience aux chocs sociaux, économiques et environnementaux.

« Je pense que les relations entres les deux États peuvent s’améliorer. Du côté dominicain, les élites de ce pays doivent envisager une politique éducative afin d’enseigner l’histoire d’Haïti autrement aux Dominicains et ceci par des activités de sensibilisation. Du côté haïtien, la question est d’ordre économique. Cela exige un travail de longue haleine du côté de l’État haïtien et du secteur privé, car cette combinaison constitue la clé qui permettra aux Dominicains de voir les Haïtiens autrement. »

Amos Cincir
mcincir@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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