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Petion-Ville là ou se cotoie modernité et archaisme

samedi 28 septembre 2013 par Administrator

« Ma ville bouge ! », c’est le nouveau slogan en vogue à Pétion-Ville. Depuis le séisme du 12 janvier 2010 et la destruction des infrastructures commerciales au Centre-ville, la Cité d’Alexandre Pétion est devenue, au fur et à mesure, le nouveau centre économique du pays.

Les magasins s’y relogent. Les immeubles poussent comme des champignons. En un rien de temps, la ville a perdu son visage d’antan et ses fameux « Gingerbreads » ont fait place aux monstres en béton et de ferrailles. L’industrie hôtelière s’y relance aussi, avec des investissements de plusieurs millions de dollars.

Le gouvernement s’est mis au diapason. Les rues et les trottoirs sont refaits. Jalousie, l’un des plus grands bidonvilles a été repeint pour rendre le paysage plus agréable depuis les fenêtres des centres hôteliers.

Pourtant, à travers ces efforts de modernité et ses teintes de changement, existe une autre réalité, plus précaire et plus archaïque. La bataille initiée par l’administration de Claire Lydie Parent, contre les marchandes de rue continue. Si le centre de la ville est partiellement dégagé, certains quartiers populaires, comme Cerisier, Désermithe, Bouk Chanpay et Brise tout, sont transformé en marché public.

L’évolution n’est donc pas totale. Un des témoignages de cet état de fait, réside dans la gestion des déchets. Les tas d’immondices rencontrés dans les rues font croire qu’il reste encore beaucoup à faire.

Pis encore ! Alors que nous prospections dans les rues et tentions de comprendre comment la population se retrouvait à travers cette nouvelle réalité. Un homme, aux pas pressés, croisait devant nous et ramassa un sachet en papier, utilisé ordinairement pour vendre les pâtés dans les rues.

Curieux, nous le suivons pour comprendre l’objet de son empressement. Il était alors midi, le lundi 16 septembre, et nous étions à la rue Villatte ou nous traversions un couloir pour rejoindre la rue Darguin, à l’angle où se trouve le restaurant Break Time.

L’homme muni de son sachet usagé, descend dans la ravine « Brise tout » sur laquelle la mairie a jeté un pont, il y a à peine quelques années. Au vu et au su de tout le monde, baisse son pantalon et se positionne pour se soulager. Perdu au milieu des ordures et l’odeur fétide qui empeste le voisinage, cet homme d’environ une quarantaine d’année reste figé, seulement, sur son visage, pouvait-on lire les contractions que suscitait l’action qu’il posait.

La ravine « Brise tout » est à la fois un dépotoir et une latrine publique, si l’on devrait croire les riverains. Ces pratiques sont coutumières, surtout des marchands qui vendent dans la zone. Des passants s’y soulagent aussi. Pourtant, de l’autre côté du pont, toujours dans le lit de la ravine, il y a un abattoir de fortune, où régulièrement des gens, en voitures, viennent, pour les supermarchés et autres, acheter et transporter de la viande de porc et de bœuf.

Cette scène observée n’est pas isolée. Tous les jours dans les ravines de la ville des tonnes de fatras y sont déversés, de nombreux citoyens privés de latrine ou tout simplement non initié à la modernité y font leurs besoins. La route est donc encore longue. Un changement de mentalité est important, car attirer les touristes et les investissements, ce n’est pas seulement une affaire d’État.

LE








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