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OUI NOU KAPAB !

lundi 27 octobre 2008 par Erich Jean René

OUI NOU KAPAB ! - Par : Jean Erich René

Le 15 Octobre 2008

La problématique alimentaire haïtienne n’a aucun point commun avec les
données de l’Amérique Latine. Il s’agit de deux ensembles indépendants
et mutuellement exclusifs c’est-à-dire qui ne se recoupent pas. La hausse
des prix des produits relevée en Amérique Latine n’a pas les mêmes
déterminants qu’en Haïti. Même avec un grain de sel nous n’arrivons pas à
avaler la thèse du coordonnateur
de la CNSA, Gary Mathieu qui croit pouvoir profiter de leurs expériences
pour corriger la situation alimentaire haïtienne. Nous ne souffrons pas des
mêmes maux comment suivre la même ordonnance ! Il n’existe pas de formule
passe-partout pour le développement agricole. Le contexte social et le
moment historique sont déterminants. En tout premier lieu, notons qu’en
Amérique Latine le problème est agraire tandis qu’en Haïti il est agricole
c’est-à-dire la misère en Amérique Latine a pour origine la confiscation
des terres par les grands propriétaires terriens. Ils pratiquent la
monoculture en produisant des denrées exportables au mépris des besoins de
la consommation locale. D’où cette multitude de latifundia appartenant à
l’oligarchie locale de mèche avec le pouvoir central. Tandis qu’en Haïti on
ne produit plus. Le Gouvernement n’entreprend aucune initiative. Les terres
sont vacantes.

Il fallait de grands changements politiques en Amérique Latine pour
renverser les vapeurs au profit des classes défavorisées. En Haïti nous
sommes toujours en train de singer les autres. Mais nos grimaces ont
contribué à nous rendre beaucoup plus laids. Au cours de son premier mandat
Préval avait amorcé une réforme agraire qui s’était soldée par un massacre
dans l’Artibonite. Contrairement au triste verset de Mathieu de la CNSA, il
faut inventer la solution d’Haïti parce que son cas ne s’apparente
nullement aux pays andins. Si la nécessité d’une réforme agraire se pose
pour l’Équateur, le Pérou, le Paraguay, le Chili parce que la problématique
est foncière, actuellement en Haïti nos paysans abandonnent la terre qui
est en voie de désertification, faute d’exploitation. A quoi bon d’enfoncer
une porte déjà ouverte ! Il n’y a plus de Grands Dons en Haïti comme le
claironnaient les révolutionnaires de 1986. La plupart des terres
appartiennent à l’État qui est le principal distributeur des biens de son
domaine à des Colons Noirs. A chaque Période de l’histoire, ils profitent
de leur accointance avec le Gouvernement en place pour s’accaparer le plus
d’espace possible. La reprise est tout aussi facile.

Point n’est besoin d’entreprendre une révolution sanguinaire pour
déposséder leurs propriétaires afin de changer la donne. Ces formules
répressives n’ont pas réussi non plus en Amérique Latine. Au contraire
elles ont causé une cascade de coup d’État. Les révolutions contraignantes
ont plutôt porté fruit dans les pays asiatiques. Mais actuellement en Haïti
le moment ne s’y prête pas du tout. C’est l’exode rural. Toute
redistribution de terre ne sera de nul effet. Au contraire la réforme
agraire
en Haïti doit prendre l’autre versant c’est-à-dire le remembrement de nos
sols si nous voulons cumuler l’espace cultivable nécessaire pour assumer
notre autosuffisance alimentaire. Nous ne pouvons pas porter les habits de
la taille des pays de l’Amérique Latine. Ils sont trop amples ! Bien
entendu cette réforme foncière serait un puissant levier entre les mains
des mandataires forains pour jouer leurs numéros en pleine cabale .

Les données économiques actuelles ne sont plus abordables à la Che Guevara
ni selon les lunettes des Caudillos de l’Amérique Latine. De nos jours on
observe une certaine osmose entre Capitalisme et Socialisme. Au départ,
malgré leurs contradictions flagrantes aujourd’hui ils s’interpénètrent
pour retrouver leur équilibre. La Russie de l’ère post-soviétique a fait
son entrée dans l’économie de marché et compte maintenant des hommes
d’affaires puissants. Les Etas-Unis d’Amérique, sous un Gouvernement
Républicain, a dû temporiser son impérialisme en embrayant le levier
socialiste à la keynésienne pour amortir sa chute imminente. Ce n’est que
vers les années 1950 que la réforme agraire axée sur la dépossession avait
soulevé la fureur en Bolivie, au Mexique, au Guatemala, au Chili, au Pérou
etc. En Haïti actuellement qui va-t-on exproprier et au profit de qui ?
Cette formule est désuète pour ne pas dire rance. Sans le crédit agricole à
quoi doit-on s’attendre ? De plus les campagnes haïtiennes sont délaissées.
Les paramètres ne sont plus les mêmes. Le glas a sonné pour ce modèle
politique.

L’agriculture à haut rendement demeure l’unique porte de sortie pour Haïti.
La Politique de la Terre, la Seule, la Vraie, nous criait depuis 1957 notre
prédécesseur l’Ingénieur Agronome Louis Déjoie. Il fait figure de Pionnier
dans le Domaine. Donc nous rappelons à Mathieu que nous avons de qui
tenir. Par conséquent l’expérience des pays latino-américains importe peu.
La mise sous culture de nos terres selon leur vocation contribuera
considérablement à l’augmentation de la production agricole, la grande
pourvoyeuse de notre agro-industrie.

Notre production alimentaire est tributaire d’un facteur primordial :
l’expérience du milieu. Nos voisins de l’Amérique latine connaissent-ils
mieux que nous la vocation de nos sols ? Où est le Plan que le Président
René Préval avait
demandé à l’Argentine de lui préparer ? Malheureusement nous sommes arrivés
à un carrefour de la vie nationale où la militance supplante la compétence
c’est pourquoi toute entreprise nationale devient impossible, sauf par
miracle dit-on. Il n’est donc pas étonnant que ceux qui sont nés à minuit
préfèrent admirer le soleil tropical sous d’autres cieux. L’aide étrangère
est
certainement indispensable puisque l’investissement nécessite à la fois la
monnaie locale c’est-à-dire la gourde haïtienne et la devise étrangère
c’est à dire le dollar américain et maintenant le peso. Mais le
ratio n’est pas aussi élevé qu’on le prétend. Nous avons en Haïti des
techniciens hautement compétents, mais l’ivraie cache le bon grain. C’est
un défi que nous pouvons relever, haut les mains, sans l’aide des pays de
l’Amérique Latine. OUI NOU KAPAB !








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