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Nous sommes tous haïtiens ! - Par : Djibril Sambou

vendredi 15 janvier 2010 par Administrator

Nous sommes tous haïtiens !

Haïti, la « Perle des Antilles », terre où la négritude s’est mise debout pour la première fois, Première République Noire Indépendante (1er janvier 1804),
connaît la pire catastrophe naturelle de son histoire. Sa capitale, Port-au-Prince, a été littéralement foudroyée par un séisme d’une rare violence. Les images diffusées par les médias sont intenables. Rien que des scènes de destruction, de désolation et d’horreur. Les familles sont endeuillées et la population toute entière est atteinte physiquement, psychologiquement et matériellement par cette calamité sans précédent. Le patrimoine immobilier est détruit, y compris le Palais présidentiel. L’auteur canado-haïtien Dany Laferrière, utilisant une boutade, a dit que ce Palais était la plus belle maison de la ville, raison pour laquelle tous les Haïtiens voulaient être président.

Selon les séismologues, Port-au-Prince repose sur la faille dite "Enriquillo-Plantain Garden", qui va d’est en ouest et divise la partie sud de l’île. Elle est située entre les villes de Pétionville et Tiburon. Cette faille repose sur la frontière de la plaque tectonique des Antilles et celle de l’Amérique du Nord. Le séisme a été déclenché quand les plaques tectoniques ont glissé dans des directions opposées le long de la faille verticale. Le tremblement de terre d’Haïti s’est produit en surface, ce qui l’a rendu encore plus violent.

J’ai décidé d’écrire ces quelques lignes pour présenter mes condoléances et témoigner ma sympathie et ma solidarité au peuple haïtien en souffrance.

Je compte beaucoup d’amis haïtiens à Montréal et ici à Ottawa. J’ai fait leur connaissance à l’Université et dans le milieu professionnel. Ils m’ont tous donné l’envie de connaître un jour le pays qui les avait vus naître. Je n’oublierai jamais la description, sous tous les angles, qu’ils me faisaient du Pays de Toussaint Louverture. C’est ainsi que des endroits comme le marché Caribbean, Mousseau, Pèlerin, Canapé-Vert, Pétionville, Cité Soleil me sont devenus presque familiers. Je suis encore stupéfié par leurs récits sur les prouesses et miracles des prêtres vaudou, sur les immenses statues des héros de la nation haïtienne du Champ de Mars et sur les minibus ‘tap-taps’ auréolés de couleurs vives et de symboles religieux qui rappellent les cars rapides de Dakar au Sénégal.

En ces moments difficiles, nous sommes tous haïtiens. Je dirais en créole : Kenbe pa lage (Tenez bon, n’abandonnez pas !). Vous n’êtes pas seuls devant cette hécatombe. La communauté internationale se mobilise d’Ottawa à Canberra en passant par Washington et de Beijing à Londres en passant par Jérusalem. Même si cette énorme catastrophe vient encore nous rappeler l’impuissance de l’homme contre le déchaînement de la nature, il n’en demeure pas moins qu’il peut faire face aux dégâts en posant des gestes d’humanité et de solidarité internationale à la hauteur de la catastrophe. La solidarité internationale est décidée à aller au-delà des promesses. Elle va traiter l’urgence et s’occuper aussi des problèmes de fond en déployant une arme de reconstruction massive de la capitale et des institutions pour sortir ce pays, si assoiffé de bonheur, du cercle vicieux de l’espoir et de la damnation.

Devant les images insoutenables diffusées par les chaines d’information continue, je me console un peu en lisant ‘Pays sans chapeau’, le chef-d’œuvre de l’auteur haïtien Dany Laferrière, publié en 1996 chez Lanctôt Éditeur.
Pays sans chapeau, c’est ainsi qu’on appelle l’au-delà en Haïti parce que dit-on, personne n’a jamais été enterré avec son chapeau.

Je termine, le cœur meurtri, par ce message d’espoir délivré ce matin par Dany Laferrière lui-même : "Quand tout tombe, il reste la culture. Et la culture, c’est la seule chose que Haïti a produite. Ça va rester. Ce n’est pas une catastrophe qui va empêcher Haïti d’avancer sur le chemin de la culture. Et ce qui sauve cette ville, c’est le peuple. C’est lui qui fait la vie dans la rue, qui crée cette vie. Il ne faut pas se laisser submerger par l’événement."

Peuple d’Haïti debout et en avant pour la reconstruction.

Djibril Sambou

Ottawa, Canada

dsambou@sympatico.ca








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