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Mais que se passe-t-il dans les hôpitaux publics ?

mardi 18 décembre 2012 par Administrator

En réfléchissant sur la rédaction de cet article, j’avais l’intention de démontrer comment le sous-développement était la cause des comportements anti-civique de notre élite. Mais j’ai eu comme une illumination et me suis rendu compte que c’était en fait le contraire : le manque de sens civique de notre élite est responsable du retard économique du pays.

En effet, si vous écoutez la plupart de ceux qui sont en haut de l’échelle, en particulier les jeunes dont le seul rêve est de s’expatrier, ils ont pour grief que le pays ne leur a rien offert. Pourtant, dans les pays à forte croissance économique, c’est l’individu qui cherche à donner à sa nation. Transposer ces faits dans un hôpital public, et vous comprendrez pourquoi ils ne peuvent fonctionner de façon optimale.

Prenons par exemple cet hôpital que je ne nommerai pas, qui possède une trentaine de médecins de toutes spécialités. Il n’y a pas vraiment de service des urgences, le service chirurgical marche a minima et les chirurgiens y essayent une pratique privée en douce. Le soir il est fermé, et c’est à peine si une infirmière y est de garde. Dans ce cas, le corps médical n’a pas de problème, car c’est lui le problème. Si vous leur demandez la raison de leur inactivité, ils vous répondront que l’hôpital ne leur offre rien, qu’il n’y a aucun matériel et que c’est la faute du ministère qui ne fait pas grand-chose. En fait, la logique voudrait que vivant dans un pays qui, bien qu’en difficulté, leur a offert gratuitement une formation médicale, ils chercheraient plutôt des solutions aux problèmes rencontrés pour les surmonter pour le plus grand bien de cette population qui leur a servi de cobaye. Au lieu de cela, ils restent comme des gosses, quêtant l’aide que devrait leur fournir la haute instance du ministère faisant figure d’une autorité paternelle. Je me rappelle encore ces responsables qui ne comprenaient pas que le ministère ne leur avait pas donner de matériel pour couvrir le carnaval des fleurs, alors que c’était plutôt eux qui devaient lui fournir une demande avec un budget prévisionnel…

Pour moi, la situation est complexe ; mais je garde un espoir quelque peu ténu, devant combattre un pessimisme grandissant. Il n’y a pas de manuel pour les adultes en bas âge qui officient au timon des institutions sanitaires. La solution table rase n’est pas toujours opportune, car si les remplaçants sont nombreux, ils n’offrent aucune assurance de maturité. On risque donc de tomber de Charybde en Scylla.

Alors, que proposer comme solution ? Pas autre chose qu’un changement de comportement qui, lui, est tributaire d’une mise en confiance. Il faut d’abord convaincre pour que petit à petit chacun ait envie de changer. Mais c’est là où le bât blesse : comment redonner confiance alors qu’une foultitude de petits détails nous entoure et nous incite à un comportement attentiste, conservateur et égoïste ? Comment convaincre de civisme un compatriote quand il voit ce qu’on a fait de la route du Canapé- Vert ? Comment réveiller la conscience citoyenne quand le moteur de votre voiture se noie sous les eaux diluviennes qui envahissent la route de Carrefour récemment rénovée ? Ces exemples ne montrent-ils pas que certains ont pu se faire un fric énorme grâce à certaines complicités gouvernementales et se sont moqués du service à rendre à la communauté ? Mais ces exemples au relent de corruption avérée ne justifient aucunement la nôtre. Le vol et la dilapidation des biens de l’État par d’autres ne nous autorisent en rien à faire de même ! Car c’est cela l’argumentaire développé par tous ces fonctionnaires qui cherchent désespérément à justifier leur attitude condamnable. Tout médecin qui se réfère à la situation de déliquescence du pays pour conforter son inaction n’envoie en fait qu’un message clair : « comme tous sont des corrompus, soyons-le aussi » ; message très bien reçu par la jeunesse qui en prend note.

Quoi qu’on fasse, nous les aînés de ce pays, nous sommes des exemples pour les plus jeunes, tâchons donc d’en être de bons !

Dr Philippe DESMANGLES ;

pdesmangles@yahoo.fr








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