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Les réflexions et propositions de Gabriel Fortuné

mardi 7 mai 2013 par Administrator

Cette transition qui n’en finit pas- Elections/gouvernabilité/crise constitutionnelle.

« Le moment est venu de dire à la Communauté internationale qu’elle a piteusement échoué en Haïti, tout en avouant haut et fort que nos élites nous ont laissé un Etat totalement failli. Non aux solutions de replâtrage ! Non aux solutions cosmétiques ! »

Par Pierre-Raymond Dumas

Voilà en quels termes l’ancien délégué du département du Sud, Gabriel Fortuné, a entamé avec moi dans son flamboyant hôtel « Le manguier » (Okay) une vive discussion relative à la conjoncture politique pendant plusieurs jours. C’est un grand idéaliste, Gabriel Fortuné, malgré sa réputation de va-t-en-guerre, de râleur, d’éternel contestataire. Il a des convictions et des idées progressistes qu’il cherche à vulgariser dans un pays méfiant, fragile, incertain. « Aucune solution viable n’a été jusqu’ici avancée, même par les Nations unies pour qui Haïti sert depuis longtemps de cobaye, d’expérience pilote. Que devons-nous faire pour recouvrer notre souveraineté totalement en 2019 ? C’est une question qui obsède, horrifie Gabriel Fortuné. Pour lui, il faut adapter les objectifs des Nations unies à nos réalités, à nos dures réalités. Ce n’est pas un souhait de patriote impuissant, c’est une perspective incontournable, une nécessité historique. Il n’y a pas d’autre plan de sauvetage sur la table, a précisé Gabriel Fortuné. C’est le vide. Et c’est dangereux. Tiraillé entre plusieurs courants, le pouvoir en place n’a pas de vision ni de doctrine ni d’ambition. La classe politique, en plein déclin, n’offre aucune alternative.

« Très politiquement, alimentée par la faillite de l’Etat, la crise qui se traduit par une ingouvernabilité est avant tout constitutionnelle, a-t-il souligné. Les grandes institutions de l’Etat - la Présidence, le Parlement, le Pouvoir judiciaire - en grande partie sont dysfonctionnelles, défaillantes. Sous ce régime d’occupation déguisée.

« Que faire ?

Exposées dans plusieurs médias (Scoop FM, Vision 2000, Caraïbe FM), les réflexions et propositions de Gabriel Fortuné font rêver mais elles n’en demeurent pas moins pertinentes, dignes d’un esprit réfléchi, déterminé, sans peur. Notre Constitution - fort heureusement - prévoit, à chaque fin de législature, la possibilité de faire une proposition d’amendements. Mais dans la situation actuelle, marquée par la convalescence de l’opposition, un dialogue politique national est un préalable avant toute procédure d’amendements. »

Entamons donc ce chantier ! Mais comment ?

Par rapport à la problématique électorale toujours en éruption, la seule voie rationnelle qui nous reste, c’est de transformer le Parlement en Assemblée constituante (pendant le reste de la Législature) avec la participation des grands secteurs de la vie nationale dans les débats et la recherche de solutions innovantes. Ce ne sont pas les questions légitimes qui manquent : modernisation de l’appareil judiciaire, départ de la Minustah, fréquence des élections, réformes économiques, réorganisation de l’Etat, rétablissement des forces armées, financement des partis, etc.

Pour Gabriel Fortuné, voici les objectifs d’une telle démarche, de cette transition modulée qui suppose un accord politique national :

- Harmoniser les temps électoral et constitutionnel ;

- Normaliser la vie politique ;

- Permettre de créer les conditions d’applicabilité de la Constitution amendée ;

- Rendre opérationnels les partis politiques par le renouvellement de la classe politique.

Il faut de plus former un gouvernement d’ouverture, assorti d’un pacte de gouvernabilité avec un nouveau Premier ministre (un Premier ministre de compromis, capable de piloter de concert avec le président de la République ce grand dialogue inter-haitien dont l’un des résultats sera l’élaboration d’un véritable Plan national de reconstruction). Ce sera une sorte de Nouveau Contrat politique et social, un Programme national de gouvernement.

« N’importe quel parti ou regroupement de partis électoralement victorieux aura pour obligation d’appliquer à la lettre ce Plan consensuel validé par toutes les forces vives du pays. Déroutants mais surtout récurrents, les problèmes des partis politiques et du Parlement sont liés. » Inspirées par un grand souci de l’intérêt national, les réflexions de cet ancien parlementaire ont, dans cette conjoncture imprévisible et pleine de faux-fuyants, la vertu de nous pousser à réfléchir. Elles ne sont pas convenues ni convenables. Ce sont des semailles pour la moisson nouvelle. « De gauche ou de droite, les partis politiques doivent être connectés à des intérêts économiques et à des groupes sociaux. Depuis plus de vingt ans, les valeurs défendues par les chefs de parti - souvent isolés ou vieillissants - ne suffisent pas pour gagner la confiance de larges couches de la population », a-t-il reconnu amèrement.

Toujours aguerri, enflammé, animé d’une franchise irrépressible, Gabriel Fortuné en désaccord total avec tous les partis politiques et les parlementaires, qui souhaitent la tenue des élections sénatoriales partielles et locales dans l’immédiat, c’est-à-dire dans les conditions actuelles, croit qu’il faut créer les conditions appropriées afin d’organiser à la fin de 2014 les élections législatives et locales, et en 2015 la présidentielle. Quelles conditions ? Les conditions précédemment indiquées ! Sans ces conditions, les élections, au lieu de servir d’instruments de régulation de la vie politique, ne feront, comme auparavant, qu’alimenter les sources de l’instabilité et du chaos.

Pierre-Raymond Dumas








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