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Les perspectives de la diplomatie haïtienne en 2013

jeudi 24 janvier 2013 par Administrator

Dans une interview accordée à Haiti Press Network, le ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Pierre Richard Casimir, fait le point sur la diplomatie haïtienne et trace les perspectives pour 2013

Haiti Press Network (HPN) : Comment se porte la diplomatie haïtienne et quelles sont les perspectives pour 2013 ?

Pierre-Richard Casimir(P.R.C.) : La diplomatie haïtienne a atteint en 2012 sa vitesse de croisière, dont le point culminant a été la Conférence des chefs des missions diplomatiques et consulaires à Port-au-Prince, qui s’est tenue du 19 au 21 décembre 2012. A ce sommet où le Président de la République et le Premier ministre ont exprimé le voeu qu’il soit annuel, les lignes de force de la diplomatie des affaires ont été affinées, précisées et réaffirmées ; parallèlement, de nouveaux ordres de mission ont été confiés à chaque ambassadeur, à chaque représentant permanent, à chaque consul général pour que 2013 soit l’année de la récolte des grains semés, des jalons posés.

Cette année 2013 débute fort heureusement sous d’excellents auspices. Comme vous le savez, la République d’Haïti a été élue, le 8 novembre 2012, par l’Assemblée générale des Nations unies, membre du Conseil économique et social (ECOSOC), par une majorité écrasante de 186 voix sur 192 votants. De ce fait, notre pays siège au Conseil depuis le 1er janvier pour une période de trois années expirant le 31 décembre 2015.

Toujours depuis le 1er janvier, Haïti préside la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Caricom. C’est la première fois, depuis notre admission à cette organisation régionale, qu’un tel honneur échoit à notre pays. A ce titre, Haïti accueillera du 18 au 19 février 2013 l’ensemble des dignitaires de la Caraïbe dans le cadre de ladite Conférence. Ce qui sera, à n’en pas douter, un événement majeur auquel le président Martelly et le Premier ministre Lamothe accordent l’importance qu’il mérite et qui mobilise tous les efforts et toutes les énergies de la chancellerie.

Le président de la République va participer, d’ici quelques jours, au Chili au Sommet de la Communauté des Etats de l’Amérique latine et de la Caraïbe (CELAC), le nouvel organisme régional américain qui regroupe les pays de l’hémisphère occidental, à l’exception des Etats-Unis et du Canada. Le Premier ministre sera cette semaine au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, cette instance qui a acquis, au fil des ans, un poids et un pouvoir décisifs sur la scène économique mondiale.

Par ailleurs, Haïti va accueillir le Sommet de l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC), une autre structure d’intégration régionale dans laquelle notre pays joue un rôle actif et déterminant. Et ce ne sont là que quelques-uns des grands rendez-vous diplomatiques, et non des moindres, auxquels notre pays est convié en ce début d’année.

HPN : Quelle est la tendance de la diplomatie haïtienne actuelle ? On a l’impression qu’il y a un choix de privilégier des relations avec le Sud.

P.R.C. : La diplomatie haïtienne comporte un certain nombre de constantes et de variables. Constance dans les relations avec nos partenaires traditionnels de coopération du Nord et recherche de diversification de nos rapports avec les pays du Sud. Ceux-ci sont, pour la plupart, d’anciens pays en difficulté qui, à l’heure actuelle, ont acquis une position et une force dans les relations internationales dues à leur statut soit d’États émergents ou en voie de l’être. Haïti a tout intérêt à s’inspirer de leurs expériences de développement sans pour autant ignorer les pays qui restent et demeurent nos partenaires historiques à bien des égards.

HPN : Ne craignez-vous pas un refroidissement avec vos partenaires traditionnels du Nord ?

P.R.C. : Absolument pas. Nos partenaires du Nord entretiennent par ailleurs des relations soit de bon voisinage, soit de coopération avec les pays du Sud dont nous parlons. A ce sujet, permettez-moi de citer le président de la République dans son discours d’ouverture de la Conférence des chefs de mission en décembre dernier : "Notre diplomatie, pragmatique et responsable, articulée et cohérente, n’a pas pour objet de renverser des alliances. Elle vise plutôt à renforcer les rapports avec nos partenaires et à s’en créer d’autres, dans le respect de notre identité, de notre histoire, une identité et une histoire forgées dans les larmes, dans le sang et dans le dépassement. « Le chef de l’État a alors exhorté les diplomates haïtiens à"oeuvrer inlassablement au renforcement de nos liens avec nos partenaires traditionnels de coopération du Nord, parallèlement au raffermissement de nos rapports avec les pays du Sud auxquels nous sommes liés par une communauté de destin ».

HPN : La diplomatie des affaires a-t-elle apporté des résultats concrets ?

P.R.C : Les résultats déjà engrangés et à venir sont probants, évidents. En témoigne à cet égard le complexe de Caracol, les multiples visites d’exploration d’hommes et de femmes d’affaires dans le pays, l’activisme débordant du Centre de facilitation des investissements (CFI), les nouvelles dispositions du ministère du Commerce et de l’industrie pour alléger le délai de création d’une entreprise, d’une société. Il ne faut pas non plus oublier que l’action diplomatique et économique s’inscrit dans la durée. En fait, la diplomatie des affaires, c’est aussi et avant tout « la promotion des intérêts économiques, commerciaux et culturels d’Haïti. C’est la conclusion d’accords bilatéraux et multilatéraux de coopération économique, culturelle technique et touristique avec nos partenaires de la communauté internationale et avec les grands groupes financiers détenteurs de capitaux ». Les résultats actuels sont prometteurs en termes d’avenir, d’emplois, de croissance et de développement.

HPN : La représentation haïtienne à l’étranger s’est accrue de nouveaux membres ces deux dernières années. Pourquoi ?

P.R.C. : En réalité, un certain nombre d’agents supplémentaires ont été désignés dans la plupart des missions aux fins d’y renforcer les services commerciaux et culturels, sans oublier les fonctionnaires du Service de l’Immigration et de l’Émigration, dépendant du ministère de l’Intérieur, qui, dans quelques consulats haïtiens, travaillent dans la section des passeports. De toute manière, l’effectif des représentations haïtiennes est, à l’heure actuelle, revu à la baisse en raison des difficultés liées à la conjoncture économique.

HPN : Pouvez-vous citer quelques-uns des nouveaux partenaires d’Haïti ?

P.R.C. : En une année, la République d’Haïti a établi des relations diplomatiques avec une douzaine d’États dont l’Arabie Saoudite, le Montenegro, la Serbie, l’Indonésie, la République socialiste démocratique du Sri Lanka, le Timor - Oriental, le Tuvalu, les îles Fidji, le Kosovo, la Géorgie, l’État du Koweït. Le processus est en cours en ce qu’il s’agit du Botswana et de l’Émirat du Qatar.








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