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Les maladies du rein, des tueurs silencieux …

vendredi 13 mars 2015 par William Toussaint

À l’occasion de la 10e célébration de la Journée mondiale du rein, le 12 mars, les néphrologues haïtiens ont décidé de célébrer cet évènement, pour la première fois, par une série d’activités. L’occasion pour le néphrologue haïtien Audie Métayer de sensibiliser la population au danger que représentent des maladies rénales, affections silencieuses dont le diagnostic tardif multiplie les conséquences.

Selon les dernières estimations partagées par le Ministère de la santé publique et de la population (MSPP), plus d’une personne sur 10 souffre à un certain degré de maladies rénales chroniques (MRC). Ce qui revient à dire qu’il existe entre 400 et 600 millions de personnes dans le monde souffrant d’une insuffisance rénale chronique. La moitié des personnes de plus de 75 ans souffrent d’une affection du rein. On prévoit même une augmentation de 17% des MRC dans les 10 années à venir.

La Journée mondiale du rein est une initiative conjointe de la Société internationale de néphrologie (ISN) et de la Fédération internationale des fondations du rein (IFKF). Elle est célébrée dans plus de 80 pays cette année autour du thème : « Des reins en bonne santé ; c’est vital pour tous. »

En Haïti, les néphrologues (spécialistes des maladies des reins) ont décidé de célébrer cette journée, pour la première fois, en vue de sensibiliser la population à la maladie rénale chronique, reconnue maintenant par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et autres organisations comme un problème de santé publique.

Pour marquer cette première célébration de la Journée mondiale du rein et pour mieux surveiller l’insuffisance rénale chronique chez les gens surtout sur les populations et les communautés à risques en Haïti, le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), l’hôpital universitaire de Mirebalais et Zanmi Lasante réalisent des activités de sensibilisation communautaire dans trois localités de l’arrondissement de Mirebalais les 11, 12 et 13 mars 2015. « Le MSPP et Zanmi Lasante joignent leurs efforts en vue de trouver des fonds pour une campagne de dépistage volontaire et gratuit de la maladie rénale dans les 12 sites où est présent Zanmi Lasante », lit-on dans une note du MSPP.

Haïti ne dispose que de huit néphrologues pour dix millions d’habitants dont un seul spécialisé dans les maladies de l’enfant. Avec un seul centre de dialyse public installé à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), le pays fait face à un problème criant de néphrologues. Cette journée constitue, selon l’un des huit néphrologues haïtiens, Audie Métayer, rencontré à l’HUEH, un moment privilégié pour sensibiliser la population, le corps médical et les instances dirigeantes aux enjeux majeurs que représente la prise en charge de l’insuffisance rénale. « C’est l’occasion pour nous, néphrologues, exerçant en Haïti, d’exprimer notre adhésion pleine et entière à la Journée mondiale du rein, a-t-il souligné. Nous encourageons fortement la population, en plus de réaliser le geste symbolique de boire et d’offrir un verre d’eau, d’adopter certaines mesures de prévention simples et efficaces. »

Le docteur Métayer a, par ailleurs, souligné que l’HUEH reçoit plus de six personnes par mois souffrant de la maladie rénale chronique, a dit le docteur Métayer. Il arrive souvent que nombre d’entre elles ne soient dépistées qu’à l’approche du stade terminal et, dans ce cas, le recours à la dialyse ou la greffe est rendu obligatoire. » Il a cependant ajouté que l’insuffisance rénale, détectée très tôt, peut être soignée et guérie. « Malheureusement, nous vivons dans un pays où les gens n’ont pas toujours accordé de l’importance à la santé rénale et c’est seulement quand ils sont incapables de bouger qu’ils décident de faire une chimie sanguine (une analyse de sang) pour déterminer le fonctionnement de leurs deux reins. »

Les néphrologues haïtiens ont énuméré un ensemble de mesures pour empêcher les maladies chroniques, notamment se faire contrôler régulièrement le taux du sucre, manger sainement (moins de sel, de sucre et de graisse d’origine animale) et éviter le surpoids, boire une quantité suffisante d’eau tous les jours ( 2 litres par jour) et surtout faire tester régulièrement la fonction du rein.

Le seul centre de dialyse public dont dispose le pays fonctionne avec les moyens du bord. Le coût de la séance de dialyse varie entre mille gourdes et plus de deux mille cinq cents gourdes par séance pour des malades qui doivent suivre entre deux à ou trois séances par semaine. Grave conséquence au niveau de la santé publique à cause des coûts extrêmement élevés liés aux thérapies de remplacement rénal. « Nous sommes obligés d’acheter des matériels de dialyse à l’extérieur pour beaucoup d’argent, a dit Tertilus Louis, de Petit-Goâve, qui est obligé de se rendre à l’HUEH deux fois par semaine pour se faire mettre sous dialyse . Nous espérons que l’État haïtien pourra profiter de cette journée de sensibilisation pour nous venir en aide dans l’achat de certains matériels. »

Auteur : Jocelyn Belfort

jbelfort@lenouvelliste.com








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