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Les civils armés délogés

mardi 22 mai 2012 par Administrator

La police nationale a finalement délogé, le 18 mai dernier, les civils armés qui occupaient plusieurs camps à travers le pays. Après plusieurs mois de négociations sans succès et de dilatoires, ces hommes et femmes en treillis ont été contraints de vider les lieux comme l’avait exigé le président Michel Martelly.

Il n’y a pas eu trop de résistance. Les forces de l’ordre ont attendu le bon moment pour attaquer. Alors que le 18 mai dernier- qui ramenait le 209e anniversaire du drapeau haïtien- ces bandes armées qui se réclament de l’ancienne force armée ont quitté leur camp pour aller parader dans les rues, la police nationale en a profité pour mettre un terme à leur mouvement.

Environ 54 arrestations. Deux Américains soupçonnés d’avoir aidé les anciens militaires ont été également arrêtés. Des armes à feu saisies et des documents confisqués. Selon des journalistes, les deux étrangers conduisaient séparément les véhicules qui transportaient les anciens militaires lors d’une marche aux alentours du palais national, le jour de la fête du Drapeau.

« La police sera bientôt en mesure de savoir la provenance des sources de financement de ces gens en tenues militaires. A leur quartier général à Lamentin dans la commune de Carrefour, ils ont échangé quelques tirs avec la police avant de prendre la fuite. On n’a enregistré aucune perte en vies humaines dans les deux camps », a expliqué au Nouvelliste une source policière.

53 d’entre eux ont été entendus, lundi, par le chef du parquet. Association de malfaiteurs, complot contre la sûreté de l’Etat sont, entre autres, les charges retenues contre eux. La justice est à la recherche d’autres personnes ayant en leur possession des armes à feu illégales.

Selon un haut gradé de la PNH, ces hommes et femmes qui se réclamaient des FAD’H n’avaient pas autant d’armes qu’ils le laissaient croire. Ils utilisaient beaucoup de fausses armes à feu. Cependant, ils avaient trouvé quelque part une source de financement pour nourrir, habiller et entraîner les recrues.

L’autorité de l’Etat rétablie, selon Réginald Delva

Tout se passait très bien jusqu’au moment où les individus armés qui paradaient dans la capitale avaient décidé de prendre la direction du palais national, a fait remarquer le secrétaire d’Etat à la Sécurité publique. Selon Réginald Delva, ces hommes en treillis seraient manipulés par des journalistes étrangers en quête d’images à sensation.

Ces journalistes, dans l’espace de quelques secondes, voulaient prendre les images des anciens militaires dans la cour du palais national le jour du 18 mai avec en arrière-plan le bicolore et les ruines du palais national, a révélé M. Delva, qui croit que ces images iraient faire le tour du monde. Informés de ce projet macabre, les agents de la PNH, aidés des casques bleus, ont établi un cordon de sécurité visant à empêcher les autoproclamés anciens militaires d’atteindre leur destination, a-t-il dit.

« De graves incidents ont été enregistrés dans les affrontements entre les soi-disant anciens militaires et des agents de l’ordre qui ont essuyé des jets de pierres. Les pare-brise des voitures stationnées dans les parages du palais ont été cassés », a déploré Réginald Delva avant de se féliciter de la réponse des policiers et des agents de la Minustah qui ont obligé ces individus en treillis à rebrousser chemin.

« Ces étrangers originaires de l’Etat de Massachussets et de celui de Ohio aux Etats-Unis alimentaient les anciens militaires en matériels. Ils ont mis à leur disposition deux voitures pour pouvoir faciliter leur transport le jour de la fête du Drapeau », a souligné M. Delva, ajoutant que des contacts ont été établis avec l’ambrassade américaine en vue de mettre un conseil d’avocats à la disposition de ces Américains.

Des opérations secrètes conduites dans les camps occupés par ces « anciens militaires » dans la région métropolitaine auraient révélé un tas de pratiques qui n’ont aucun rapport avec leurs revendications, a dénoncé le secrétaire d’Etat. « Ils faisaient payer les jeunes en échange de leur intégration. Ils leur apprenaient à fabriquer des cocktails Molotov et rançonnaient les déplacés du tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui cohabitaient avec eux au camp de Bon-Repos. Parfois, ils tabassaient même les enfants pour trouver de l’argent », a-t-il dit.

Pour le moment, les principaux camps à Carrefour, au Cap-Haïtien, à Bon-Repos et dans le Plateau central sont contrôlés par les forces de l’ordre.

Un repli stratégique, selon les hommes en treillis !

Ils étaient surpris par l’attaque des agents de la PNH, a fait savoir au Nouvelliste, lundi, l’un des leaders des civils armés dans le Nord, Raymond Cherenfant. Selon d’autres leaders du mouvement, l’abandon des camps s’inscrit dans le cadre d’un retrait tactique, en vue de poursuivre la lutte pour la remobilisation des FAd’H.

Selon l’ancien sergent Joseph Jean- Baptiste, l’un des porte-parole du mouvement, ses soldats se sont repliés afin de donner un peu de temps au pouvoir en place pour faire avancer leur dossier. Il a souligné que les anciens militaires n’entendaient nullement abandonner leur lutte pour la remobilisation de l’armée. Il a annoncé que des stratégies sont à l’étude pour forcer les autorités à donner suite à leur mouvement.

Le président a eu gain de cause

Dans une interview accordée au Nouvelliste la semaine dernière, le président de la République avait de façon voilée prédit que les anciens militaires seront délogés. « Je ne parlerai pas de l’armée tant qu’ils ne quitteront pas les camps qu’ils occupent. Et, qu’ils le veuillent ou non, ils seront obligés de partir. C’est le désordre et le chaos... », avait-il dit. Le locataire du palais national estimait que l’agissement de ces hommes et femmes en treillis fait plus de mal que de bien à leurs revendications. Ils ne font que retarder le processus de la mise en place d’une armée.

Michel Martelly disait se concentrer pour le moment sur d’autres choses. « Je vais me concentrer pour le moment sur le renforcement de la police nationale. L’erreur des militaires démobilisés, c’est qu’ils ne réalisent pas qu’ils ne sont pas légaux, même si la Constitution reconnaît l’existence de l’armée... »

Conscient du danger que représentent les individus armés éparpillés dans la nature et qui ont reçu une formation militaire, Réginald Delva les invitent à attendre la reconstitution en bonne et due forme de l’armée. Une annexe sera ouverte à côté du bureau des militaires démobilisés en vue de canaliser l’énergie des jeunes, a expliqué le secrétaire d’Etat. Ceux qui décident d’agir autrement seront en contravention avec les autorités judiciaires et policières, a-t-il menacé.

Voir en ligne : www.lenouvelliste.com







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