CAPSULES-HAITIMONDE.COM - Les Dernières Nouvelles d’Haiti - Tout sur l’actualité haitienne - Le réseau de référence Haitimonde.com
Trésor public/Accord d’El Rancho

Les caisses de l’Etat et « l’article 12 » : Martelly s’explique

jeudi 24 avril 2014 par Administrator

En une semaine, le président de la République a fait deux déclarations qui défrayent la chronique. Des déclarations qui lui ont valu également une volée de bois vert de la part de ses opposants. Depuis Taïwan, mercredi matin, Michel Martelly s’est expliqué sur les caisses de l’Etat qui, selon lui, sont vides et aussi sur l’application de l’article 12 de l’Accord d’El Rancho.

« L’Etat n’a pas une caisse remplie d’argent, a précisé, d’entrée de jeu, le président Martelly intervenant depuis Taïwan mercredi matin sur des stations de radio de la capitale. L’Etat fait des prévisions sur les rentrées. Lorsque j’ai dit que l’Etat n’a pas d’argent, je parlais des investissements. Les fonds PetroCaribe sont les plus utilisés pour l’investissement », a-t-il ajouté, soulignant qu’on ne peut pas compter sur des fonds qui ont été préalablement alloués à des projets spécifiques. Ces fonds sont là, a-t-il dit, mais on ne peut pas les utiliser pour d’autres investissements.

« Je voulais dire qu’on n’a pas les moyens pour investir dans d’autres projets. Lorsque vous arrivez quelque part, on vous demande des routes, de l’électricité… S’ils n’étaient pas insérés dans le budget vous n’avez pas les moyens pour réaliser ces projets », a expliqué le chef de l’Etat en réponse à ses détracteurs qui l’accusent d’avoir dilapidé les caisses de l’Etat.

« Je ne pourrais pas menacer des hommes d’Etat »

Avant de quitter le pays samedi dernier pour Taïwan, le chef de l’Etat avait en quelque sorte sommé les sénateurs de voter l’amendement de la loi électorale, menaçant d’appliquer les prescrits de l’Accord d’El Rancho à ce sujet. Quelques jours après ces déclarations, Michel Martelly semble se raviser et baisser un peu le ton. « Je ne pourrais pas menacer des hommes d’Etat », a-t-il rassuré.

« J’avais proposé aux hommes d’Etat de faire des efforts », a-t-il dit en faisant implicitement référence aux sénateurs. M. Martelly a souligné qque dans l’Accord d’El Rancho, le Parlement disposait de 10 jours ouvrables pour voter l’amendement de la loi électorale. « On est aujourd’hui à 30 jours. J’ai fait tout ce que je devais faire dans l’accord. Maintenant, il est temps que les autres parties jouent leur partition de sorte que nous puissions avancer vers les élections à mon retour au pays », a-t-il avancé.

Tout en rappelant que les élections sont prévues pour le 26 octobre, selon l’accord, Michel Martelly a déclaré : « Je ne pourrais pas appliquer l’article 12 de l’accord. J’applique l’accord. Les acteurs n’ont pas signé un article, mais l’ensemble du document… »

Calme mais sévère, il tacle le président du Sénat. « C’est au vu de tous que le président Desras, homme d’Etat, avait délégué le sénateur Steven Benoît pour voter à sa place. C’est au vu de tous que le président de la Chambre des députés, les responsables des partis politiques, le pouvoir judiciaire et moi avons signé… »

En deux heures, a-t-il fait remarquer, la Chambre des députés a voté l’amendement de la loi électorale. Michel Martelly a estimé que cela est un acte de bonne volonté. Interrogé sur la formation de l’institution électorale, le président Martelly a répondu que tout ce qui doit être fait se trouve inscrit dans l’Accord d’El Rancho. « Si vous voulez savoir ce que je vais faire, lisez l’accord. Si c’était Michel Martelly qui allait faire, il n’y aurait pas eu de dialogue », a-t-il lancé.

Selon l’accord, les trois pouvoirs (judiciaire, législatif et exécutif) peuvent changer un de leurs trois représentants au CTCEP ou reconduire la totalité dans le Conseil électoral provisoire. « J’ai déjà contacté le pouvoir judiciaire qui m’a fait savoir que jusqu’à date il ne changera personne. J’ai déjà contacté le Parlement qui jusqu’à date ne change personne. Moi, j’attends qu’on soit arrivé à un nom X, nous publierons un communiqué pour fixer notre décision », a annoncé le locataire du palais national.

Michel Martelly veut avancer vers les élections, mais pas seul. Il a annoncé qu’il serait de retour au pays vendredi et qu’il en profiterait pour rencontrer des acteurs, a-t-il dit. « Ce qui va être fait, c’est ce sur quoi tous les acteurs, que ce soit le président Desras, le président Timoléon, le président Martelly, l’Eglise, les partis politiques se sont mis d’accord », a-t-il garanti.

Michel Martelly prie pour ses opposants

« On ne peut pas prêter l’oreille à des gens qui, peut-être, seraient de mauvaise foi, qui cherchent à déstabiliser ou qui ne veulent pas les élections et accusent le président Martelly de ne pas vouloir les élections. Cela doit cesser. Nous allons être obligés d’avancer avec l’accord », a-t-il encore une fois menacé.

Depuis Taïwan, le chef de l’Etat a demandé à la population de tenir bon. « Nous n’avions pas dit qu’il y avait de la magie ni que les choses allaient changer dans un jour. Mais nous avions dit que nous allons donner tout notre temps et toute notre bonne volonté pour contribuer à changer le pays. Aujourd’hui, l’image d’Haïti a beaucoup changé à l’extérieur », s’est-il félicité en énumérant un ensemble de réalisations de son administration.

Ceux qu’il estime être de mauvaise foi, il a annoncé qu’il va prier la Providence afin de les porter à changer de comportement. « Ce n’est pas Martelly qu’ils sont en train de bloquer, a-t-il dit. Au contraire, Martelly est une étoile qui a personnellement brillé et qui maintenant fait briller le pays. Cette étoile peut décider à n’importe quel moment (en dehors du pays ) de briller pour son compte. La victime ne sera pas le président Martelly, mais le peuple haïtien. »
Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







Accueil | Plan du site | info visites 333333

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Actualités Nationales et Internationales  Suivre la vie du site Synthese du jour   Politique de publication

Haitimonde Network